Sauter au trot

Pour varier les articles, mais aussi le travail de base de votre cheval, nous allons aujourd’hui nous pencher sur l’épineuse question du travail à l’obstacle avec un trotteur. Evidemment, dans la logique des précédents articles, nous réfléchissons comme si Trottinette était au début de son travail de reconversion. Cependant, les exercices et la façon de travailler à l’obstacle tels que nous le présentons aujourd’hui peut être intéressant à intégrer dans le travail même d’un trotteur plus évolué, voire sortant déjà un peu en compétition de C.SO.


Sauter au trot … Pourquoi ?

L’action de sauter, souvent associée au galop, met parfois en péril la bonne évolution du travail d’un trotteur, car l’exercice implique plus de « vitesse », les bouscule dans leur équilibre et leurs habitudes (quand ce n’est pas une totale découverte) et par conséquent, sauter devient parfois la porte ouverte à un manque de contrôle, ou en tout cas à une baisse de l’écoute de Trottinette.

Ce n’est pas le but recherché, et sauter au galop complique encore plus le fait de sauter, car il faut en plus penser à l’équilibre, souvent horizontalisé au galop, et à la vitesse, qui a tendance, notamment en début de travail, à être le remède au manque d’équilibre. C’est toujours la comparaison avec un vélo : plus il va vite, plus il va droit. Au contraire, plus il ralentit, plus il peut zigzaguer à droite à gauche. D’où le fait que le trotteur accélère son galop pour compenser l’absence d’équilibre.

Sauter au trot, dans ces conditions, permet donc déjà d’éliminer le facteur

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Mon Martial, trotteur tri-place, que je sautais beaucoup au trot pour préserver son physique et le garder disponible.

« précipitation », ou en tout cas, permettre le travail à une allure plus contrôlable facilement par le cavalier, et dans laquelle le trotteur est tout à fait à l’aise. Le cavalier apprend ainsi dès le début du travail que sauter n’est pas synonyme de charge !

Sauter au trot est donc un exercice qui permet le calme. Or, dans tout travail d’un cheval réformé, on souhaite que les demandes se fassent dans le calme, et qu’à chaque foulée, le cavalier soit maître des quatre pieds de son cheval.

En outre, cela permet de commencer à sauter pour des chevaux pour qui le galop serait en cours d’acquisition. Le travail sur l’équilibre commence donc, en variant du travail sur le plat. Sans compter que sauter au trot favorise le départ au galop à la réception, dans un départ de qualité, par prise d’équilibre, sans avoir à précipiter ou à pousser dans les aides.

313966_4140334669332_49076520_nMais sauter au trot a d’autres avantages, plus larges. Comme nous l’avons dit, l’exercice est demandé dans l’allure de prédilection de Trottinette ; ce qui, en plus des préoccupations d’équilibre et de gestion de son corps, respecte le trotteur physiquement, notamment pour les plus longs d’entre eux. En effet, pour ces trotteurs bi-places voire tri-places, le galop est source de « traumatisme » car en contradiction avec leur physique ; cela est moindre pour les trotteurs plus courts, au modèle se rapprochant des chevaux de sport. Dans ce cadre, sauter au trot permet d’échauffer ces chevaux sur les premiers sauts, sans les mettre immédiatement dans la contrainte et la difficulté (même pour les trotteurs sachant galoper, quand ils sont longs, cela les aide à finaliser l’échauffement).

Enfin, et ceci est également vrai pour toutes les races de chevaux, sauter au trot permet de travailler le style, par le geste des antérieurs, et gymnastique le cheval, en lui laissant le temps d’arrondir son dos et de se servir de son encolure durant le saut.


Soit, sautons. Mais quels types de dispositifs ?

Pour sauter au trot, cela peut se faire sur les premiers obstacles de la détente, croix et vertical, et ce sans forcément de dispositifs précis. Juste en recherchant un abord calme, dans le respect de l’allure jusqu’à la battue d’appel, et en laissant galoper si à la réception le galop est correct (sinon, retour au trot et on recommence).

Mais sauter au trot peut aussi faire l’objet d’exercices plus construits.

Le premier d’entre eux fait appel à des barres de réglage.

Dispositif :

  • 3 ou 4 barres au sol espacées d’1,30 m à 1,50 m selon l’amplitude de la foulée (l’idée est au début, de favoriser le trot naturel du cheval, dans une cadence de travail)
  • suivies d’un vertical à 2 mètres de la dernière barre au sol.

Cet exercice favorise le calme, la cadence, le respect de l’allure et de la vitesse dans la zone d’abord. Il permet d’assouplir les chevaux raides ou manquant de style et peut ensuite s’intégrer en tant que dispositif de détente lors d’une séance d’obstacle plus poussée. Jackpot pour les trotteurs donc !

Il ne faut pas hésiter à aborder le dispositif sur une courbe si le cheval a tendance malgré   320487_4140330229221_465240173_ntout à charger. Changer de main à chaque réception permet de garder la concentration du cheval et de conserver sa disponibilité. Il peut aussi se construire avec un oxer, et la distance entre les barres au sol et l’obstacle peut varier jusqu’à 2,50 mètres pour avoir un saut plus ou moins rond.

Autre dispositif, celui d’un obstacle qu’on saute en étant sur un huit de chiffres.

Là encore, l’exercice favorise la soumission (et l’attention), le calme, tout en gymnastiquant.

Dispositif : un vertical (maximum un mètre, au delà, pas d’intérêt dans l’exercice) … et c’est tout ! Quelques balises peuvent être utilisées pour visualiser le tracé et avoir un huit régulier, gage de réussite pour l’exercice.

Ici, le cavalier se concentre sur le 8 et le tracé, l’obstacle devient l’affaire du cheval, qui doit se prendre en charge. Cadence et calme sont au menu, et selon le niveau de dressage du cheval, il est souhaitable que celui-ci soit incurvé sur les cercles. Le contact doit être constant et léger.

Si le cheval prend le galop à la réception, l’idée n’est pas de compliquer l’exercice et de le faire au galop ! Mais de laisser galoper le cheval quelques foulées, dans un galop naturellement plus équilibré grâce au saut, puis de repasser au trot avant que l’allure ne se dégrade et de continuer l’exercice au trot. L’objectif est de pouvoir enchaîner les sauts en dessinant le 8, comme s’il n’y avait pas d’obstacle.

Pour se concentrer sur l’incurvation, on peut aussi sauter sur un cercle en restant quelques cercles à la même main, mais on perd alors la disponibilité de l’exercice.

378244_4327390065600_358709032_nVoilà pour des bases de travail au trot ; par la suite, sauter au trot et savoir aborder au trot permet de travailler sur des lignes, cavalettis ou non, qui permettent de caler le cheval dans son allure et dans son équilibre. Mais cela demande un travail déjà un peu abouti et surtout un calme dans l’abord.

En espérant que ces quelques idées vous en donnent d’autres,

Trotteusement,

Mise en bouche …

Article un peu hors norme, qui sort de notre cadre trottisant habituel, et qui concerne tous les chevaux, sans exception. Peut-être même aussi les licornes.

Les quelques lignes qui suivent vont permettront de mieux comprendre la bouche du cheval, ainsi que les principales pathologies qui lui sont liées. Comprendre, pour ne pas faire confiance les yeux fermés à un professionnel. Comprendre, pour mieux sentir ce qui se passe dans la bouche de vos chevaux, et donc dans vos mains. Et pour éviter de vous retrouver dans la situation qui fut la mienne, et qui se résume à des années de souffrance pour mon cheval. (Témoignage sur le FB de Je Trotte donc je Suis, cliquez ici)

Elles auraient pu être évitées si j’avais été moins naïve et si je m’étais posée plus tôt les questions suivantes : qu’est-ce que la bouche de mon cheval ? Comment fonctionne-t-elle ? combien de dents ? Où se place le mors ?

