L’épaule en dedans

« Cette leçon produit tant de bons effets à la fois, que je la regarde comme la première et la dernière de toutes celles qu’on peut donner au cheval, pour lui faire prendre une entière souplesse et une parfaite dans toutes ses parties. »

dlg11-222x300C’est ainsi que François Robichon de La Guérinière parle de l’épaule en dedans, qu’il a inventée au début du 18ème siècle.

Loin de vouloir l’exécuter pour elle-même, l’écuyer français voyait dans ce mouvement latéral (qui varie entre 2 et 4 pistes selon l’inclinaison demandée, 3 pistes étant le minimum d’inclinaison « utile ») un exercice d’assouplissement général. On peut en effet définir l’épaule en dedans comme un assouplissement d’ensemble, dans lequel on maintient les épaules du cheval sur une piste intérieure à celle suivie par les hanches.

Juchés sur nos Trottinettes, nous ne devons donc pas chercher à obtenir à tout prix l’épaule en dedans qui vaudrait des 8 et des 9 sur les carrés (si tant est qu’elle ait une 200w-2utilité à être travaillée ainsi, mais ceci est un autre débat) : il faut « juste » y voir un moyen de développer la souplesse de son cheval. Ca tombe bien, de la raideur, on en a à gogo… (Je redirige à propos vers cet article de Je Trotte donc Je Suis, qui permet de comprendre le fonctionnement des muscles lors des déplacements latéraux en général, ainsi que les bénéfices pour nos chevaux une fois sortis de leurs sulkys).


Et donc ?

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Voilà, comme ça. Enfin on peut toujours rêver.

Concrètement, lorsque le cheval se déplace en épaule en dedans, il se retrouve légèrement ployé autour de la jambe intérieure, tout en regardant dans la direction contraire au sens de la marche (incurvation dite convexe).

Le but est d’améliorer l’incurvation de la tige vertébrale, et donc de développer la souplesse en donnant de la liberté aux épaules, tout en améliorant l’équilibre par l’engagement du postérieur interne sous la masse.

Tiens donc, comme c’est intéressant pour notre Trottinette, qui :

  • est souvent sur l’avant-main, avec des épaules peu mobiles et par conséquent un poids mal réparti (nos épaules le savent très bien)
  • n’a pas un équilibre tel qu’on le conçoit en équitation classique, puisque très horizontal voire descendant (ce qui est peu pratique lorsque l’on envisage de sauter des crayons de couleur sans les faire tomber, puisqu’on lui demande de reporter du poids sur l’arrière-main et d’articuler ses épaules).
  • a souvent beaucoup de force dû à sa race et sa conformation, et l’incurvation par la mobilisation du bout de devant et la cession de la mâchoire aide à vaincre ce rapport de force pour aller vers l’idée de légèreté (notez la prudence qui est la mienne, je sais que c’est un St Graal pour nous autres cavaliers de trotteurs !).

Et comment je fais ?

Pour réussir l’exercice, il faut déjà que les aides de l’incurvation soient comprises et que l’incurvation en elle-même soit facile pour le cheval. A ce sujet (dis donc, comme il est bien ce site), je vous renvoie à l’article sur l’incurvation).

L’idéal est de d’abord de demander l’incurvation sur un cercle de 10 mètres, afin que

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Voilà, pour l’incurvation, on est pas (trop) mal. Mais on a dit qu’on regardait pas les oreilles.

le cheval reste dans son incurvation et qu’il ne puisse s’y soustraire. Il ne faut pas hésiter à baliser la taille du cercle avec des plots, car le but n’est pas ici de savoir les yeux fermés tracer un cercle de 10 m (d’ailleurs c’est infaisable ce truc, ok je sors), mais de mettre en place un exercice préparatoire qui va aider à la réussite de l’objectif de la séance.

A la sortie du cercle, il faut « continuer » à demander l’incurvation, donc à sortir les épaules, avec une action d’appui de la main intérieure et une action régulatrice de la rêne extérieure, pour canaliser les épaules et éviter qu’elles ne fuient. En parallèle, et parce que l’incurvation se demande en premier lieu par la jambe, on ne le dira jamais assez, il faut agir avec sa jambe intérieure à la sangle, pour incurver tout en poussant la masse. Vaste programme.

