Uno du Fossé & Alexanne

C’est l’histoire d’un trotteur, pas si petit que ça, charpenté avec un rien de ventre (on dira qu’il est tombé dedans quand il était petit…), et qui emmène sa propriétaire Alexanne sur les chemins de Bretagne. De la rando ? Non, de l’endurance ! Où Uno montre que le grand cœur des trotteurs n’est pas qu’une expression. Alexanne raconte… 


Le commencement

Je m’appelle Alexanne, j’ai 24 ans et j’habite en Bretagne. J’ai commencé l’équitation lorsque j’avais 4 ans, c’est mon grand-père qui m’a fait découvrir le monde des chevaux, il possédait auparavant une pur-sang qui faisait des courses de galop. Mes grands parents ont toujours été très passionnés par les courses hippiques. Il est venu avec moi la première fois au centre équestre et je n’ai jamais voulu arrêter ensuite. Encore aujourd’hui j’aimerais pouvoir lui dire merci de m’avoir fait découvrir cette passion et j’espère qu’il est fier de moi d’où il est.

Ete 2016J’ai changé de club lorsque j’avais 10 ans, dans celui-ci je pouvais passer des journées à m’occuper des poneys et des chevaux, l’ambiance y était vraiment familiale et surtout c’était de l’équitation d’extérieur qui y était principalement mise en avant. Je suis monter à cheval jusqu’à mes 18 ans, puis j’ai dû arrêter pour des raisons personnelles. Mon rêve de petite fille a toujours été d’avoir mon cheval à la maison, cependant, à 18 ans et commençant mes études d’infirmière, impossible financièrement de subvenir aux besoins d’un cheval et surtout je n’avais pas du tout de temps. Par conséquent après mes trois ans d’études, j’ai pu commencer à travailler et utiliser mes premiers salaires pour m’offrir mon tout premier cheval.


La rencontre

Un jour, je suis tombée sur l’annonce d’Uno Du Fossé, tout de suite j’ai su… C’est LUI et pas un autre cheval. Uno est un trotteur français de 7 ans à l’époque, toisant 1m70, très charpenté et imposant. Il est le fils de Maître d’Atout (Fils de Cocktail Jet) et Noémie du Fossé. Il n’a jamais couru en course, il avait simplement couru les qualifications, mais en vain. C’est son ancienne propriétaire qui l’a récupéré, ils ont fait beaucoup de choses ensemble : CSO, Horseball, balade, plage… En bref, un cheval super polyvalent.Plouguenast 2

Il était à 1h20 de la maison, j’ai pu l’essayer une première fois en carrière. Un cheval un petit peu mou à mon goût. Mise à part ce point c’était un cheval qui avait l’air hyper sociable et attachant.

Au final, Uno est arrivé à la maison début octobre 2015. Durant l’année 2016 nous avons appris à nous découvrir, il m’a beaucoup appris sur moi-même, sur ma façon de monter, de m’améliorer et il m’a rendu très autonome en extérieur. J’ai appris à le connaître, à trouver les boutons (surtout le bouton FREIN). Contrairement au jour de l’essai, je n’avais pas l’impression d’avoir le même cheval. Un cheval en extérieur qui avait énormément d’énergie et parfois trop, qui était parfois difficile à canaliser, qui était sur l’oeil et qui avait parfois peur de choses grotesques. Mis à part cela c’était un cheval sur et passe-partout. Je dirais que c’est un faux calme, il cache bien son jeu. Tout compte fait je m’était trompée sur lui et j’en étais ravie.

Ile aux pies 3La première difficulté a été le galop. Arrivé à la maison monsieur ne voulait plus galoper. Je suppose que c’est du à son changement d’environnement et le fait qu’il ne connaisse pas les chemins. Nous avons donc fait énormément de balades au pas, au trot, en main, pour qu’il découvre les chemins et paysages de la maison. Par la suite je l’ai bossé sur son galop dans des chemins en montée ou en faut plat (nous n’avons pas d’infrastructures). Trotteur dans l’âme ne l’oublions pas, il part à fond et repasse au grand trot de course. Je suis secouée là haut ! A aujourd’hui, les départs au galop sont parfaits, du pas, de l’arrêt, arrêt avec reculé et tout ça généralement dans le calme.


