Le St Graal du mors : partie 2/2

IMG_0460

Mon Martial, paré à aller se promener en Baucher (ou à faire la sieste)… 

C’est parti pour la deuxième partie de l’article sur les mors, qui retrace, de façon non exhaustive je le rappelle, les différentes embouchures couramment utilisées, ou en tout cas qui ont été citées dans le sondage de notre page Facebook (le but est d’être au plus près de vos pratiques équestres).

Continuons donc, avec les mors avec une action plus complexe que les mors simples précédemment évoqués, mais aussi les embouchures sans mors !


Le Baucher, mors avec effet de ramener

Du nom de l’écuyer du 19ème siècle François Baucher, il permet de tenir des chevaux

mors-baucher-double-brisure-cuivre

Mors Baucher double brisure

allants. Il agit avec un léger effet de ramener et de fermeture de l’angle tête encolure : il aide à la mise en main. Il n’est pas conseillé pour les chevaux ayant tendance à s’encapuchonner. Il reste bien en place sans pointer dans le palais et encadre latéralement. Pour les jeunes chevaux, il faut l’utiliser ponctuellement afin de permettre la tension et le mouvement en avant. Il est à prioriser sur les chevaux d’âge, notamment en dressage. Il est en effet un peu dur et le cheval a plus tendance à passer derrière les jambes, en perdant la tension du dos.


Le releveur, ou filet polo, ou gag

beris-mors-releveur-a-tp_5227294349357588211f

Mors releveur à canon droit

On dit souvent qu’il ne relève que le moral du cavalier … Les rênes peuvent être montées à différents endroits : sur les anneaux du mors (action douce, identique à celle avec un filet simple), avec des alliances (action plus forte avec élévation de la nuque) ou directement sur le montant du releveur (action dure). Par son action, le cheval relève son avant-main et reporte du poids sur l’arrière. Le cheval doit avoir un bon dos pour pouvoir effectuer cette bascule en restant tendu. En agissant directement sur le releveur, le cavalier sur la nuque (les montants se raccourcissent) et sur la commissure des lèvres : il faut donc savoir relâcher la pression. L’idéal est de le monter en 4 rênes. Il faut le manipuler avec précaution ; d’ordre éducatif, il est à réserver aux chevaux de sport qu’il faut tenir assez hauts.


Le Pessoa

Très utilisé en CSO, il vient du cavalier Nelson Pessoa. Il oblige le cheval à un soutien 

mors-pessoa-4-anneaux-harry-s-horse.jpg

Pessoa à 4 anneaux

important de l’avant-main. Lors de l’action de main, le mors remonte dans la commissure des lèvres et s’appuie simultanément sur la langue. Il équilibre sur les hanches et le cheval se soutient. Il est idéal pour les chevaux qui tirent vers le bas et qui ont du poids sur leur avant-main. Mais les chevaux insuffisamment tendus vont creuser le dos et travailler à l’envers. Il faut donc avoir une certaine autonomie dans le travail du cheval et dans l’utilisation de sa main ! Le Pessoa est réglable (3 ou 4 anneaux) et plus les rênes sont fixées basses, plus l’action est dure. Des alliances peuvent venir en atténuer l’action.


Le mors à passants internes

500_n-a

Mors à passants internes

Les passants internes permettent l’utilisation du mors de multiples façons. En fonction des réglages, le mors pourra avoir un effet releveur (comme le Pessoa, mais avec une action plus douce) ou abaisseur similaire à celui d’un mors Baucher.

 

 


Le mors à boules, ou waterford

C’est un mors très dur malgré sa souplesse apparente. Il a un effet décontractant et

morsC13

Waterford

interdit l’appui sur le mors. Le contact peut être rendu fuyant et problématique, et la mise sur la main est plus compliquée. A essayer encadré par des professionnels.


