Quirian & Sabrina – Centre équestre de Pouilloux

Sabrina et son incroyable Quirian mettent le pied à l’étrier en tant qu’ambassadeurs JTDJS. Mais plus encore, Sabrina représente le premier centre équestre ambassadeur ! Découvrez ici, au rythme de la très belle plume de Sabrina, l’histoire de ce couple qui aujourd’hui piaffe et pirouette (excusez du peu !), et de ce centre équestre qui tient et qui place les trotteurs en haute estime.


Découverte du centre équestre et de Sabrina, qui tient les rênes

Moi c’est Sabrina, j’ai 30 ans, je suis monitrice d’équitation depuis octobre 2016 alors que rien ne m’y prédisposait. J’ai à la base une maîtrise de philosophie et une licence d’espagnol. Je n’ai pas pu me lancer dans les chevaux dès la sortie du lycée, ayant commencé l’équitation à 15 ans (famille anti-chevaux…). C’est donc à 28 ans, après avoir renoncé à l’agreg de philo qui aurait repoussé l’échéance d’être propriétaire de bien trop longtemps, et bossé pendant 4 ans chez Mc Do que j’ai décidé de prendre les choses en main et de me lancer dans la formation BPJEPS. J’ai obtenu mon diplôme non sans mal, mais à force de travail et de persévérance (j’ai dû me forcer à suivre un stage intensif d’obstacle pendant tout l’été) j’ai quand même eu mon diplôme au rattrapage.

Ecurie

Les écuries du centre équestre de Pouilloux

Immédiatement après, j’ai eu la chance de tomber sur une écurie de propriétaires formidable où j’ai pu m’installer pour y créer un centre équestre, et c’était totalement inattendu! J’ai maintenant 6 chevaux, dont 3 trotteurs. Quirian, Amiral, et Pop.

C’est un tout petit centre équestre familial, ouvert en octobre 2016. On y pratique pas mal de disciplines, les classiques évidemment, dressage, obstacle, cross mais il faut se déplacer et aller un peu loin pour trouver un terrain si on veut en faire en terrain varié, je fais un peu de voltige pour les débutants, beaucoup de balades et randos et on s’est mis à l’equifeel, discipline que j’ai découverte depuis peu et qui est absolument passionnante! D’ailleurs les trotteurs adorent, eux qui sont sensibles et attentifs, c’est une discipline qui leur convient parfaitement, et j’aimerais beaucoup que des concours soient organisés dans la région dans quelques temps.

Le centre équestre de Pouilloux est désormais ambassadeur JTDJS et vous pourrez suivre son évolution et ses actions en visitant le site Internet ICI et en likant leur page Facebook ICI.

Une cavalerie … qui trotte, forcément !

Quirian

Mon cheval rien qu’à moi, mon premier, que je consens à donner parfois pour des

Quirian

Quirian

cours aux cavaliers qui se débrouillent vraiment bien… lol! Je ne le présente pas ici, il a une loooongue présentation juste après! (attention les yeux)

Amiral Canadien

Lui, j’avais eu un gros coup de cœur depuis longtemps déjà. J’ai gardé contact avec les derniers entraîneurs de Quirian qui me l’ont vendu et je vais les voir régulièrement, c’est devenu des amis. J’aime y aller et me plonger parmi tous ces trotteurs… Il y avait donc Amiral, et ses yeux d’une douceur extrême m’ont fait fondre. Il me rappelle fortement Vesta, la jument de mon enfance. Au moment où je devais chercher un premier cheval pour le centre équestre en novembre dernier, (hasard?) il arrêtait les entraînements et ils allaient chercher à le replacer. C’était une évidence, je l’ai pris. Il

Amiral 1

Amiral

n’a jamais couru, il a été entraîné mais n’a jamais été suffisamment convainquant pour courir.

Il fait 1m70, pas le physique idéal pour un cheval de club, mais il est d’une gentillesse extrême, et même un enfant peut le manipuler en toute sécurité.