Le mouvement est réussi quand vous sentez votre cheval incurvé tout en se déplaçant du côté contraire, tout en gardant la piste avec les postérieurs. L’angle ne doit pas être trop important, pour maintenir l’engagement et la régularité de l’allure. Personnellement, le bénéfice maximal à tirer du mouvement s’obtient au pas, mais l’épaule en dedans peut aussi se demander au trot (exercice qui peut se coupler avec une demande de départ au galop, le départ s’obtenant alors normalement par une prise d’équilibre parfaite, vers le haut… Mais ceci est une autre histoire).

Comme toute demande, elle doit se faire par actions discontinues, le regard orienté dans le sens du déplacement (oui, on sait qu’il a de belles allures, mais non, ce n’est pas le moment de les regarder),  et l’assiette agissant avec une action impulsive et latérale, pour maintenir l’équilibre.

Pour éviter de perdre le bénéfice obtenu, sur quelques foulées (« demander souvent, se contenter de peu et récompenser beaucoup » est toujours à l’ordre du jour !), ne pas hésiter à refaire un cercle en fin de demande pour éviter que le cheval ne se sauve.

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Comprendre l’EED


Attention, soyons vigilants…

Pour que l’exercice soit correct, attention à :

  • conserver le côté extérieur (épaule et hanche) au risque de voir l’incurvation se dégrader. La jambe externe et la rêne régulatrice ne jouent alors plus leur rôle.
  • ne pas demander une trop grande inclinaison, ce qui serait préjudiciable pour un cheval novice
  • conserver la cadence souhaité : en cas de précipitation, faire un demi-arrêt ou repartir immédiatement sur un cercle.

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Un dernier pour la route… Ah, si les juges de dressage étaient plus funky aussi…

Comme toujours, cet exercice ne doit pas être une finalité en soi à votre séance, au risque de lasser le cheval et de le blaser à la demande, mais un ingrédient en plus à votre boîte à outils qui permettra à terme d’avoir une Trottinette plus légère, plus malléable, plus disponible dans son corps, et donc plus à même de répondre correctement à nos sollicitations d’équitation classique : un équilibre sur l’arrière-main, une nuque le point le plus haut, et un cheval léger qui se tient dans un équilibre qui n’est pas horizontal.

« Les trotteurs, je suis tombée dedans quand j’étais toute petite… »

Quoi qu’on en dise, nos chères Trottinettes sont toutes issues du monde des courses. La frontière entre nos deux mondes est palpable : bien peu de cavaliers connaissent le quotidien et les réalités de l’élevage et de l’entraînement des trotteurs. Conséquence de cette distance : trop de stéréotypes ou d’images faussées. 

Notre ambassadrice Apolline a eu la chance de grandir au sein de l’élevage de trotteurs de son grand-père. Elle nous emmène dans son enfance, et nous explique où et comment sa passion des trotteurs a pris racine, faisant un premier pont entre nos trotteurs de selle et ceux nés pour la course, qui sont pourtant les mêmes…


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Sorelina à la naissance…

« Pour parler de l’élevage de mon grand-père, il faut déjà évoquer un peu le contexte. Depuis sa jeunesse mon grand-père a toujours été passionné par les trotteurs et a toujours rêvé d’avoir son propre élevage. Habitant sur Paris, il a rejoint une écurie qui entraînait ses chevaux à Vincennes. Mon grand-père étant trop grand et lourd pour monter, il faisait uniquement du trot attelé. Il garde des souvenirs magnifiques de cette époque.

Mon grand-père a ensuite eu l’opportunité de finir sa carrière professionnelle relativement jeune et de partir avec ma grand-mère en Normandie. La maison qu’ils ont achetée possède 2 grands box, plus un très grand box pour la mise bas. L’idée de se lancer dans l’élevage allait enfin se concrétiser !

Dans un premier temps, mon grand-père est devenu copropriétaire de plusieurs TF.

