Une longe rythmée

C’est la rentrée… Tout le monde retourne à ses occupations, Trottinette compris ! Pour reprendre le travail en douceur avec (peut-être !) une longue pause estivale, avec mojitos de foin et cocktail d’herbe à volonté, la longe se présente comme une évidence.

Elle permet de faire visuellement le point sur son compagnon, tant au niveau de la forme, de l’état général, que de la locomotion. Un premier article publié sur Je Trotte donc Je Suis faisait d’ailleurs le tour (ahah, humour) de la longe : La longe … sans tourner en rond : cliquez pour accéder à l’article.

146Mais avec les bonnes résolutions de la rentrée, se poser la question sur la façon dont on peut enrichir une séance de longe est une excellente idée. Que l’on soit adepte d’aller sauter des crayons de couleur le dimanche ou pas, les barres au sol présentent beaucoup d’atouts, dont nous allons faire ici un tour d’horizon.


Des barres au sol sur un cercle, pourquoi ?

  • Pour l’épineuse question de la cadence. Petit rappel de vocabulaire : la cadence est la répétition du posé d’un même membre dans l’allure, elle reste par conséquent invariable pour le respect de l’équilibre. Tiens donc… Clac, comme ça, dès le premier point, on aborde un fondamental dans le travail du trotteur (du cheval normal aussi, soit dit en passant) : l’équilibre. Un cheval cadencé réussira à conserver la régularité de son allure sans effort, sans accélérer ni ralentir. Les barres au sol permettent de redresser le cheval, et le cercle permet la répétition de l’effort. Prélude au travail en ligne droite évidemment ! Les barres au sol permettent aussi de ralentir un cheval qui aurait tendance à se répandre dans son allure.
  • Pour la gymnastique. Donner du rebond aux allures, travailler en douceur la souplesse de mouvement des articulations, ainsi que du dos.
  • Pour donner conscience au cheval de l’ensemble de son corps, et qu’il apprenne à fonctionner. Le trotteur n’a pas l’habitude de s’employer de façon autre que longitudinalement et les barres au sol sont un obstacle visuel simple mais efficace pour commencer à rompre un corps beaucoup trop souvent monobloc et peu souple.
  • Pour le calme. Visualiser un obstacle physique permet au cheval de se concentrer.
  • Et forcément, parce qu’étant sur le cercle, on pense incurvation… Et que l’incurvation, c’est la base. L’incurvation : piqûre de rappel ?

Des barres au sol sur un cercle, à quelle allure ?

La réponse est simple : au trot. Inutile (point de vue personnel), de complexifier le travail sur le cercle avec, le stress et la complexité du galop ajouté à un élément supplémentaire compliqué (au moins dans le début du travail, ensuite, chacun est juge IMG_5912de ce qui est à la portée de son cheval !).

Au trot, le trotteur est déjà plus à l’aise. Il est par conséquent plus disponible mentalement et physiquement pour gérer une problématique.

Au pas, l’exercice est moins intéressant en termes de débouchés locomoteurs, mais peut aider à rassurer des chevaux anxieux afin qu’ils visualisent l’aire de travail et l’exercice. Pour les chevaux « mous » ou trop calmes, l’exercice n’a pas de justification particulière.


Des barres au sol sur un cercle, comment ?

Plusieurs façons de construire sa séance sont possibles.

  • 3 ou 4 barres au sol maximum sur un passage (1/4 de cercle), espacées d’1m à 1m50 (en fonction des foulées naturelles du cheval et de son travail). Plus on se rapproche d’un espacement court, plus on demande au cheval de se verticaliser et de ralentir sa cadence, et donc plus l’exercice est exigeant. L’espacement « normal » est aux alentours d’1,20 m/1,30 m.
  • 1aOU (voire ET, car cela peut être la suite de la séance) 2 passages sur le cercle de 3 à 4 barres chacun, qui seraient face à face. Ainsi le cheval effectuerait : 1/4 de cercle avec des barres-1/4 de cercle sans barre-1/4 de cercle avec des barres-1/4 de cercle sans barre. Idéal en fin de séance pour des chevaux habitués à l’exercice et qui ont parfaitement répétés les passages auparavant.
  • Les barres peuvent être surélevées, afin d’augmenter le rebond et le travail des articulations. Elles peuvent l’être toutes d’un même côté, ou en alternant les côtés, ou des 2 côtés (limite cavaletti).
  • On peut demander à son cheval d’effectuer des passages réguliers au milieu des barres, ou alors varier la taille du cercle… et donc l’amplitude (réservé aux chevaux ayant déjà des bonnes bases).
  • On peut aussi imaginer, pour un cheval qui évolue correctement, d’espacer les 4 barres au sol sur un 1/2 cercle entier (9 mètres entre 2 environ), en les surélevant, afin d’effectuer une transition avec le franchissement de cavalettis rapprochés… qui invitent également à prendre le galop, en imposant néanmoins le calme, la cadence et l’équilibre.
  • Et on peut aussi reproduire l’exercice monté…

On n’oublie pas quelques points importants…

  • Le travail doit être identique aux 2 mains afin de respecter la symétrie de son
    IMG_4102

    Une ligne droite cadencée et équilibrée est l’aboutissement du travail sur le cercle.

    cheval

  • Les séances ne doivent pas être trop longues afin de ne pas blaser le cheval, surtout s’il se concentre et qu’il fait l’effort de se gymnastiquer
  • Ce n’est pas parce qu’on travaille sur le cercle qu’on exclut de faire quelques lignes droites en longe afin de rythmer les demandes, de garder l’attention de son cheval et de varier le travail, avant de revenir sur le cercle de départ et les barres.

Très simples mais qui impliquent pourtant de nombreux points positifs sur l’évolution du trotteur aux nouvelles exigences de l’équitation classique : les barres au sol sur un cercle sont un exercice dont on serait bête de se passer !

A vos cahiers et crayons… Oups ! A vos longes et surfaix !