Le Pelham ou mors centaure

Il aurait été inventé par un lord anglais comme alternative à la bride. Il facilite l’appui à certains chevaux déjà sur les épaules. L’effet de levier agit sur les barres, la commissure et le maxillaire inférieur au niveau de la gourmette. Il provoque une fermeture de l’angle tête encolure et une verticalisation du

mors-pelham-caoutchouc-brise-branches-courtes

Pelham

chanfrein. Il permet de contrôler des chevaux chauds ou avec un placer assez haut, en conservant la soumission. Le Pelham a tendance à durcir la bouche et les chevaux sur les épaules tirent encore plus vers le bas, accentuant le défaut. Ce mors peut apprendre à tirer pour les cavaliers qui ont tendance à rester accrochés aux rênes. Il peut être monté en 2 ou 4 rênes. Il est pratique mais contraignant. Pour les trotteurs qui ont tendance à être déjà sur les épaules, mieux vaut opter pour un pessoa ou un releveur.

 


Le Goyoaga, ou mors espagnol

Il permet de terminer en douceur le dressage des jeunes chevaux. L’effet de levier oblige

400-2101358 Goyoaga A

Goyoaga (ici sans la gourmette)

les chevaux au ramener et au soutien mais avec peu de contact. Cet effet est limité car les bras de levier sont relativement courts. Il permet aussi de contrôler des chevaux un peu chauds, mais nécessite un cavalier ayant une main stable et peu de forces. Il est adapté à des chevaux habitués à céder dans leur nuque et à se soutenir sans tirer. Pour un mors à gourmette, il est relativement doux. En revanche, mal utilisé, il peut durcir la bouche et faire rentrer le couple dans un schéma de tension permanente.


Le mors coup de poing

mors-coup-de-poing

Mors coup de poing

C’est essentiellement un mors d’attelage. Le contact est fort et symétrique. Il agit de la même manière qu’un Pelham avec alliances. Il permet de contrôler le cheval tout en conservant la sensibilié de la bouche.


Le mors Myler combiné niveau 1

Le mors combiné 2 anneaux Niveau 1 est un mors (lanière de nez en cuir brut) avec branches 2 anneaux en acier inox et embouchure incurvée en acier doux et incrustations de cuivre qui facilitent la salivation avec large barillet qui procure une action relaxante.

8931045-250x250

Mors Mlyer combiné niveau 1

A noter également la totale indépendance de mouvement des deux branches qui permet de dissocier les aides suivant le côté. Les mors Myler Bits reposent sur un concept qui soulage la langue et qui permet au cheval d’avaler facilitant ainsi sa relaxation.


L’anti passe-langue

L’anti passe-langue se fixe dans la bouche en ajoutant un

CHE11_1

Anti passe-langue

montant supplémentaire. Ils permettent d’utiliser un cheval qui a ce défaut, mais ne contribuent pas à régler le problème. C’est une solution coercitive plutôt qu’éducative.

 


Le hackamore, proche du Hackenson et du Bosal

Il n’agit que lorsque le cavalier vient au contact, mais il n’est pas doux pour autant !

23436520-origpic-9f1e7d

Hackamore

Il agit sur l’auge du chanfrein et celui de l’auge, et les bras de levier sur le haut de la bouche. Il peut être dangereux entre des mains inexpérimentés : cavaliers tentés par le sans mors, essayer d’abord d’autres types d’enasures ! Il permet de monter des chevaux compliqués ou qui n’acceptent plus le mors.


Side pull et bitless

IMG_5381

Mon Martial en bitless, également positionnable en side pull

Ce sont 2 enasures facilement utilisables lorsque l’on est tenté par la monte sans mors. En effet, leur action rejoint celle d’un mors, et l’équitation du cavalier est sensiblement la même que dans la monte avec mors. Son éducation est rapide ! Le side pull permet un contact symétrique sur le chanfrein, tandis que le bitless, par l’action des rênes croisées, permet le contact sur toute la tête. Quand on agit sur la rêne droite, c’est le côté gauche qui se tend et pousse la tête du cheval. Certaines marques offrent des side pull 2 en un, permettant de passer de l’un à l’autre.