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Indices de performance de Dick Gitan

Deux, en particulier, ont eu de belles carrières avec de beaux gains à la clé. Il s’agit de Dick Gitan et d’Uriel des baux. Puis la possibilité de se lancer était enfin arrivée. D’abord une poulinière, puis deux, pleines d’une année sur l’autre. Mon grand-père les gardaient à la maison le temps que le débourrage arrive, au pré la journée et au box la nuit. Parmi toutes ces naissances, l’un a vraiment mieux réussi que les autres, il s’agit de Kendor.

D’aussi petite que je me souvienne, j’ai toujours connu mon grand-père avec des chevaux. Moi et les trotteurs c’est un peu comme Obélix et la potion magique : je suis tombée dedans petite ! Je me rappelle des premières sorties des poulains au pré. Il fallait traverser la route et nous faisions barrage pour que les voitures s‘arrêtent et que les poulains suivent bien leur mère. Je me rappelle également des premières sorties des poulains après leur sevrage ! C’était sportif de les tenir au bout de la longe, les cabrioles étaient de la partie.

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Pendant les vacances d’été, j’aimais aller chez mes grands-parents m’occuper des chevaux. Mon grand-père faisait la sieste tous les après-midi et moi j’allais curer les box, remplir les auges et mettre le foin. J’adorais m’occuper de ça. Et le soir, on allait récupérer les chevaux au pré pour les rentrer.

De toute ma famille maternelle, je suis la seule qui soit devenue passionnée par les chevaux, et c’est uniquement du fait de mon grand-père. Grâce à lui j’ai appris à découvrir ces animaux extraordinaires, dotés d’une force mais aussi d’une douceur incroyable. J’ai découvert une race particulière de par leur gentillesse et leur générosité.

J’ai commencé l’équitation à proprement dit assez tard, au collège. Petite je suivais exclusivement les stages pendant les vacances scolaires. J’avais la chance d’habiter à 5 minutes du centre équestre. Chance d’autant plus grande que le club avait de nombreux trotteurs. J’ai donc appris à monter essentiellement sur cette race.

J’ai failli récupérer une jument de mon grand-père qui ne s‘était pas qualifiée. Mais l’entraîneur a dit à mon grand-père qu’elle était rétive et difficile et mon grand-père n’a pas voulu prendre la responsabilité qu’il m’arrive quelque chose avec un de ses chevaux. J’ai appris plus tard que la jument était tellement rétive qu’elle a fini… en petite jument de club ! Très déçue par ce refus de mon grand-père, je me suis mise à regarder les chevaux à vendre et bien entendu les TF en particulier. Ils représentent à mes yeux les chevaux idéaux : polyvalents, généreux, gentils et trop souvent sous-estimés.

Un soir en rentrant de cours, mon papa me dit qu’il m’a peut-être trouvé un cheval. Il me montre l’annonce et je tombe sur un petit TF noir, 4 ans, chez une dame fantastique qui l’a récupéré in extremis. Ni une, ni deux j’appelle et le rendez-vous est pris pour un essai. Heureusement que mon papa n’y connait rien en équitation, j’ai passé 30 minutes sur un trotteur avec lequel je n’arrivais pas à trotter puisqu’il galopait à tout va ! Etrange pour un trotteur. Je me suis donc lancée dans l’aventure avec ce petit cheval depuis presque 7 ans et c’est le plus beau choix de ma vie. Un vrai tout terrain, il pratique de tout, et me suit n’importe où, n’importe quand avec toujours autant de pêche et de bonne volonté, un régal au quotidien.

Malheureusement je n’ai jamais eu l’occasion de driver à ce jour. Mais je ne perds pas

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Sorelina plus grande

espoir de le faire un jour !

En revanche, ma cousine côté paternel est lad dans des écuries de courses de galop. J’ai eu plusieurs fois la chance de monter des galopeurs à l’entraînement et de la suivre à sur les hippodromes notamment Auteuil.

Le monde des courses je le connais donc un peu. Entre mon grand-père et ma cousine j’en ai appris beaucoup sur ce milieu. Un milieu très critiqué et qui subit une très mauvaise image. Pour l’avoir vécu de l’intérieur, les chevaux sont traités comme des princes. Vous pouvez facilement imaginer les soins prodigués à des athlètes de haut niveau : footballeurs, basketteurs, coureurs à pied, cyclistes ? Et bien, il est facile de s’imaginer les soins apportés aux chevaux de courses. Ils sont considérés comme tels. L’entraînement est adapté aux besoins de chacun, la durée, le nombre de sorties hebdomadaires, les rations en grains et foin. Les box sont faits tous les jours avant que les chevaux ne soient montés. Les chevaux sortent au marcheur minimum 30 minutes avant le début du travail. Ensuite un autre échauffement monté est réalisé et seulement ensuite le travail commence. Travail qui en lui-même n’est jamais très long.