Il a beaucoup progressé en dressage, il fait presque tout au pas et au trot, mais le galop reste compliqué et je n’ai pas autant de temps à lui consacrer que je le souhaiterais. Il est très long et très raide, et a été bien conditionné à trotter quand même. Il a les départs au galop maintenant, mais il ne le tient pas, surtout à droite, où il s’appuie fort vers le bas, et quand il fait ça je n’ai plus aucune direction ni contrôle, par contre il est suffisamment cool pour s’arrêter dès qu’on lâche, c’est loin d’être un fou furieux, il faut juste qu’il comprenne, mais c’est long et il a beaucoup de force, je suis encore dans la phase de réflexion pour trouver un moyen différent des autres pour lui expliquer. Ca viendra.

Il ne fait pas d’obstacle, des radios ont montré une faiblesse de la 3ème phalange au postérieur gauche, pour l’instant c’est donc plat exclusivement. Du plat au pas et au trot. Pas facile dans un centre équestre! Mais j’arrive plutôt bien à l’utiliser quand même, et il est apprécié de mes cavaliers. Il est aussi top en travail à pied, il cherche toujours à bien faire. Je l’adore.


Et maintenant, le roman de Quirian

Mon cheval, c’est Quirian. Il est et restera pour toujours le cheval de ma vie.

Je bavais déjà depuis longtemps sur les annonces du Bon Coin, j’en avais vu des milliers, mais ce n’était pas le bon moment. Et puis un jour je suis tombée sur cette photo.

Aussitôt, j’ai accroché. Un trotteur fougueux typé trotteur comme je les aime, et à deux pas de chez moi! Tout correspondait, la taille (1m60), le modèle, le niveau souhaité (il était spécifié qu’il était plutôt difficile et qu’il requérait un bon cavalier), le lieu où il se Débuts 2trouvait… Il avait fait toute une carrière de courses en plus, et alors que je partais plutôt au début pour récupérer un jeune trotteur éliminé du circuit avant d’avoir couru, finalement l’idée me séduit, ces chevaux-là avec un passif, personne n’en veut en général, et je n’en avais encore jamais monté qui avaient couru donc nouvelle expérience pour moi. C’était surtout l’occasion de sauver un cheval qui a déjà beaucoup donné, qui mérite d’avoir une autre vie. Il avait alors 8 ans, et venait d’arrêter sa carrière de courses, par manque de gains. Il s’appelait Quirian de Celland.

Ce n’était toujours pas le bon moment, mais qu’importe, j’ai pris la décision d’aller le voir. Il était là et je savais déjà que peu importait ce que donnerait l’essai ou la visite véto, je le prendrais. J’ai découvert un cheval sensible. Il me regardait, inquiet, il ne me connaissait pas. La surprise passée, aucun problème, on lui a passé le licol et j’étais sous le charme. Il avait une vraie tête de trotteur, avec le chanfrein busqué, il était fin et sec, voire maigre, «il ne payait pas de mine» comme avait noté son ancienne propriétaire dans l’annonce. Moi c’est ce qui me plaisait, je lui trouvais un charme fou avec sa Quirian 3longue crinière et ses grands yeux qui se posaient mille questions.

Ses propriétaires m’ont montré son antérieur droit. Il a un gros boulet, on m’explique qu’il a «pété» et qu’il a été «réparé», que ça ne bouge plus, qu’il a recouru comme ça et qu’il n’y aura pas de problème. J’ai de sérieux doutes. Je l’ai monté et essayé sur une piste de trot improvisée dans un pré. Evidemment, il ne tenait pas l’arrêt, il marchait comme un fou, et j’arrivais à peu près à le tenir au trot. J’avais l’impression qu’il boitait, et je me demandais si je n’étais pas plutôt en train de monter une machine de guerre. Qu’importe!

Comme je l’ai dit plus tard à son ancienne propriétaire, je m’en fichais pas mal qu’il soit montable ou pas, je voulais avant tout un cheval à aimer, pas à monter. Et celui-là, je l’aimais déjà!