Le licol éthologique

Concernant ce licol, ce n’est pas pour moi un outil à utiliser sur un coup de tête, parce qu’on veut enlever le mors ! Mieux vaut à mon sens un mors bien utilisé qu’un licol éthologique mal utilisé. Règle de base : ce n’est pas un outil d’attache. Il est constitué de

101222125154700127350298

Licol éthologique

nœuds qui sont autant de points de pression sur la tête du cheval. Le cavalier doit donc avoir en tête la conception du licol, mais également la conséquence de ses actions de main afin de l’utiliser à bon escient. La réussite provient de l’application de la règle confort/inconfort : le cavalier doit céder lorsque le cheval répond favorablement. Dans notre équitation traditionnelle, nous ne sommes pas forcément éduqués à cela, puisque recherchant un contact certes doux et léger, mais permanent. A utiliser avec rigueur, et favoriser le side pull pour découvrir le sans mors.


 

IMG_6876

On peut aussi tout enlever si on veut… 

 

Le Saint Graal du mors : partie 1/2

La quête du mors, St Graal du cavalier. Quel mors ? Pour quel cheval ? A quel moment de sa vie ? Que ceux qui ne veulent pas entendre parler du mors me pardonnent : mais il faut se rendre à l’évidence, beaucoup de chevaux et de cavaliers passent (et restent) au cours de leur vie par du travail embouché. Quitte à constater, autant donner les bons codes, les bons repères, pour que les cavaliers s’orientent en connaissance de cause, et pas sous le joug d’une mode quelconque, et en aucun cas avec l’excuse de l’ignorance.

13563132_1347460588614793_402194933_n

Baltus de Lubel en Baucher

Cet article est bien sûr non exhaustif, et se base sur des témoignages de cavaliers de trotteurs ; il dresse néanmoins un panorama relativement complet des embouchures de base, ou courantes. Que les sans mors se rassurent : on en parlera aussi !

Mais avant tout, petit rappel. Le mors n’est rien sans la main du cavalier. Une main dure ou inexpérimentée rend un mors simple agressif et insupportable. Une main douce et expérimentée permet l’utilisation de mors plus sévères à leur juste valeur, sans créer de stress physique au cheval. Que l’on n’oublie pas les vieux proverbes : « les éperons sont des lames de rasoir dans les mains d’un singe » … Que l’on peut aisément transposer au monde des embouchures !Le bon mors dépend aussi de la connaissance que vous avez de votre équitation, de

13595572_1352369294790589_1946137342_n

Toujours Baltus de Lubel, en mors à aiguilles.

la qualité de votre contact … et de vos défauts. On s’oriente en pensant cheval certes, mais aussi en réfléchissant à ce qu’on est capable de faire avec un outil dans les mains. Personnellement, vous me mettez sur un poste à souder, je serai bien emm***** … Trouver son mors, c’est de nombreux essais, mais c’est surtout ne pas hésiter à faire évoluer l’embouchure au fur et à mesure du dressage du cheval.

Ayez néanmoins en tête cette ligne de conduite : essayez toujours avec le mors le plus simple, le plus doux, pour ne le durcir qu’en cas de problème qui devient récurrent. Une

146

Baltus de Lubel, encore, en mors à olives.

ou deux mauvaises séances ne doivent pas forcément impliquer de changer son mors ! Et même si vous utilisez des mors plus durs, essayez toujours, à la maison, régulièrement, de travailler simplement, pour que l’embouchure sévère, comme l’enrênement, ne soit qu’une aide ponctuelle. Un mors dur ne dressera pas le cheval, mais il peut contribuer à l’éduquer. Il n’y a cependant que le dressage qui résolve tous les problèmes.

En selle donc, avec un contact aussi doux que si vous teniez un enfant par la main…Le mors seul ne vous donnera pas une équitation juste.


La taille du canon

Choisir la taille du canon permet de jouer sur l’action du mors, au sein d’un même type de mors. Il est d’usage de dire qu’un gros canon est plus doux qu’un canon fin. Tout est une question de mesure : un gros canon pour un cheval avec une fine bouche sera plus néfaste pour lui qu’un mors plus fin, plus adapté. Regardez, comparez, écoutez votre cheval. Il n’y a pas de notice …


Simple ou double brisure ?