Avant chaque course les chevaux marchent en main entre 30 minutes et 1 heure selon les besoins de chacun, les chevaux sont préparés avec minutie et les soins post-courses sont très rigoureux : marche de récupération, douche, soins des membres etc. Et des contrôles vétérinaires inopinés sont réalisés pour vérifier l’état du cheval ainsi que la prise de produits illicites.

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La petite bouille d’Apolline, un nom qui décidémment nous dit quelque chose… 

C’est un milieu très surveillé et très respectueux des animaux contrairement aux rumeurs publiques. Alors bien sûr on trouvera toujours l’exemple de l’écurie qui n’est pas aussi respectueuse, comme on trouve des chevaux de sports équestres ou de particuliers pas forcément bien traités. Mais il ne faut pas faire d’un cas, une généralité.

Pour conclure, je dirai qu’une fois qu’on a plongé dans le monde de l’élevage et des courses on n’en sort que par obligation. Mon grand-père vous le dira, il a arrêté à 79 ans et ses yeux brillent encore à l’évocation de ses chevaux.


 

« Dos, le dos, qui a bon dos » – partie 3

En selle : aujourd’hui on saute, pour finir cette série de 3 articles consacrés au travail du dos du cheval !

Retrouvez les deux premiers articles en cliquant ici pour un rappel anatomique et locomoteur, et ici pour une compilation d’exercices à réaliser sur le plat pour muscler le dos de son cheval.

Cet article vous est présenté comme une séance d’obstacles construite de A à Z, dans le but de tonifier et muscler le dos de votre cheval, ou de le gymnastiquer si votre cheval est dans de bonnes conditions sportives. Evidemment, puisqu’il s’agit d’une séance, le choix des exercices est restrictif, et il en existe sûrement plein d’autres ! A vous d’être curieux, ou de décliner des exercices sur la base de ceux proposés. De même, les distances sont données à titre indicatif, « général ». A vous d’adapter en fonction des particularités des foulées de votre cheval si besoin, vous le connaissez mieux que moi ! 😉


Détente sur le plat

Commencez par détendre Trottinette aux trois allures, comme à votre habitude.

Mettez l’accent sur l’incurvation en premier lieu, afin de stimuler l’engagement du postérieur interne et d’échauffer les abdominaux, essentiels dans la chaîne ventrale qui permet le bon fonctionnement du dos. Selon l’avancée dans le travail de votre cheval, demandez au pas, trop et même galop, et n’hésitez pas à aller jusqu’à de la contre-incurvation.

Dans un même temps, multipliez les transitions, montantes et descendantes. Veuillez à garder l’activité dans les transitions descendantes, et à conserver l’équilibre dans les transitions montantes. Aidez-vous de repères visuels : lettres, plots… pour être le plus précis possible. Anticipez toutes vos demandes et allez au bout de votre idée, même si l’application est compliquée. Répétez, demandez peu, récompensez beaucoup. Les transitions vont faire fonctionner le dos du cheval.

Si votre cheval devient souple et malléable après ces exercices, en ligne droite et sur le cercle, il n’est pour moi pas forcément essentiel de venir compliquer la séance avec des déplacements latéraux. Néanmoins selon votre cheval, vous pouvez également inclure des épaules en dedans au pas et au trot, qui aident à obtenir équilibre et engagement du postérieur. Mais si cela risque de compliquer la séance ou fâcher votre cheval, gardez cela pour un autre jour : n’oublions pas que notre but est de travailler le dos sur des barres.


Détente sur les barres

Installez, sur un cercle de 20 m, 4 barres au sol séparées de 2 foulées (environ 9 m). Commencez par la main la plus facile, et exigez des passages dans l’incurvation et la régularité.