Tour d’horizon, entre maxillaire et mandibule …


IMG_6167 « Pas de bouche, pas de cheval »

Le cheval est un herbivore (sauf les licornes, qui sont arcencielovores), qui doit passer entre 15 à 19 heures par jour à manger. Il ne rumine pas, mais mâche longuement. C’est une étape essentielle pour son bien-être, autant physique (pour la digestion, avec la sécrétion de salive) que moral. Pour indication, un kilo de foin est consommé en 40 minutes environ.

 

La bouche a donc deux grandes fonctions : la nutrition bien sûr, mais aussi la communication, avec la main du cavalier à travers l’équitation et l’utilisation du mors.


Un schéma vaut mieux que mille mots

La bouche du cheval est constitué de deux mâchoires :

  • la mâchoire supérieure, dite maxilaire
  • la mâchoire inférieure, dite mandibule

Les deux sont reliées par l’articulation temporo-mandibulaire.

Les dents poussent dès la fin de la première semaine de vie. Le cheval a donc deux dentitions successives ; les dents de lait (26 dents), puis les dents permanentes, qui arrivent progressivement entre 2,5 et 4,5 ans.

Adulte, le cheval a 36 dents s’il est une jument, et 40 si c’est un mâle :

  • 12 incisives (3 par demi-mâchoires)
  • 12 pré-molaires
  • 12 molaires
  • 2 crochets, qui sont comme des canines (pour les mâles). A noter : certaines juments possèdent des crochets, elles sont alors dites bréhaignes).
  • les incisives sont séparées des pré-molaires par les barres, là où se place le mors. Quand le cavalier a une action de mains, il vient appuyer la langue dans l’auge, donc vers le bas, et presse le mors sur les barres.

Les incisives permettent au cheval de couper l’herbe à ras, et les molaires et pré-molaires assurent le broyage des aliments et l’usure naturelle des dents.

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En décodé … Crédit cliquez ici


Un cheval, c’est finalement un gros rongeur

En effet, les dents des chevaux poussent tout au long de leur vie, d’environ  4/5 mm par an (ce qui permet d’identifier l’âge d’un cheval par rapport à sa dentition : forme des dents et axe des mâchoires).

C’est ce premier constat qui oblige tout propriétaire à montrer son cheval au dentiste. En effet, une bonne mastication est gage d’une bonne assimilation par le cheval des aliments apportés. Soigner la bouche, c’est aussi prévenir les coliques.


Quoi de neuf, docteur ?

Mais là où tout se complique est que parfois, cette usure naturel des dents ne se fait pas correctement : défaut de conformation de la mâchoire (cheval prognathe, qui a donc une mâchoire plus avancée que l’autre) ou régime alimentaire pauvre en fourrage qui limite l’usure naturelle par la mastication.

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Crédit, cliquez ici

Des parties de dents dépassent alors, pouvant être coupantes et pointues : ce sont les surdents. Celles ci doivent être limées par le dentiste lors de la visite annuelle, qui vérifie la table dentaire et son nivellement.

Les surdents peuvent gêner le cheval au travail puisqu’elles peuvent blesser l’intérieur des joues et les gencives.


Oh, comme vous avez de belles dents … de loup !

Les dents de loup sont en réalité les premières prémolaires de lait, qui ne tombent pas et donc restent dans la bouche avec les dents permanentes. Très petites et pointues, elles se situent sur les barres, toujours sur la mâchoire supérieure.

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Action du mors dans la bouche : sur les barres, sur le palais et sur les dents de loup, si dent de loup il y a … Crédit cliquez ici

Or, comme nous l’avons vu, si le cavalier agit sur le mors dans la bouche d’un cheval qui a une dent de loup, celui-ci presse les barres et donc entre en contact avec la dent, ce qui occasionne des douleurs, et donc des défenses

Enlever une dent de loup est une manipulation simple et doit être systématique. A noter, le terme « exérèse » signifie normalement qu’un corps surnuméraire a été enlevé … S’il figure sur votre facture, mais que les dents de loup sont toujours là … Il serait bon de discuter avec le professionnel !

Il existe aussi les dents de cochon (moi je dis que dents de licorne ça aurait mieux sonner j’dis ça j’dis rien), sont le pendant des dents de loup sur la mâchoire inférieure, situées légèrement en avant sur les barres.


Le dentiste, c’est la santé

Outre le simple fait de l’équitation, qui sera plus harmonieuse et dénuée de tout conflit buccal si les dents de votre cheval sont surveillées, c’est tout le bien-être du cheval qui est amélioré par une bonne dentition. Bien sûr, il existe une quantité d’autres problèmes liés aux dents (dentition en ciseaux, usure à cause d’un tic, etc.) mais il s’agit ici des problèmes les plus fréquents, et l’objectif était surtout de remettre les choses à leur place … c’est à dire sous nos bombes !

A vous maintenir, d’oser ouvrir la bouche, mettre (doucement !) les doigts pour sentir, questionner le dentiste et de manière générale essayer de vraiment comprendre.

La visite chez le dentiste doit se faire tous les ans environ, ainsi qu’avant le débourrage et la mise au travail (primordial si l’on veut poser des bases saines !).

Le cheval n’a pas  choisi de faire de l’équitation, mais puisqu’il l’accepte, la moindre des choses est de considérer son bien être et d’en faire une priorité.

Trotteusement,


Sources :

Fiche technique des Haras Nationaux 

Page Internet suisse sur la dentisterie équine

Mors et embouchures, mode d’emploi, Agnès Corda

Mais l’essentiel provient « directement de la bouche du cheval » … (Expression américaine qui signifie qu’on est sûr de ce que l’on avance ! On en sait jamais trop.)

 

 

L’incurvation

Il est bon de temps en temps de reprendre les bases. L’incurvation est un des fondamentaux du travail du cheval, une fois les bases posées (travail longitudinal sur les allures).

Pour nous autres, cavaliers de trotteurs, l’incurvation est également essentielle (incontournable, indispensable, élémentaire, et j’en passe et des meilleurs !). Le maître Nuno Oliveira le disait déjà : « si le cheval n’exécute pas des cercles rigoureusement parfaits et égaux des deux côtés, il ne peut pas travailler correctement le reste ».

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Le plus grand maître de l’art équestre du XXème siècle, Nuno Oliveira.

Vaste programme, qui ne révolutionne pas l’équitation mais qui peut néanmoins faire office de St Graal équestre. Tel le musicien qui répète inlassablement ses gammes, chaque jour, le cavalier incurve, voire contre-incurve.


Mais qu’est-ce que cette incurvation ? 

Le cheval ajuste le ploiement de son rachis au tracé du cercle qu’il exécute. Il se plie donc de la nuque jusqu’à la queue, et non simplement de la nuque jusqu’au garrot comme beaucoup le pensent. Dans une incurvation correcte, c’est donc tout le corps du cheval qui travaille.

Le corps du cheval devient donc malléable à la figure exécutée, et ce faisant, il va engager son postérieur interne sous la masse. La conséquence ? Il va se muscler,  s’assouplir et devenir réceptif aux aides du cavalier. Un cheval incurvé accepte en effet

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On avait pourtant dit de pas tirer sur la rêne intérieure …

les aides, et y répond sans s’y soustraire, gage de collaboration pour les exercices ultérieurs plus complexes.