mors-2-anneaux-anatomic-double-brisure-en-cyprium

Mors double brisure

Le choix est cornélien ; le double brisure est à la mode. Concrètement, si on se base sur des données physiques, le double brisure s’adapte mieux à la morphologie de la bouche du cheval et respecte le palais. En effet, il est complément symétrique ! Au contraire, le simple brisure, puisqu’il ne connaît qu’une pliure, a un côté légèrement plus long que l’autre. La conséquence ? S’il est toujours dans le même sens dans la bouche du cheval, celle-ci finit par devenir dissymétrique. Il faut donc veiller à retourner régulièrement pour redonner de la symétrie à la bouche. Egalement, le simple brisure, lorsqu’il y a tension sur les rênes, a tendance à se pointer dans le palais, sensation désagréable. Mais, cavaliers utilisant des simples brisures, cela ne fait pas de vous des tortionnaires : tout dépend de votre main !


Les matériaux des mors

Les mors sont principalement en fer, en acier ou en maillechort (très bon pour la salivation). Mais certains autres matériaux sont utilisés :

– le cuivre, que je ne préconise pas, puisque c’est un métal mou qui se déforme vite et qui

mors-a-olives-cuivre

Mors à olives en cuivre

peut devenir blessant

– le caoutchouc : réputé plus doux pour la bouche, il doit être parfaitement entretenu, afin que il ne soit pas désagréable et que le cheval n’ingère pas de caoutchouc

– le cuir : le contact est particulièrement doux et ils sont plus solides que les mors en caoutchouc ; entre les deux, c’est ceux là qu’il faut privilégier, mais le coût est plus élévé

– la résine : c’est un intermédiaire entre acier et caoutchouc ; il faut veiller à son entretien mais elle peut être limée lorsqu’elle devient coupante

– le cyprium : c’est un alliage avec 86 % de cuivre, 8 % d’aluminium et 3 % de fer. Il favorise la décontraction.

– l’aurigan : nouvellement à la mode, il facilite la salivation.

Privilégier des mors avec une bonne qualité de matériau, même avec des basiques comme le fer, afin qu’il n’y ait pas de toxine qui soient avalées en même temps que la salive, venant s’accumuler dans les reins et finissant par affecter la santé du cheval.


L’abécédaire des mors peut maintenant commencer sur ses bonnes bases ! Je vous renvoie également à l’article sur la bouche du cheval afin de se rappeler précisément où se pose le mors et comment il agit : par ici.

Le mors droit

mors-droit-caoutchouc-flexiIl permet un contact symétrique et c’est pourquoi il est souvent utilisé au moment du débourrage. Il donne confiance dans la main et favorise la tension et la prise de contact avec le mors. Il manque rapidement de souplesse et de décontraction pour commencer un travail plus fin.

A l’origine, il servait à emmener les chevaux à l’abreuvoir et empêchait qu’ils ne boivent trop vite.

Les mors simples, à anneaux libres

Les variantes de ces mors résident dans la forme des canons. Un gros canon favorise le mors-2-anneaux-cyprium-feelingcontact et l’appui franc. Un canon fin permet de mieux encadrer un cheval qui tire. Le fait d’avoir des anneaux libres a une propriété plus décontractante et évite que les chevaux se figent et « prennent » un côté du mors. C’est le premier mors à utiliser et c’est vers celui-ci qu’il faudrait idéalement tendre !

Le mors à olives, dit Chantilly à olives

mors-olive-canons-fins-feelingIdéal pour les jeunes chevaux, il favorise le contact avec la main. L’action directe permet la tension de la ligne du dessus et le soutien de l’avant main ainsi que l’angle tête encolure. Les olives encadrent plus le mors, ce qui en fait un bon mors pour le travail en longe. Des variantes avec des olives très grandes existent. C’est aussi un bon premier mors, tant pour le cheval que pour le cavalier !

Le filet à aiguilles, appelé aussi filet à barrettes

Le contact est le même qu’avec le chantilly à olives. L’effet particulier réside dans la mors-aiguilles-a-olives-inox-satin-feelinggrande surface de contact des aiguilles avec les joues du cheval, ce qui encadre l’action de tourner. Pour l’apprentissage des jeunes chevaux et la longe il est idéal. Quand on agit avec une rêne d’ouverture droite par exemple, c’est le côté gauche qui va venir et qui va pousser la tête.