IMG_4117Relevez progressivement les barres jusqu’à avoir 4 cavalettis. En fonction du travail de votre cheval, vous pouvez faire l’exercice seulement au trot, ou au galop. Celui-ci n’est pas obligatoire dans le sens où vu l’enchaînement d’exercices demandé dans la séance, le dos est déjà bien détendu et sollicité. Et le galop peut parfois nuire à la concentration, on connait nos Trottinettes…

La réussite de l’exercice dépend de votre capacité d’anticipation et de votre tracé, grâce à votre regard.

Les cavalettis stimulent l’engagement des postérieurs dans la logique du travail commencé sur le plat. Un dispositif en ligne droite permettrait d’arriver au même résultat, mais peut être compliqué pour les chevaux qui ont tendance à s’aplatir.


Enfin, la ligne !

La ligne que je vais vous proposer permet une gymnastique complète de la ligne du dessus de votre cheval.

Les distances proposées sont volontairement courtes puisque le but est de faire travailler 13595734_1353032784724240_2027420737_nle cheval ; ne la réalisez donc pas avec un cheval vert sur les barres, peu habitué aux lignes ou peu mécanisés. On ne travaille d’ailleurs pas le dos de son cheval à l’obstacle tant que les bases ne sont pas saines !

L’entrée se fait au trot, puis :

  • barre au sol
  • 3 m
  • vertical (maximum 50 cm)
  • 5,50 m
  • saut de puces de croisillons (max 50 cm) séparés de 3,50 m
  • 6,50 m
  • oxer (peu large, max 1 m)
  • 10 m
  • vertical (max 1 m)

Le saut de puce permet de rendre les chevaux actifs et attentifs, de leur donner du « geste ». L’oxer qui suit incite à étirer le dos, et le vertical de sortie exige que les chevaux se recompactent directement.

Toute la ligne du dos travaille en flexion-extension.

13530440_1347446345282884_1432505063_nRéalisez quelques passages réguliers, laissez le temps au cheval de s’habituer au dispositif. Une fois celui-ci assimilé, réalisez 1 ou 2 passages plus gros, puis récompensez. La séance est complète !

Pour finir, vous pouvez demander à ce que vos chevaux trottent bas et rond, pour étirer la ligne du dos et qu’elle se relâche. Condition que je rappelle pour que cela soit bénéfique : que vos chevaux, même avec des rênes plus longues, conservent leur régularité et leur équilibre.

Puis, n’oubliez pas les caresses et les carottes : Trottinette a bien travaillé !


Source : Pocket’ Jump, par Michel Robert

« Dos, le dos, qui a bon dos » – partie 2

Le premier article de cette série établissait des rappels anatomiques et locomoteurs sur le dos.

A lire en cliquant ICI.

Pour résumer en quelques mots, il existe 2 grandes chaînes musculaires principales chez le cheval, qui fonctionnent ensemble : la chaîne dorsale (formée par les extenseurs), qui est sollicitée lors du mouvement en avant, notamment le galop et le saut, et la chaîne ventrale (formée par les fléchisseurs), qui joue un rôle fondamental dans le maintien du dos et les mouvements rassemblés, notamment lors de l’engagement des postérieurs. Lorsque ces 2 chaînes de muscles se combinent, on aboutit à l’équilibre : et c’est ce que tout cavalier recherche… d’autant plus chez les trotteurs qui semblent tant en manquer montés (enfin qui ont en réalité un équilibre différent de celui recherché en équitation classique).

Et si le dos est une préoccupation permanente voire quasi-obsessionnelle du cavalier, il ne faut pas oublier que les muscles de la chaîne ventrale sont tout aussi essentiels.


Mais concrètement, comment on les tonifie ?

Pas de révolution dans vos manèges ici, juste du bon sens et un rappel d’exercices simples à la portée de beaucoup d’entre nous… et à la portée de chevaux encore assez verts dans le travail.