La découverte de l’endurance
Toujours en 2016, je rencontrais un couple d’amis qui ont trois réformés. Lui fait du CSO Silfiac 1avec sa pur-sang et sa femme fait de l’endurance avec sa petite trotteuse. Elle me propose de sortir en concours et de me faire découvrir l’endurance avec elle pour la saison 2017. J’accepte avec joie, les balades et les entraînements sont bien plus agréables à deux (et en plus de ça nous sommes de vraies pipelettes…). Malheureusement notre début de saison sera compromis par une blessure au niveau de la rotule en février. Uno est arrêté un mois et demi, l’hiver a été plus que compliqué pour lui, il a perdu beaucoup d’état et de muscles, malgré des rations foin et granulés.

Silfiac 3Nous avions repris les entraînements début avril 2017, il commençait à se remuscler, reprendre en énergie. On attaque notre première 20 km vitesse imposée entre 12 et 15km/h mi-mai 2017 à Plouguenast (22). Une course qui est très dure avec beaucoup de dénivelés et je reste sceptique pour une première. Au début il avait du mal à comprendre qu’il fallait tenir la distance, clairement, les cinq premiers kilomètres je n’avais plus de bras. Au final la course s’est super bien passée mais il finit quand même avec un gros cardiaque à 50 bpm. Nous finissons 6ème sur 16 partants, vraiment trop fière de lui pour une première malgré que le cardiaque soit haut, je me rends compte de son grand coeur !

La révélation se fait lors de la course de Silfiac (56) en Juillet 2017, à nouveau sur 20km Silfiac 2vitesse imposée entre 12 et 15km/h. Mon Uno est méconnaissable, dès notre arrivée au point de départ il est dans sa bulle et je le sens très concentré. Et c’est parti… Un cheval qui veut avancer, qui donne tout, un cœur énorme. Il a largement tenu les 20km. Il est arrivé avec une vitesse moyenne de 14,926km/h et au contrôle véto avec un cardiaque de 44 bpm. Une connaissance m’expliquait que c’était un grand gabarit, qu’il récupérait par conséquent moins vite que les petits gabarits mais qu’il resterait sans doute régulier. C’est là que j’ai su qu’il adorait cela et qu’il était fait pour cette discipline et pas une autre ! Il m’a au final offert une superbe deuxième place sur 13 partants.


À venir…
Cette année nous entamons les 40km vitesse imposée entre 12 et 15 km/h en Club Élite. Au programme 7 courses réparties de mars à octobre (soit une par mois). De plus, nous sommes inscrits à un challenge d’envergure national qui s’appelle « Challenge Trotteur Français Endurance ». Ce challenge a pour but de mettre en avant la race et surtout faire passer les vraies valeurs de l’endurance à savoir : finir sa course et ne pas être éliminé. Plus nous faisons de courses sans être éliminé, plus nous avons de points et auront la chance d’être classés dans les premiers.

Plouguenast 1Les trotteurs sont une race qui est « dénigré » et ce, dans toutes les disciplines malheureusement. Ce sont des incapables, ils ont des allures immondes, ils ne sont bons qu’à aller à la boucherie… Et j’en passe. J’ai déjà entendu plusieurs remarques lors de mes deux premières endurances, les gens sont tellement discrets, « qu’il est gros », « c’est un cheval de CSO ça », « c’est quoi ce truc là».

Alors oui, c’est sur, je n’ai pas un arabe svelte avec un petit gabarit. Non, moi j’ai Uno un trotteur français d’1m70 très charpenté avec son petit bidon et je ne l’échangerai pour rien au monde avec leurs arabes ! Ne perdez jamais espoir et aimez votre cheval comme il est. Ils savent nous le rendre je vous l’assure !

PS : On a battu des arabes, donc à bas les préjugés ! 😉


Je Trotte donc Je Suis est fier de compter ce couple parmi ses ambassadeurs et nous les suivrons avec plaisir pour leurs prochaines saisons de courses !