Attention, travailler l’incurvation demande beaucoup de rigueur pour équilibrer les demandes aux deux mains. En effet, un cheval incurvé à droite par exemple va étirer ses muscles à gauche et contracter les muscles droits. Il faut donc veiller à une gymnastique égale.


Pourquoi est-ce si dur ?

La difficulté réside dans l’anatomie du cheval. En effet, la cage thoracique du cheval est rigide, contrairement à l’avant-main (nuque et encolure) et aux reins. Lorsqu’un cheval n’est pas musclé, ou bien jeune et débutant dans le travail (ou bien ayant une gêne physique, mais je pars du principe que tous les chevaux au travail sont aptes à réaliser dans de bonnes conditions les demandes du cavalier !), il a tendance à trop incurver son encolure au détriment du reste de son corps (fuite de l’épaule extérieure), ou au contraire à échapper aux aides, en mettant sa croupe à l’intérieur du cercle.

Un refus d’incurvation est souvent lié à un manque d’équilibre ou de souplesse du cheval (ou bien les deux, mon capitaine !).


Quelles aides pour y parvenir ?

Attention roulement de tambours, pour incurver … on parle … des aides d’incurvation ! Une fois ces aides assimilées par le cavalier, il lui deviendra facile de passer à des exercices plus complexes. En effet, les aides de l’incurvation sont, à peu de choses près, les mêmes que celles utilisées dans tous les autres mouvements, tels que les épaules en dedans, les cessions, les têtes au mur … L’incurvation est donc aussi le premier exercice pour éduquer correctement le cavalier ! 

Les aides sont au nombre de quatre, qui s’associent de manière coordonnées mais indépendantes (c’est ici que commence le tact équestre …) :

  • la rêne intérieure, appelée rêne d’ouverture, indique la direction au bout du nez du cheval. Elle ne tire pas, mais attire. Par une rotation du poignet, le cavalier ouvre la rêne et demande au cheval de plier son bout de devant. Elle s’écarte donc un peu de l’encolure, puis revient vers le garrot, sans jamais passer de l’autre côté de l’encolure !
  • En même temps, la jambe intérieure, dite d’incurvation, agit à la sangle par des pressions discontinues du mollet ; le
    incurvation

    Merci M. Fouganza de faire des super schémas pour bien tout comprendre !

    cavalier doit avoir la sensation que le cheval se plie autour de sa botte.

Les aides extérieures vont aider à contrôler le mouvement :

  • la rêne extérieure, dite régulatrice, agit comme un mur que le cheval n’aurait pas le droit de franchir. Tendue, elle permet de limiter l’échappement de l’épaule extérieure. Elle se rallonge légèrement (en gardant la tension) afin de permettre au cheval détirer ce côté externe.
  • Enfin, la jambe extérieure, dite de position, recule légèrement et fait office de rempart pour éviter que les hanches ne dérapent du cercle.

Tout cela avec un cavalier équilibré, qui ne met pas plus d’un poids d’un côté que de l’autre (le défaut étant souvent de peser plus sur le côté extérieur).


Une incurvation qui ne tourne pas rond

Les cavaliers rencontrent souvent les mêmes problèmes sur l’exercice. La solution peut paraitre simple, mais il s’agit souvent d’un mauvais dosage des aides. Dans ce cas, il faut reprendre l’exercice en se remémorant chacun des points et en analysant d’où vient le défaut d’exécution. L’important est toujours la manière de demander. 

  • Le cheval qui a trop de pli : pour une incurvation correcte, on considère qu’il faut voir le coin de l’oeil du cheval ; au delà, il s’agit d’une flexion. Pour y remédier, il faut doser la rêne d’ouverture et surtout refermer la rêne extérieure pour contrôler l’épaule extérieure qui fuit le cercle.
  • Le cheval qui chasse les hanches en dehors du cercle : la solution réside dans la jambe de position pour remettre en ligne les épaules et les hanches.
  • Le cheval qui se couche : plus de respect de la jambe d’incurvation.

Progression dans le travail : que faire avec ma Trottinette qui ne connait que la ligne droite (et sa colonne vertébrale aussi!) ?

Toujours selon Nuno Oliveira, l’incurvation fait partie d’une même famille d’exercices, qui commence par le passage des coins, se poursuit par les cercles et se termine par les épaules en dedans.

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Et on a dit pas couché sur le cercle non plus … 

Ainsi, avec un jeune, on peut commencer à poser les aides de l’incurvation en s’aidant des coins. Les demandes sont plus courtes, et matérialisées, ce qui aide le cheval à comprendre où l’on veut en venir.

Ensuite vient le travail sur le cercle, qui évolue une fois l’incurvation acquise par la variation des diamètres des cercles, voire par la variation du diamètre du même cercle. Huit de chiffres, changements de main et serpentines complètent le programme !

Enfin, l’incurvation prend tout son sens avec l’épaule en dedans, mouvement roi du dressage. S’il ne fallait ne faire qu’un exercice à tout cheval, ce serait celui là, mais ceci est une autre histoire …

En guise de conclusion, je citerai le site Cheval Haute Ecole« un cheval harmonieusement incurvé … est déjà un cheval dressé ! »


Sources :

Nuno Oliveira, Oeuvres Complètes (Edition Belin)

Site Internet Cheval Haute Ecole 

Blog Fouganza pour le schéma

Un trotteur … Qu’est ce que c’est ?

Histoire de ne pas mettre le sulky avant le cheval, voici un article qui reprend les bases, et qui répond à la question, peut-être toute simple : un trotteur qu’est-ce que c’est ?

Pour comprendre de quel type de cheval nous parlons, il est important de repartir du commencement.


Le trotteur : son fonctionnement 

Le trotteur est par nature un cheval de course. J’enfonce ici peut-être une porte (de boxe) ouverte, mais il faut toujours avoir cette notion en tête. C’est l’homme qui a développé son allure, forçant ainsi la vitesse du trot à 50 km/h, contre une moyenne habituelle de 14-15 km/h.

Le trot du trotteur est même appelé « flying trot » dans le jargon des courses, et l’expression illustre bien l’extrémité dans laquelle l’allure est poussée lors des courses de trot.

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Source : galerie personnelle. 

Rappelons également la description de l’allure du trot (mais si, je suis sûre que vous connaissez encore par coeur le programme fédéral du Galop 3, le cheval c’est trop génial) ; c’est une allure sautée, symétrique, à deux temps égaux, où le cheval se déplace par bipèdes diagonaux, dont le posé est séparé par un temps de suspension.

A cette allure « normale », le cheval n’a pas besoin d’adapter son équilibre, la position de la tête et de l’équilibre restant stables. En course, le cheval doit déplier ses foulées en lançant très loin son postérieur. Pour éviter de se blesser, il doit dans le même temps relever rapidement l’antérieur. Pour arriver à cette allure très mécanique, le cheval a besoin de l' »aide » de l’homme : ferrure adéquate, ou enrênement. On comprend donc très aisément d’où provient l’équilibre très horizontal du trotteur, puisque la stabilité naturelle du trot est chez lui plus qu’exacerbée.

C’est tout le contraire du galop, où le corps du cheval du cheval connait différentes poussées : vers l’avant lors de l’avancée des postérieurs sous la masse, vers le haut grâce aux antérieurs (temps de suspension), et vers l’arrière suite à cette poussée vers le haut, ce qui reporte du poids sur l’arrière-main. L’encolure accompagne ces différentes variations de l’équilibre : elle s’abaisse et se relève ; c’est l’image du cheval à bascule.