Le Verdun

40416_88-spenger

Mors Verdun, marque Sprenger en aurigan

Ce mors permet d’avoir l’appui tout en contrôlant des chevaux qui tirent : il convient aux chevaux qui ont besoin de s’étirer tout en étant contrôlés (très utilisé en courses). Il permet aussi un certain encadrement latéral, mais peut manquer de précision et de stabilité dans la bouche.

Le mors 4 anneaux, dit filet scourrier (on n’en sait jamais trop !)

mors-4-anneaux-feeling-anatomic-maillechort

Il permet un contact plus franc et est plus stable en bouche qu’un mors de filet simple àanneaux libres (l’effet de pointe dans le palais est amoindri). Il encadre mieux tout en étant décontractant et permet lui aussi la tension de la ligne du dessus. Il peut devenir très dur si la main se contracte.

Le Golden Wings 4 en 1

pdtimg_2887561bLes mors Golden Wings combinent les avantages des filets 2 anneaux et des filets à olives latérales. Les disques latéraux offrent une sécurité maximale au cheval, avec une action directive douce. Le cheval prend plus volontiers contact avec la main, notamment avec la rêne extérieure. 4 attaches de rênes différentes sont possibles.

 


Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l’article : mors à actions plus complexes, mors à gourmettes … et sans mors !

 

 

L’incurvation

Il est bon de temps en temps de reprendre les bases. L’incurvation est un des fondamentaux du travail du cheval, une fois les bases posées (travail longitudinal sur les allures).

Pour nous autres, cavaliers de trotteurs, l’incurvation est également essentielle (incontournable, indispensable, élémentaire, et j’en passe et des meilleurs !). Le maître Nuno Oliveira le disait déjà : « si le cheval n’exécute pas des cercles rigoureusement parfaits et égaux des deux côtés, il ne peut pas travailler correctement le reste ».

nuno-oliveira

Le plus grand maître de l’art équestre du XXème siècle, Nuno Oliveira.

Vaste programme, qui ne révolutionne pas l’équitation mais qui peut néanmoins faire office de St Graal équestre. Tel le musicien qui répète inlassablement ses gammes, chaque jour, le cavalier incurve, voire contre-incurve.


Mais qu’est-ce que cette incurvation ? 

Le cheval ajuste le ploiement de son rachis au tracé du cercle qu’il exécute. Il se plie donc de la nuque jusqu’à la queue, et non simplement de la nuque jusqu’au garrot comme beaucoup le pensent. Dans une incurvation correcte, c’est donc tout le corps du cheval qui travaille.

Le corps du cheval devient donc malléable à la figure exécutée, et ce faisant, il va engager son postérieur interne sous la masse. La conséquence ? Il va se muscler,  s’assouplir et devenir réceptif aux aides du cavalier. Un cheval incurvé accepte en effet

13563545_1347460601948125_527852591_n

On avait pourtant dit de pas tirer sur la rêne intérieure …

les aides, et y répond sans s’y soustraire, gage de collaboration pour les exercices ultérieurs plus complexes.

Attention, travailler l’incurvation demande beaucoup de rigueur pour équilibrer les demandes aux deux mains. En effet, un cheval incurvé à droite par exemple va étirer ses muscles à gauche et contracter les muscles droits. Il faut donc veiller à une gymnastique égale.


Pourquoi est-ce si dur ?

La difficulté réside dans l’anatomie du cheval. En effet, la cage thoracique du cheval est rigide, contrairement à l’avant-main (nuque et encolure) et aux reins. Lorsqu’un cheval n’est pas musclé, ou bien jeune et débutant dans le travail (ou bien ayant une gêne physique, mais je pars du principe que tous les chevaux au travail sont aptes à réaliser dans de bonnes conditions les demandes du cavalier !), il a tendance à trop incurver son encolure au détriment du reste de son corps (fuite de l’épaule extérieure), ou au contraire à échapper aux aides, en mettant sa croupe à l’intérieur du cercle.

Un refus d’incurvation est souvent lié à un manque d’équilibre ou de souplesse du cheval (ou bien les deux, mon capitaine !).


Quelles aides pour y parvenir ?