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Transition trot-pas sur un cercle avec une légère incurvation à gauche pour aider le cheval à s’équilibrer

Dans la carrière…

  • Toutes les transitions : effectuer des transitions va aider à tonifier le dos de votre cheval, notamment la partie, souvent longue et figée chez le trotteur, qui se trouve juste derrière la selle (charnière lombosacrée). Une seule exigence : lors des transitions descendantes, il faut garder de l’activité par des jambes présentes pour que votre cheval engage ses postérieurs et non qu’il s’avachisse sur les épaules et s’éteigne. Pour cela, effectuez des transitions sur un cercle avec le bout du nez à l’intérieur va aider  le cheval à se redresser à passer la transition de façon  plus équilibrée. A l’inverse, lors des transitions montantes, soutenez un peu vos mains pour avoir la sensation que le cheval se tienne, et parte « vers le haut » et pas seulement « vers l’avant ».
  • L’incurvation : encore et toujours… Pourquoi l’incurvation fait-elle travailler le dos
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    Cheval qui part vers l’avant et vers le haut.

    ? Parce qu’en plus de travailler la souplesse et la flexibilité du rachis, elle favorise l’engagement des postérieurs, qui renforce le travail de la chaine ventrale. Retrouvez l’article sur l’incurvation ICI.

  • Le trot bas et rond : il s’agit d’un exercice pour chevaux un peu plus avancés dans le travail, puisque cela implique qu’ils soient dans un bon équilibre et surtout cadencés, ce qui permet d’évoluer de façon sereine dans une cadence régulière, avec un cheval qui cède sur la main et qui vient chercher le contact même sur des rênes longues. Mais c’est un excellent exercice pour détendre le dos et le faire travailler, et qui rappelle la position naturelle du cheval qui broute (donc on peut conclure que si Trottinette broute, elle se muscle le dos ?). La ligne du dessus se développe musculairement sans tension : le cheval porte de plus en plus facilement son cavalier, il se relâche et gagne en mobilité et en engagement des postérieurs. Seul bémol, pour les trotteurs tout juste réformés, c’est le travail à la longe qui va tout d’abord aider à obtenir cela, car monté, l’exerice est plus exigent et compliqué qu’il n’y parait. Attention : être bas et rond implique d’être en avant afin que le dos soit mobile et que les postérieurs puissent s’engager. Sinon, il n’y a aucun bénéfice.

Et dehors ?

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Incurvation, quand tu nous tiens…

Pour s’aérer les neurones et ceux de nos chevaux, le travail en extérieur peut aussi nous aider à atteindre nos objectifs de musculature. Ainsi, le travail en montée favorise la musculature de la chaîne ventrale, et par conséquent celle du dos.

Evidemment, des exercices plus complexes en dressage, comme l’épaule en dedans, favorisent également la musculature de la ligne du dessus. Mais il n’en est ici pas encore question puisque nous nous mettons dans l’optique d’un cheval en début de travail, ou d’un cheval dont on reprend les bases.

Mais le dos se travaille aussi à l’obstacle ! Le prochain article vous proposera une séance d’obstacles conçue de A à Z avec détente sur barres au sol puis travail sur les barres, toujours dans l’objectif de muscler le dos de votre Trottinette !

Affaire à suivre…

Trotteusement,


 

« Dos, le dos, qui a bon dos » – partie 1

Au menu, nous nous attaquons, sans euphémisme, à la colonne vertébrale du cheval : le dos. Et chez Trottinette, force est de constater qu’il est au coeur des préoccupations (s’il peut l’être plus que pour un cheval de sport !) : les trotteurs sont en effet réputés pour être longs, et fonctionnent souvent « à l’envers », avec un dos qui peut paraitre faible au moment de la réforme.

Elément fondamental s’il en est, puisque du dos résulte la faculté du cheval à porter un cavalier, et c’est ce dos qui conditionne la santé moteur et les bonnes performances sportives de l’animal.

Cette semaine, une analyse biomécanique permettra de (re)faire connaissance avec ce dos omniprésent ainsi que des exercices pour le travailler, en main. Les articles qui suivront mettront en lumière des pistes de travail, sur le plat et à l’obstacle, pour muscler le dos et le faire travailler dans le bon sens.


Eléments d’anatomie (avec un quizz Galop 5 à la fin, ou pas)

Le dos du cheval est composé de trois parties : la colonne thoracique, la colonne lombaire et le sacrum. Il se termine par la charnière lombo-sacrée.

La colonne thoracique comprend 18 vertèbres séparées par des disques intervertébraux fibreux, qui rendent la zone très rigide. Les vertèbres sont surmontées par des processus épineux mesurant jusqu’à 25 cm.