Pas besoin d’aller plus loin pour comprendre les difficultés de nos trotteurs à apprendre à fonctionner au galop. C’est tout leur corps qu’il faut rééduquer pour cela, et cela passe par des dizaines d’exercices au pas et au trot (mais nous aborderons ces sujets au fur et à mesure), dont l’objectif sera de redonner de la liberté et du mouvement à l’encolure, afin de briser sa rigidité, et de redonner de la souplesse par les mouvements latéraux à un corps qui fonctionne de manière longitudinal presque exclusivement.


Quid de la génétique ?

S’ouvre ici le grand débat. Le trot de courses, fabriqué par l’homme, ou qui puise son origine dans la génétique ? La question est grande ouverte, et sera même l’objet d’un article, car de récentes études portent à croire que les gênes jouent un rôle dans cette allure du trotteur.

En revanche, si on s’intéresse un peu à l’histoire de la race, nous comprenons que le trotteur est, comme toutes les races modernes, sélectionné par l’homme depuis sa création en vue d’en faire une race spécifiquement conçu pour le trot.


Montons dans la machine à trotter dans le temps …

Ainsi, le trotteur est né dans les années 1830, suite aux guerres napoléoniennes qui décimèrent la population chevaline française, pour répondre à un besoin simple : un cheval solide, rustique, rapide mais peu coûteux (tout le contraire du pur-sang anglais alors très en vogue, notamment dû à son entretien onéreux et compliqué). Cette nouvelle race devait satisfaire aux besoins de l’armée : porter des hommes, tirer des pièces d’artillerie, et rester stoïque face aux bourdonnements des canons (là encore, le pur-sang anglais était exclu d’office, trop sanguin). Répondre à ses qualités supposait aussi que l’allure de prédilection serait le trot.

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Cheval anglo-normand (Narquois, 1891)

Le berceau de race se situait en Normandie, privilégiée pour la qualité de ses herbages et de son terreau de terre d’élevage. Les éleveurs ont croisé des juments locales (dites anglo-normandes, de type carrossier, donc déjà adaptées à l’attelage) avec des trotteurs Norfolk (race anglaise aujourd’hui disparue).

 

Les premières courses de trot de 1836 permirent de comparer les premiers produits et donc de sélectionner les meilleurs géniteurs. Le trotteur était alors appelé « demi-sang normand », et son physique n’en faisait pas un spécimen chéri par les parieurs : trapu, petit, peu expressif, avec une grosse tête et des jambes courtes et fortes …

Un rédacteur sportif de l’époque, Ned Pearson, disait même : « ce qu’on est convenu d’appeler un trotteur ne galope pas, il est vrai, mais ne trotte pas davantage » … Oh, le beau cheval …

Néanmoins, la race se développe ainsi que la pratique des courses au trot, avec en 1864 la création de la Société du cheval français de demi-sang, devenue la société d’encouragement à l’élevage du cheval français ensuite (et connue aujourd’hui sous l’appellation et le logo du Trot). Je vous invite à aller visiter leur site Internet, très bien fait pour en apprendre plus sur le trotteur et sur le monde des courses de trot : ici !

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Logo de la SECF aujourd’hui

A la fin du 19ème siècle, la France était fière d’avoir créé en 50 ans une nouvelle race, qui avait à l’époque une réelle suprématie sur les autres races de « trotteurs ». Néanmoins, la concurrence avec les trotteurs venus des Etats-Unis et de Russie fut rude, et l’élevage français dut s’adapter pour conserver son leadership.

C’est ainsi que durant l’entre deux-guerres, les premiers croisements avec du sang américain (race Standardbred), mais aussi avec un peu de pur-sang anglais et arabe, furent réalisés. La réussite de ces croisements

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Cheval Norfolk

n’est plus à démontrer puisqu’ils ont donné lieu au trotteur tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le premier stud-book du trotteur fut ouvert en 1906, et la race est enfin appelée ainsi en 1922. Il est fermé en 1937 afin d’empêcher tout ajout de sang étranger. En 1980, quelques éleveurs réutilisèrent des croisements avec des Strandardbred, puis le stud-book fut à nouveau refermé.

La conséquence fut une véritable évolution du modèle du trotteur, et aujourd’hui les 3/4 des trotteurs nés en 2003 possèdent des gênes étrangers.

Voilà en quelques lignes l’histoire de notre race ; on comprend toujours mieux une chose lorsqu’on en connait le passé.

Pour les curieux, maintenant que nous avons appris qui était le trotteur, nous pourrons envisager un article sur les trotteurs célèbres … A vos avis !


Sources :

Trotteur, quand tu nous tiens, Jean-Pierre REYNALDO

La locomotion du cheval, Gillian HIGGINS

En avant, calme et droit … Certes, mais si nous allions de côté ?

Alexis L’Hotte a tout dit lorsqu’il a énoncé ces trois mots, fondations de toute équitation, quelles qu’en soient les disciplines.

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Le Général Alexis L’Hotte

Aujourd’hui j’ai envie de creuser avec vous un impérissable et fondamental exercice, que sont les déplacements latéraux. Nous allons donc en avant … et de côté.

Les déplacements latéraux sont multiples, chacun ayant ses spécificités et ponctuant la progression du cheval de selle, du jeune cheval au killer des carrés de dressage.

Vaste menu en effet, partant des chassements de hanches ou d’épaules pour arriver aux appuyers, têtes aux murs, épaule en dedans, contre épaule en dedans, en passant par les simples cessions à la jambe.

Notre jeune trotteur tout frais sorti de sa piste d’hippodrome est fondamentalement longitudinal, et nous pouvons même nous extasier sur « oh mais qu’est-ce qu’il est bien assoupli de la tête à la queue, ce petit cheval ».

Certes. Mais quand on commence à vouloir lui demander de mobiliser une partie de son corps en particulier (et notamment de dissocier les hanches et les épaules), Trottinette ne comprend plus, et se retrouve queue par dessus tête.

Pourtant, une fois les règles de base acquises, les trois allures, le respect de la main, les codes de transition et même quelques foulées correctes aux trois allures, à moins de vouloir se contenter de promenades et de lignes droites dans la carrière, il devient indispensable d’apprendre à son trotteur à marcher comme un crabe, et de faire des jolis mélanges avec ses papattes.

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Trottinette aux JEM ? Faut pas rêver quand même, Isabelle Werth a d’autres montures …

Beaucoup plus facile à dire qu’à faire, mais laissez moi vous en expliquer le bénéfice. Attention, paragraphes qui donnent un sacré mal de crâne.

Lors des déplacements latéraux, au niveau des postérieurs, deux grands groupes musculaires travaillent. Les fessiers et le biceps fémoral permettent l’abduction (le fait d’écarter le membre par rapport au corps) et les muscles de la face interne permettent l’adduction (le fait de rapprocher le membre par rapport au corps).

Ces deux grands groupes musculaires qui travaillent sont également ceux sollicités lors de la battue d’appel à l’obstacle (et oui, votre cheval commence à sauter lorsqu’il n’y a pas de barre !), mais aussi ceux qui servent à l’engagement du postérieur.

En effet, dans le mouvement de protraction du postérieur (lorsque le postérieur vient sous la masse), les muscles agonistes sollicités sont situés le long de l’avant du fémur, et les muscles antagonistes (qui s’étirent et s’allongent afin d’assurer stabilité et fluidité) sont essentiellement les fessiers et le groupe des fémoraux caudaux.