Le 11 avril 2012, après une visite véto qui n’a pas servi à grand chose parce que j’avais Balades 2déjà pris ma décision, je signais la carte de propriétaire, et je l’achetais, dans un état second, malade comme un chien et avec 40 de fièvre tant l’excitation était intense. Mais j’étais heureuse et j’avais envie de crier partout «j’ai un cheval!!!!». Voilà nos deux existences scellées à jamais. Depuis, chaque jour est le plus beau de ma vie.

Je me retrouvais seule livrée à moi-même avec un cheval de courses complètement fou de vitesse. Dès que je montais dessus, il ne pensait qu’à trotter. Aucun dressage autre. A la moindre action de main, il se défendait violemment et m’arrachait les rênes. Le montoir était une catastrophe. Les «balades» se faisaient à la vitesse de la lumière, même au pas, j’étais secouée comme un prunier là-haut.

Très vite, je tentai les premiers galops en carrière. Il galopait, l’animal, ce n’était pas un problème. Déjà en course, il galopait beaucoup et a souvent été disqualifié à cause de ça. Pas de problème pour le faire partir au galop donc, en poussant un peu, il partait. Seulement, il ne s’arrêtait plus après. Je me suis fait extrêmement peur avec lui, il m’embarquait furieusement, en prenant sans cesse de la vitesse, sans que je puisse rien faire. Si je tirais, il s’appuyait et accélérait, et si je lâchais, il accélérait de plus belle. J‘ai fait des tours et des tours de carrière (une fois j’ai compté 32 si, si…) au galop à fond, complètement couchés dans les virages, je voyais le sol si près de moi que je me demandais comment il arrivait encore à rester debout et à accélérer…

A chaque tentative de galop, c’était ça. J’ai mis deux ans avant de galoper relativement «sous contrôle». Il a eu une période «coups de cul» aussi une fois qu’il a bien eu compris les départs, il explosait comme une cocotte minute.

Hyères Prix Paul Adam (2)Et puis petit à petit, on a progressé tous les deux. Je m’en occupais tous les jours et le montais presque tous les jours aussi. Notre relation a vraiment commencé à devenir solide, on apprenait à se connaître et à se faire confiance. A pied il est d’une délicatesse incroyable, tous ses gestes sont mesurés, il est doux avec nous. Lorsqu’il nous touche, c’est une caresse, jamais un geste brusque. Il fait très attention aux humains. Mais autant il a toujours été constant à pied, autant monté, les progrès se faisaient par paliers, par pics même. J’avais un mieux sur quelques séances, et puis hop il redevenait ingérable comme aux premiers jours pendant des mois. Je me faisais trimballer, et pas seulement au galop, mais au trot et au pas aussi, impossible de marcher calmement, un fou. Combien de fois je me suis énervée, combien de fois je suis descendue en larmes, ne comprenant pas pourquoi il était comme ça, ou ce que je ne faisais pas correctement… Mais je n’ai jamais baissé les bras. Il fallait lui apprendre à pousser alors qu’il n’a toujours fait que tracter, et il n’y comprenait plus rien.

J’ai cherché à comprendre, en fouillant un peu sur internet, j’ai eu la chance de tomber sur des photos de lui en courses. 

Il a principalement couru monté, il a dû faire une ou deux courses attelé, mais il était trop compliqué.

 

Quand je dis machine de guerre, je ne suis pas loin de la vérité

Il a couru sur de grands hippodromes (Vincennes, Caen, Cabourg…) et a été entraîné et monté par Vincent Brazon et Mathieu Abrivard.

Il s’avère qu’il a de très bonnes origines, son demi-frère par la mère Ouragan de Celland est très à la mode actuellement, grand reproducteur après une brillante carrière en courses.