Attention roulement de tambours, pour incurver … on parle … des aides d’incurvation ! Une fois ces aides assimilées par le cavalier, il lui deviendra facile de passer à des exercices plus complexes. En effet, les aides de l’incurvation sont, à peu de choses près, les mêmes que celles utilisées dans tous les autres mouvements, tels que les épaules en dedans, les cessions, les têtes au mur … L’incurvation est donc aussi le premier exercice pour éduquer correctement le cavalier ! 

Les aides sont au nombre de quatre, qui s’associent de manière coordonnées mais indépendantes (c’est ici que commence le tact équestre …) :

  • la rêne intérieure, appelée rêne d’ouverture, indique la direction au bout du nez du cheval. Elle ne tire pas, mais attire. Par une rotation du poignet, le cavalier ouvre la rêne et demande au cheval de plier son bout de devant. Elle s’écarte donc un peu de l’encolure, puis revient vers le garrot, sans jamais passer de l’autre côté de l’encolure !
  • En même temps, la jambe intérieure, dite d’incurvation, agit à la sangle par des pressions discontinues du mollet ; le
    incurvation

    Merci M. Fouganza de faire des super schémas pour bien tout comprendre !

    cavalier doit avoir la sensation que le cheval se plie autour de sa botte.

Les aides extérieures vont aider à contrôler le mouvement :

  • la rêne extérieure, dite régulatrice, agit comme un mur que le cheval n’aurait pas le droit de franchir. Tendue, elle permet de limiter l’échappement de l’épaule extérieure. Elle se rallonge légèrement (en gardant la tension) afin de permettre au cheval détirer ce côté externe.
  • Enfin, la jambe extérieure, dite de position, recule légèrement et fait office de rempart pour éviter que les hanches ne dérapent du cercle.

Tout cela avec un cavalier équilibré, qui ne met pas plus d’un poids d’un côté que de l’autre (le défaut étant souvent de peser plus sur le côté extérieur).


Une incurvation qui ne tourne pas rond

Les cavaliers rencontrent souvent les mêmes problèmes sur l’exercice. La solution peut paraitre simple, mais il s’agit souvent d’un mauvais dosage des aides. Dans ce cas, il faut reprendre l’exercice en se remémorant chacun des points et en analysant d’où vient le défaut d’exécution. L’important est toujours la manière de demander. 

  • Le cheval qui a trop de pli : pour une incurvation correcte, on considère qu’il faut voir le coin de l’oeil du cheval ; au delà, il s’agit d’une flexion. Pour y remédier, il faut doser la rêne d’ouverture et surtout refermer la rêne extérieure pour contrôler l’épaule extérieure qui fuit le cercle.
  • Le cheval qui chasse les hanches en dehors du cercle : la solution réside dans la jambe de position pour remettre en ligne les épaules et les hanches.
  • Le cheval qui se couche : plus de respect de la jambe d’incurvation.

Progression dans le travail : que faire avec ma Trottinette qui ne connait que la ligne droite (et sa colonne vertébrale aussi!) ?

Toujours selon Nuno Oliveira, l’incurvation fait partie d’une même famille d’exercices, qui commence par le passage des coins, se poursuit par les cercles et se termine par les épaules en dedans.

img_7177

Et on a dit pas couché sur le cercle non plus … 

Ainsi, avec un jeune, on peut commencer à poser les aides de l’incurvation en s’aidant des coins. Les demandes sont plus courtes, et matérialisées, ce qui aide le cheval à comprendre où l’on veut en venir.

Ensuite vient le travail sur le cercle, qui évolue une fois l’incurvation acquise par la variation des diamètres des cercles, voire par la variation du diamètre du même cercle. Huit de chiffres, changements de main et serpentines complètent le programme !

Enfin, l’incurvation prend tout son sens avec l’épaule en dedans, mouvement roi du dressage. S’il ne fallait ne faire qu’un exercice à tout cheval, ce serait celui là, mais ceci est une autre histoire …

En guise de conclusion, je citerai le site Cheval Haute Ecole« un cheval harmonieusement incurvé … est déjà un cheval dressé ! »


Sources :

Nuno Oliveira, Oeuvres Complètes (Edition Belin)

Site Internet Cheval Haute Ecole 

Blog Fouganza pour le schéma