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Pour mémoire, même si je suis sûre que vous connaissez ce schéma par coeur.

Stimulés par les déplacements latéraux, ces groupes musculaires sont donc beaucoup plus disponibles pour fournir un engagement facile et fluide. D’autant plus que, nous l’avions vu dans les articles précédents, Trottinette n’a pas trop pour habitude d’engager …

L’augmentation de l’engagement des postérieurs permettra de solliciter la chaine musculaire des fléchisseurs (lors de la protraction), ce qui, par une réaction en chaine, sollicitera les muscles abdominaux, et par effet de levier, le dos remontera et l’augmentation des postérieurs sera encore plus aisée … Ainsi soit-il dans un beau cercle vertueux. C’est bon vous pouvez aller chercher le Doliprane, j’ai fini avec les mots savants.

De quelques pas de marche en crabe, Trottinette va gagner en locomotion et apprendre à utiliser correctement ses postérieurs, tout en musclant la ceinture abdominale et le dos. L’exercice sera aussi le prémisce d’une école des aides plus fines, avec l’utilisation des jambes de position et des jambes isolées.

Trottinette va aussi apprendre par lui même, et donc dans la douceur, qu’il peut utiliser de façon plus indépendante l’ensemble de son corps.

De plus, vous allez enrichir votre gamme d’exercices, et Trottinette se prendra plus facilement au jeu de la réflexion, l’incitant à ne pas s’ennuyer dans le bac à sable qui lui est désormais attribué.

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Tout petit et il a déjà tout compris !

Pour notre trotteur, et n’en déplaise à L’Hotte, En avant, calme et de côté* me parait donc approprié !

*il s’agit ici bien évidemment d’un détournement de la citation pour aller dans le sens de l’article, mais il est évident que nous connaissons la véritable signification de droit, que je vous laisse ici pour mémoire : il s’agit du déplacement du cheval en toute rectitude … et que même de côté, la rectitude est une chose indispensable. 


Trotteusement,

Chargez ! Ou comment éviter de se prendre pour la cavalerie

Il s’agit du problème du contrôle des allures, seul ou en groupe, et du fait que les trotteurs peuvent « embarquer », au trot ou plus souvent au galop.

Je le dis tout de suite : je n’ai jamais vécu ce genre de situations, et je ne dispose donc pas de solution « clé en main » à vous apporter, ni de remède miracle.
Mais face à plusieurs demandes similaires, je me suis dit que c’était un sujet important, et qu’il méritait réflexion.

C’est donc le résultat de ces réflexions que je vais vous proposer, et là encore, je vous invite à participer, donner votre avis, vos tentatives, vos réussites … pour alimenter le débat et peut être aider un autre cavalier trottisant !

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D’où vient le fait que les chevaux embarquent ? Qu’est ce que finalement de se faire embarquer ?

Pour un cheval évoluant en groupe, embarquer son cavalier peut venir d’un sentiment de joie, pour faire la course avec les autres, le cavalier perdant alors le contrôle de l’allure et de la direction.

Mais un cheval seul, et c’était souvent dans ce cas que vous cherchiez des conseils, peut aussi embarquer.

Quelle en est la raison ?

Pour ma part, j’opterai pour un manque de dressage au niveau des allures. Le trotteur, manquant de repères à des allures rapides, trouve dans la vitesse un moyen d’équilibre plus facile à trouver : un vélo qui va vite est plus stable que celui va lentement !

Au trot, cela peut être une déformation ou un réflexe lié aux entraînements, qui ressort lorsque le cheval se retrouve dans des grands espaces.
Au galop, je pense que cela rejoint l’idée préalablement citée : il est plus commode d’aller vite que doucement.

Cependant, la conclusion est la même pour le cavalier : il n’est plus maître de sa monture, et cela peut être très dangereux.

Comment régler ce problème ?

Le cheval (n’importe quel cheval), est un animal qui vit d’apprentissages et surtout d’habitudes. Il aime à se conforter dans des règles, qui le mettent dans une position confortable (exemple : je marche droit sur un chemin, sans brouter, mon cavalier pose les rênes longues. J’essaye de brouter, le contact revient).

Pourquoi, avec ce simple principe, ne pas essayer de régler ce souci de vitesse exagérée en instaurant des codes, et des règles avec le cheval ?

Pour moi, la notion essentielle à inculquer au trotteur est le respect de la cadence, liée à la régularité de l’allure.

Ce travail se fait donc préalablement en carrière, afin de disposer d’un cadre plus sécuritaire, qui va limiter les embardées de Trottinette !

Rappelons ce qu’est la notion de cadence : il s’agit du rythme d’une allure, et de la régularité du poser de chaque membre.

Un cheval cadencé s’équilibre, rebondit, engage et devient perméable aux aides de son cavalier.

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Si le cheval apprend que chaque allure doit être cadencée, équilibrée, quitte à travailler sur un rythme plutôt lent, il aura tendance à reproduire ce schéma en extérieur.

Le travail peut se faire essentiellement au trot, puis progressivement au galop en carrière.
Ensuite, en extérieur, il faut vouloir oublier le galop dans un premier temps, pour retrouver un trot identique à celui obtenu en carrière, sans débordement.

Ainsi faisant, le cheval comprendra que les mêmes règles s’imposent, et restera à l’écoute. Bien entendu, souvent un trotteur galopant en ballade aura un rythme plus rapide (moins de repère pour s’équilibrer), mais l’objectif est qu’il reste à l’écoute et attentif aux aides du cavalier.

Quelques exercices permettent d’obtenir la régularité de la cadence :

travail sur des barres au sol, en ligne droite, au pas et au trot, qui vont permettre l’équilibre longitudinal puis une sensation pour le cavalier qu’il cherchera à reproduire même lorsque les barres au sol sont enlevées
travail sur des barres au sol en cercle, et s’amuser à chercher le même nombre de posers des pieds entre chaque barre (plus facile à compter au galop évidemment, mais trop dur pour nos trotteurs dans un premier temps !). On peut aussi penser à varier le diamètre et à rechercher la cadence sur un cercle plus grand ou plus petit.
– de manière plus générale, aider le cheval à décomposer les mouvements qu’il doit réaliser, et cela peut passer par un début de travail sur plusieurs pistes : demander au cheval de sortir les hanches de la piste, de marcher lentement quelques foulées ainsi, puis de remettre les épaules devant les hanches. On peut aussi complexifier, en sortant les épaules, ou en jouant sur le pli : l’idée est que le cheval prenne son temps pour poser ses pieds, habitude qu’il conservera par la suite, et qui va aider dans les respect d’une cadence mesurée.

En selle, et trotteusement,

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Au galop … Mais où sont les boutons ?

Il est temps maintenant de concrétiser un peu les différents éléments que l’on a pu mettre en place.

Il est en effet bien beau de théoriser sur le galop et la difficulté des trotteurs à apprendre cette allure, mais finalement, je ne vous ai pas appris grand chose de nouveau !

La réflexion que je vais avoir maintenant est purement personnelle, et je ne souhaite pas du tout l’imposer comme la seule « méthode » pour travailler un trotteur, mais c’est ce qui me semble le plus indiqué suite à mes différentes expériences.

Nous partons tous du constat que oui, le galop, et son apprentissage, restent difficiles.
Source de stress, à la fois psychologique, car associé à un interdit, source de stress, car une fois appris, les trotteurs « chauffent » (plaisir de galoper ? peur de la réprimande ?), et source de stress physique, car qui demande un fonctionnement anatomique aux antipodes de ce qui leur a été appris.