Je suis aussi tombée sur une ancienne de ses jockeys, qui l’a beaucoup aimé. Elle m’a Naissanceenvoyé plein de photos. Elle l’a connu et s’en occupait chez Vincent Brazon. Elle m’a raconté ce qui s’est passé pour son boulet, c’est le ligament suspenseur qui a lâché deux fois vers ses 6 ans parce qu’il a été poussé trop durement. Il a eu des feux et a été castré dans la foulée. Tous les grands espoirs envolés pour lui, il a ensuite été revendu aux entraîneurs à qui je l’ai acheté pour presque rien, eux récupèrent beaucoup de chevaux abimés et en font ce qu’ils peuvent… Et ils cherchent toujours à bien les replacer après, il a eu de la chance plus d’une fois ! J’ai aussi contacté son naisseur, qui a eu l’extrême gentillesse de m’envoyer des photos de lui poulain, avec sa maman ainsi qu’une photo à un an.

Appuyers, pirouettes et piaffer

Aujourd’hui, je suis la plus fière des propriétaires. Jamais je n’aurais pensé qu’on arriverait là où on est maintenant. Il est le seul en qui j’ai totalement confiance, je lui confierais ma vie les yeux fermés, et lui la sienne. Il est mon cheval de tête pour toutes mes balades, c’est un guerrier, il passe absolument partout. On peut même galoper à fond dans les champs en restant sous contrôle!

Début obstacle

Les débuts à l’obstacle

Je saute un peu avec lui, il arrive maintenant à enchaîner un parcours d’obstacles, même si le contrôle à la réception est encore à travailler, mais c’est déjà incroyable quand je repense d’où on est partis. Il aime sauter, la hauteur ne lui fait pas peur et a déjà sauté quelques belles barres, mais ça reste occasionnel et je fais attention à son boulet quand même.

En dressage, il reste difficile car il ressent tout, le moindre changement d’émotion suffit pour qu’il se contracte, c’est vraiment très dur de le décontracter et de le tendre. Mais on y vient. Disons qu’il a plein de qualités, mais qu’il a du mal à laisser apparaître du fait d’une trop grande émotivité. Moi ça me plaît, il m’oblige à une rigueur parfaite et à demander les choses très précisément, dans la finesse, sinon ça ne marche pas. Il m’a fait progresser bien plus qu’aucun autre cheval, et on arrive maintenant aux appuyers aux trois

Piaffer

Piaffer

allures, à la pirouette au galop et au piaffer. Je voyais ça dans les livres, j’en rêvais, mais jamais je n’aurais osé espérer pouvoir le faire moi-même, encore moins avec un trotteur, et encore moins avec un trotteur qui a couru! Comme quoi, c’est possible!! J’ai tout appris avec lui. Il y a encore du travail, tout ça est loin d’être parfait, mais la progression est immense et on a encore du temps devant nous.

Je n’ai pas d’objectifs précis avec lui, les concours j’aime bien, mais n’ayant pas de van ni de permis qui me permette de tracter de van, il m’est difficile d’y aller. Mais les choses bougent beaucoup depuis l’ouverture du centre équestre, je complète ma formation au fur et à mesure, et on a quand même réussi à en faire un le printemps dernier.

Pirouette

Pirouette

Ce cheval, c’est mon alter ego, je crois fermement qu’il y a une force ici-bas qui nous a réunis, sur tous les chevaux de la terre, ce ne pouvait pas être un hasard que je tombe sur lui, il est juste parfait pour moi, il me correspond en tous points, et nos moments préférés à tous les deux sont ceux que nous passons l’un avec l’autre, soit lui appuyé la tête sur mon épaule moi prodiguant caresses et bisous, soit à jouer au pré, où il s’éclate comme un poulain qui n’a jamais grandi, à faire l’andouille, à

Epaule en dedans

Et épaule en dedans…

courir partout, et à faire le beau devant moi, parce qu’il sait très bien que ça me rend folle de bonheur. Il est différent des autres chevaux, il est pétillant de vie, est toujours partant pour tout, il interagit beaucoup plus avec nous que les autres, à croire qu’il préfère la compagnie des humains aux chevaux, avec qui il ne s’entend pas toujours bien… Je n’ai besoin de rien d’autre pour être heureuse, il me comble entièrement. Mon Quirian.

 


Un très beau témoignage, plein d’amour et de belles promesses pour la suite, aux couleurs de JTDJS !