Passons rapidement sur l’apprentissage du galop, et partons du fait que Trottinette galope (promis, je reviendrai ultérieurement sur cet apprentissage, avec exercices et analyse).
De deux temps, nous passons théoriquement à trois, nous sommes souriants et victorieux, nous connaissons cette phase de projection qui donne tant de sensations, mais …

Oui, il y a un mais. Ce galop dont nous avons tant rêvé …
– il est le plus souvent fuyant, et tout sauf cadencé
– il est répandu …
– … quand il n’est pas à quatre temps
– il peut être aussi défectueux : désuni (plus rare chez le trotteur) …
– ou pire : apparition de l’aubin (le cheval trotte des antérieurs et galope des postérieurs, nommé aubin du derrière, ou inversement, qui est nommé aubin du devant).

Dans tous les cas, ce n’est pas ce que nous recherchions, et les anti-trotteurs qui sont accoudés au bord de la carrière montrent leurs dents dans un grand sourire faussement sympathique : c’est déjà pas mal … pour un trotteur.

Non, ce n’est pas « pas mal » !

Et si, pour essayer de remédier à ce constat, obtenu pourtant par de la sueur et du travail (et bien de l’imagination de la part du cavalier, il faut le dire), le propriétaire de trotteur acceptait de … ne pas essayer de le faire galoper, du moins pas tout de suite.

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Je m’explique.

Nous avons vu que le galop n’était pas naturel pour nos chevaux, surtout car ils ne savent pas utiliser leur corps, et soumettre leurs forces naturelles, pour obtenir les exigences physiques demandées par l’allure du galop.

Dans ce cas, pourquoi ne pas, tout simplement, et en premier lieu, apprendre au trotteur à se réconcilier avec toutes les parties de son corps … sans lui encombrer la tête et l’esprit avec le galop ? Qui inclut implicitement apprentissage corporel et apprentissage de nouvelles aides, totalement étrangères ?

Personnellement (et je surligne ce mot), j’opterai pour un dressage du trotteur … au trot (et au pas, of course (de trot ahah):

– apprendre à utiliser son dos, à des allures qui ne lui sont pas difficiles
– apprendre à mobiliser son encolure
– apprendre à utiliser ses postérieurs sous la masse … (engagement)
– … ce qui a pour conséquence l’apprentissage du travail latéral
– … et l’apprentissage de l’équilibre sur les postérieurs, qui est aussi inconnu (lié à la fixité de la tête et de l’encolure, dans un équilibre horizontal)

Et une fois ces choses acquises au pas et au trot, nous obtenons un cheval qui connait les aides du cavalier classique, qui est habitué à apprendre de nouvelles choses, sans que cela le stresse, qui est musclé dans son corps de façon à pouvoir supporter les mouvements du galop, et qui a compris comment utiliser certaines parties pour pouvoir gérer son corps autrement.

Le galop deviendrait-il ainsi plus simple, moins monstrueux, tant pour le cavalier que sa monture ?
Plus fluide, moins hors de portée ?

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le galop ne sera pas pour autant dès le début harmonieux, parfaitement équilibré, ramassé sur les postérieurs et bien décomposé.

Mais le cheval aura des bases de dressage qui lui permettront sans doute d’évoluer plus vite au galop.

Rappelons aussi, au passage, et au risque de vexer des propriétaires de trotteurs : ce ne sont pas des chevaux pour débutants, mais pour cavaliers confirmés, et leur dressage n’est pas un tour de passe-passe (malgré leur gentillesse et leur bonne volonté), mais bien un réel exercice pour des cavaliers qui sont « dans leurs aides », à leur place, et connaisseurs de l’évolution d’un cheval.

Je vous laisse maintenant la parole : avis sur ce qui a été dit, expérience, tout est permis !

Trotteusement,

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La longe … sans tourner en rond !

Vaste sujet que celui-ci, souvent controversé (usure des jarrets), pourtant plébiscité, et seul exercice de travail à pied pour la plupart des cavaliers (à mon grand dam !).

Longer un cheval est un exercice qui ne s’improvise pas, et qui demande un peu de pratique et de réflexion afin d’arriver aux objectifs qui sont ceux du longeur … Car une longe peut-être exercée de 10 000 manières différentes, selon le cheval, selon la place que tient la longe dans l’esprit du longeur (défouloir du cheval, réel exercice, manque de temps …), et selon le plan de travail qu’il se fixe au préalable.

Car oui, une longe se prépare, tout comme une séance en carrière. Il faut avoir un objectif final, et pour cela, préparer une multitude de petits exercices rapides (et j’insiste sur ce point), qui vont permettre d’y arriver.

Bien utilisée, la longe est un réel outil qui peut permettre des progrès considérables, notamment en terme de musculature.

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Pour cela, passer par un enrênement peut être une solution, si on l’envisage de manière ponctuelle et éducative dans le fonctionnement du cheval. En effet, bien réglé (point essentiel, mieux vaut s’abstenir de mettre un enrênement que d’en utiliser un mal réglé) et utilisé à bon escient, cela fait travailler le cheval dans le bon sens pendant un court laps de temps.

Pour moi, une longe enrênée n’excède pas une vingtaine de minutes (soit 10 à chaque main), avec un temps de détente sans enrênement avant (entre 5 à 10 minutes selon le cheval), et après (un peu plus court, histoire que le cheval puisse s’étendre s’il en a besoin).

Au delà, je considère que les chevaux n’arrivent plus à se concentrer (car mine de rien, malgré la variété des exercices … ils tournent en rond), et qu’il y a plus de risque de rester sur une note négative (défense, perte de motivation, etc.).

Passons maintenant sur la question du galop, très épineuse, comme toujours avec les trotteurs. Certains y voient une solution miracle pour apprendre à son cheval à galoper avec l’aide de la voix, moi je reste sceptique.

En effet, le diamètre d’une longe est extrêmement réduit même si l’on tient la longe en bout de longe, et il vaut mieux privilégier les premiers galops sur une ligne droite (piste de galop, chemin de forêt, grande carrière) que sur un cercle qui, en plus de l’allure, va perturber le cheval dans son équilibre.

Cela peut entraîner risque de chute, mais cela montre aussi à votre cheval qu’il peut galoper ainsi. Or, monté, on n’admet pas ce galop désordonné et couché qu’il peut faire en longe : pourquoi alors lui montrer, voire pire lui permettre et le féliciter pour quelque chose qu’on ne souhaite pas conserver à terme ?

Evidemment, il faut nuancer au cas par cas, car certains trotteurs galopent très bien en longe, naturellement et de façon équilibrée. Même si ce n’est pas monnaie courante.

Personnellement, et même avec des chevaux qui ne sont pas des trotteurs, je ne suis pas une grande adepte du galop en longe, et je préfère une bonne séance bien construite au pas et au trot.

Parlons maintenant des enrênements à privilégier. Là encore, tout est affaire de cheval, et chacun verra midi à sa porte en fonction du vivant qu’il a en face de lui.
Néanmoins, certains enrênements sont pour moi relativement faciles d’utilisation, simples à régler et surtout bénéfiques pour n’importe quel cheval.

C’est pourquoi je n’aborderai pas ici les rênes coulissantes ou le Pessoa : ils sont compliqués d’utilisation, voire d’un maniement expert, et ne peuvent être utilisés que lorsque le cheval est dressé.

Je préfère parler ici du gogue (tout simplement), et des élastiques (pourquoi chercher plus loin ?).

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Le gogue, que tout le monde connaît, présente un énorme avantage : le cavalier se contente de le régler … et c’est le cheval qui fait le reste, sans action sur la bouche !

Le longeur n’a qu’une mission : faire en sorte de conserver l’impulsion, et donc l’engagement des postérieurs, afin que l’enrênement agisse.

Ce faisant, le cheval engage, travaille son dos de façon souple, et vient tendre sa ligne du dessus sous l’incitation du gogue. Il se muscle à son rythme, sans que nous ayons à intervenir outre mesure.
Pourquoi s’en priver ?
En outre, nous pouvons modifier les règlages au cours de la séance pour ajuster en fonction des réactions du cheval, et obtenir un travail plus ou moins fermé dans l’angle tête/encolure.

Concernant les élastiques maintenant, ils sont à double tranchant. Certes, ils permettent au cheval de descendre sa tête, et donc de travailler son dos tête en bas, mais ils peuvent aussi apprendre au cheval à rester figé dans une attitude.
En effet, lorsque le cheval a trouvé comment détendre les élastiques, il peut avoir tendance (notamment pour les chevaux un peu raides) à rester dans cette position sans trop « en bouger » … et donc ne travaille pas son dos.

Personnellement, je ne conseille pas les élastiques utilisés de la manière suivante : reliés de la bouche et attachés à la sangle. Pour le même résultat, je préfère le gogue.

Je choisis de travailler avec des élastiques en vue d’un objectif : que le cheval apprenne à travailler en place, en utilisant son dos … sans avoir de point fixe (qui monté se traduit par la main du cavalier). Cela peut beaucoup aider pour les chevaux qui ont tendance à s’appuyer beaucoup sur le mors.

Dans ce cadre d’enrênement, ils sont obligés de travailler dans leur dos (là encore, le longeur se doit de veiller à l’activité venant des postérieurs), tout en s’équilibrant d’eux mêmes, et en trouvant une solution qui n’est pas extérieure.

Les élastiques de cette façon se montrent très positifs. Ils ne doivent cependant pas être trop tendus (on ne veut pas saucissonner le cheval mais lui indiquer une sensation de confort/inconfort), et ne doivent pas être attachés trop haut sur le surfaix.

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Les anneaux du milieu me paraissent plus indiqués, afin d’obtenir un placer correct sans demander au garrot de travailler trop fort.
Une position basse peut aussi être envisagée, mais attention alors à ne pas se tromper d’objectif de séance : si l’on veut qu’il apprenne à s’équilibrer tout seul, mieux vaut ne pas l’encourager à avoir un placé de tête bas !

Enfin, et pour finir sur les enrênements, je travaille avec une deuxième sorte d’élastique, dit éducatif.

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Très facile à utiliser, peu connu, ses bienfaits sont considérables, surtout pour les jeunes chevaux, et il a le mérite de travailler en douceur.

Cet élastique agit à mi-chemin entre le gogue et les élastiques. Il passe sur la têtière, puis dans les anneaux du mors, et vient s’attacher à la sangle.

Il agit donc comme un gogue dans le mécanisme, mais en étant élastique, et donc en permettant plus de liberté au jeune cheval … ou au cheval très raide.

Cela peut être un bon outil dans les premières séances de cheval, pour muscler gentiment, sans contraindre trop fort, et avant de passer à plus exigeant, il permet que le cheval comprenne ce que l’on souhaite obtenir de lui.

Très méconnu, il est en vente dans les bonnes selleries, à un prix défiant toute concurrence : de 6 à 10 euros … !

Je n’ai pas parlé de l’attache de longe, et pourtant il me paraît intéressant de faire un point.
En colbert, en gourmette, directe, chacun voit l’attache qu’il veut selon son cheval et son comportement en longe, je n’entre pas ici dans le débat.

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Mais il peut parfois être intéressant de travailler son cheval avec la longe qui passe dans l’anneau du mors, et qui vient se fixer sur un anneau du surfaix : c’est le principe de la « longe inversée ».
Ce faisant, on incite le cheval à s’incurver (il faut être très doux dans la main), et on travaille plus l’incurvation. On incite également à déplacer les hanches à l’extérieur du cercle.
L’inconvénient étant qu’on ne contrôle pas l’épaule extérieure en longe, et que le cheval peut fuir l’exercice en dérapant à l’extérieur.

Passons maintenant aux exercices proprement dits. Quelle palette avons-nous ?
Je vais ici faire une liste non exhaustive, avec le travail que cela permet au cheval :

– transitions rapprochées (arrêt, pas, trot) : dynamisme, écoute, équilibre longitudinal
– transitions intra-allures (au trot surtout) : équilibre longitudinal
– ligne droite : permet de vérifier la rectitude de son cheval, fait varier moralement le travail, réveil l’intérêt pour le longeur
– réduction/agrandissement des cercles : équilibre du cheval, travail d’engagement (demande plus forte sur le postérieur interne lors du rétrécissement des cercles), travail de l’épaule extérieure lors des agrandissements,
– travail sur des barres au sol : équilibre longitudinal, apprend à décomposer le mouvement, quelque soit l’allure du trot, reporte du poids naturellement sur les postérieurs.
Le mieux concernant les barres au sol est d’en disposer trois ou quatre en V, afin d’avoir trois passages différents : sur un trot plus rassemblé, au trot de travail naturel du cheval, et à un trot plus soutenu.

Les exercices en longe ne sont pas très variés, même si l’on veut être imaginatif : mais le maitre mot est SOUVENT, et PEU.

Demander peu de fois un exercice, mais souvent, et changer en régulièrement.

Même règle pour les séances de longe : courtes, mais régulières.

Vous constaterez bien vite que votre cheval gagne en musculature, en aisance avec son corps, et en équilibre, avec un travail serein qui limite le stress, et vous permet également de le voir évoluer.

Car l’un des intérêts de la longe reste que vous avez votre cheval sous le yeux : apprenez à le voir, et pas seulement à le regarder !

Le travail à la longe pourra être le prélude à un autre type de travail à pied, méconnu et très peu utilisé, qu’est le travail aux longues rênes. Mais chaque chose en son temps !

Trotteusement,

Etude du galop : le trotteur est-il un galopeur comme les autres ?

Il paraît utile de se pencher sur la question du galop pour terminer notre rapide étude biomécanique des allures du cheval.

En effet, allure naturelle par excellence, allure de fuite et réflexe équin, le galop est pourtant chose interdite aux trotteurs. D’où notre grand désarroi lorsque Trottinette arrive dans le manège : mais comment fait-on ?

Ces interrogations, lorsque l’on y réfléchit, pousse à nous demander si le galop est, par nature, une allure éloignée de la morphologie du trotteur, ou si c’est l’entrainement qu’ils suivent dès leur plus jeune âge, qui pousse les trotteurs dans un retranchement, loin de l’inné locomoteur ?

Au galop, les parties du corps qui sont le plus sollicitées sont les postérieurs, qui viennent s’engager, l’axe de la colonne thoraco-lombaire, qui s’étend et se raccourcit selon les phases du galop (à l’image d’un ressort), l’encolure, sous le poids du balancier.

On le voit ici sur le schéma (bien connu des cavaliers !), l’encolure est plus ou moins basse, et le dos plus ou moins long (court sur la phase de propulsion, où le diagonal est en appui, et plus long sur la dernière phase avant la projection) :

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Les membres postérieurs ont un rôle essentiel puisqu’ils sont les éléments propulseurs. Ils agissent simultanément avec l’extension thoraco-lombaire (phénomène du dos qui « s’allonge »), et à l’inverse, ils viennent s’engager sous la masse (protraction, intervenant lors du poser du diagonal) en même temps que la flexion thoraco-lombaire (dos qui se « raccourcit »).
C’est ce dernier constat qui nous intéresse particulièrement, puisque nous avons dit dans l’article étudiant la biomécanique au trot que les trotteurs, par l’entraînement, sont plus facilement dans la propulsion des postérieurs que vers leur protraction (engagement vers l’avant).
C’est donc cette partie du galop qui est compliqué pour nos trotteurs (il s’agit ici de mon cheval qui est pourtant arrivé à une qualité  de galop satisfaisante .. et pourtant, on a l’impression que son postérieur gauche, au lieu de s’avancer sous la masse, reste « happé » vers l’arrière, poussant plus qu’il ne soutient) :
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Alors qu’on aimerait tendre vers ceci (on voit que le postérieur gauche cherche à se rapprocher du centre de gravité situé sous la masse) :
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Le même cheval, avec (encore) plus de boulot. Rajoutez-moi un chapeau s’il vous plait, BOMBE OBLIGATOIRE #promisjenelefaisplus

Est-ce ce point qui complique considérablement l’apprentissage du galop pour les trotteurs ayant connu les courses ?
Biomécaniquement, l’explication se tient, surtout quand on sait qu’un trotteur n’utilise pas véritablement son dos, et est relativement rigide, et peu habitué à ce mouvement de flexion-extension (tendance à garder la tête au même niveau, surtout dans les premiers galops).
Dans ce cas, le trotteur est un cheval comme les autres … jusqu’à que ce qu’il foule les pistes, pour son métier premier.
Evidemment, il ne faut pas omettre non plus le travail de sélection génétique, qui conduit les poulains trotteurs à être physiquement disponibles pour l’extension des allures au trot.
Avis alors aux propriétaires de trotteurs qui n’ont presque pas été entraînés : qu’en était-il de l’apprentissage du galop ? Cela fut-il naturel, ou tout du moins dénué de complications liées à la locomotion ?
Je suis à votre écoute pour vos témoignages !

En conclusion, Trottinette a du mal à galoper car les habitudes qu’on lui a données sont en contradiction avec l’inné locomoteur du galop. Il faut donc apprendre à Trottinette à utiliser ses pieds dans le bon ordre … et dans le bon sens, tout en ayant comme objectif premier d’enlever tout stress, puisque, comme chacun sait, Trottinette a très bien compris que le galop était interdit … et en conséquent, en cheval bien appliqué, fera tout pour l’éviter.

Trotteusement,

Le trotteur : sa biomécanique … au trot

Pour comprendre de quoi il s’agit, et comment le faire travailler et évoluer dans le bon sens, posons-nous d’abord la question : comment ça fonctionne ?

Petit traité de biomécanique en raccourci, cet article vous aidera à comprendre les bases de l’allure première de votre cheval.

Le but n’est pas de faire le singe savant en énumérant les muscles qui travaillent au trot, cela, tout bon manuel de biomécanique équine vous le dira mieux que moi (et sans faute d’orthographe dans ces mots barbares !), mais de comprendre quelles zones du corps sont sollicitées chez le cheval au trot, et par conséquent très sollicitées (et musclées) chez le cheval de trot.

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Bonjour, le programme du Galop 6 …

Le trot est une allure stable en termes de locomotion, et le principal effet est que le dos reste stable, grâce à l’action du muscle grand dorsal, qui stabilise la colonne thoraco-lombaire en fin de propulsion.
L’action de ce muscle permet aussi l’étirement de la zone combo-sacrale, et donc la propulsion du postérieur, qui est notre finalité.

En parallèle, toujours dans l’arrière-main, ce pont thoraco-lombaire entre en rotation, lors du passage d’un diagonal sur l’autre.

Les muscles qui permettent cette rotation (et la diagonalisation qui va de paire) sont ceux de l’abdomen.

Ils sont aussi fortement sollicités lors de l’appui d’un diagonal, afin d’assurer la protraction (action de tirer en avant) de l’autre diagonale.

Concernant l’encolure, l’ensemble des muscles de l’encolure (splénius, bravo-céphalique et sterno-céphalique) sont actifs à chaque temps de suspension afin de limiter l’abaissement de la tête, et pour participer à la protraction des antérieurs.


Pause résumé après ce passage difficilement digérable !

Quelles zones du corps du cheval entrent en jeu au trot :

– de façon active (pour aider au mouvement) : les muscles de l’abdomen, les muscles de l’encolure, et le muscle sur la croupe (fessier moyen)
– de façon passive (pour limiter un mouvement ou stabiliser) : les muscles situés sur la croupe, les muscles du dos, les muscles de l’encolure.


Quelles conclusions devons nous tirer de ces données objectives ? (Je parle pour un cheval sortant d’entraînement).

Tout d’abord, nous avons des chevaux qui ont un dos qui travaillent perpétuellement, mais de manière figée, sans extension d’encolure (muscles courts).
Ils engagent fortement, avec une sangle abdominale très musclée. Ceci est un atout, contrebalancé par un autre effet : s’ils engagent fort, les trotteurs recherchent la vitesse en « poussant » avec leurs postérieurs.

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Une photo vaut mieux que mille mots.

Et c’est là qu’intervient ce point essentiel à ne pas oublier : le trotteur de course, dont la vitesse est obtenu par le compromis « cadence/amplitude », ne doit cette vitesse qu’au fait qu’on ne respecte pas les allures naturelles du cheval. L’inné locomoteur est écarté pour les exigences des courses.

Je n’entre pas ici dans un début bien ou mal, pour ou contre : c’est un fait, étayé par les ostéopathes et spécialistes, nous ne faisons ici qu’établir une vérité pour savoir comment y remédier, une fois le cheval revenu dans les carrières.

Notre objectif, en tant que cavalier, est donc multiple :

– apprendre à notre trotteur à utiliser son encolure comme un élément faisant partie de sa locomotion (et pas seulement pour participer à la stabilité de la tête)
– apprendre à notre trotteur à engager de manière latérale, afin de muscler le bas de son dos
– apprendre à notre trotteur à limiter la poussée des postérieurs, et en venant engager plus naturellement.
apprendre également tout le travail latéral, qui lui est souvent méconnu … et ce afin de perdre également dans cette rigidité du dos qui lui est propre.

Cependant, le trotteur a aussi ses avantages :
– son dos est musclé, même s’il ne l’utilise pas comme nous le souhaiterions
– il engage (au trot) … et c’est la base de la locomotion !

Le point de détail sur lequel il faut être prudent et minutieux, en tant que cavalier, est bien que nos chevaux n’ont pas pour habitude physique d’engager en se redressant (utilisation du dos, de l’encolure, des postérieurs), mais bien en mettant toute leur force et leur poids sur l’avant-main et les épaules, d’où les problèmes d’équilibre récurrents.

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Qu’est ce que je vous disais ?

Selon la physionomie de chaque trotteur, il faut y aller avec prudence et réserve, car cela peut rester pour certains un objectif lointain : un trotteur sera toujours différent d’un cheval de selle tel qu’on se l’imagine, et il faut beaucoup de travail avant de l’amener sur une Saint Georges. (Edit : la conclusion a été modifiée suite à une discussion avec une cavalière m’ayant présenté une trotteuse sortant à ce niveau en dressage … Comme quoi, ne jamais dire jamais, et ne jamais l’écrire non plus !).

Trotteusement,