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C’est parfois loin dans nos mémoires… 

La colonne lombaire est quant à elle composée de 6 vertèbres dites lombaires : ce sont les reins. C’est cette partie qui transmet les forces qui vont de l’arrière-main vers l’avant-main.

Le sacrum est un os triangulaire composé de 5 vertèbres qui se soudent avant les 5 ans du cheval. Il relie fortement l’arrière-main au tronc, et l’attache entre le sacrum et la dernière vertèbre lombaire forme l’articulation lombo-sacrée. Celle-ci est une des parties les plus flexibles de la colonne, avec l’encolure et la queue. Elle permet au cheval d’arrondir le dos et de basculer le bassin au galop. Toute gêne impactant cette région entraine une conséquence sur la locomotion du cheval.


Sans muscle, pas de mouvement (mais non le Galop 5 n’est pas si loin, je vous dis !)

Les muscles de la musculature dorsale permettent de soutenir et de stabiliser le dos, tout en participant au transfert du mouvement vers l’avant créé par l’arrière-main.

On les classe en deux catégories :

  • les muscles extenseurs du dos (faisant partie de la chaine de muscles erector
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    Muscles dits dorsaux 

    spinale, mais nous nous concentrons ici sur le dos pour synthétiser et être plus clair), qui sont situés sur le dessus des vertèbres, le long des processus épineux. Parmi eux, on compte le muscle multifide (muscle postural) et le long dorsal (muscle de mouvement). Ils assurent l’extension du dos. Sur un cheval où les muscles du tronc ne sont pas assez développés, le muscle long dorsal est obligé de compenser le muscle multifide, ce qui entraine une rigidité du dos et des raideurs.

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    Muscles abdominaux 

    les muscles fléchisseurs du dos, qui sont les muscles abdominaux. Ils assurent le soutien de l’abdomen, participent à la respiration et maintiennent la colonne vertébrale en permettant la flexion du dos. Ce sont aussi eux qui permettent au cheval de supporter le poids du cavalier : ils doivent donc être correctement développés.

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Comprendre en image et en un clin d’oeil le bon ou le mauvais fonctionnement du dos


Et ce fameux dos, long, si long, des trotteurs alors ? (genre Titanic mais qui nage mieux)

On dit qu’un cheval a un dos long lorsque la distance entre le garrot et le point le plus haut de la croupe est supérieure à un tiers de la longueur totale du cheval. C’est une

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Très beau spécimen d’un trotteur au dos (très) long, presque tri-place (et on imagine que j’ai une bombe, pas bien, je sais, merci, je recommencerai plus).

physionomie courante chez les trotteurs, certes de moins en moins fréquente avec les apports de sang américain, qui rendent le modèle du trotteur plus « sport » et plus proche du gabarit du pur-sang.
Cette longueur a des conséquences sur la locomotion :

  • une plus grande difficulté à se rassembler (couplée chez le trotteur à un équilibre très horizontal si ce n’est sur les épaules)
  • une plus grande difficulté à reporter du poids sur les postérieurs (et la précision précédente accentue la difficulté)
  • une plus grande difficulté à engager les postérieurs pour se propulser (les trotteurs « poussent »)
  • une flexion et une bascule limitée

Conséquence ? Il faut un travail accru des muscles abdominaux pour permettre la montée du dos et du rein.


Préparer les muscles et les renforcer à pied 

Quelques exercices d’étirement et d’assouplissement permettent de préparer les muscles aux efforts que l’on va leur demander par la suite. Ceux présentés ci-dessous sont axés sur le renforcement des muscles dorsaux et abdominaux.

Ces exercices permettent aussi au cavalier de constater les éventuelles raideurs de son cheval, ses points faibles… Mais aussi anticiper une souplesse ou une facilité à mobiliser son corps ! Ils doivent être demandés régulièrement pour être bénéfiques, 4/5 fois par semaine, sur une période longue (3 mois).

  • La carotte entre les antérieurs : la carotte permet d’attirer la tête du cheval vers le bas et vers l’arrière entre les antérieurs. Le cheval doit maintenir l’attitude entre 5 à 10 secondes (à répéter 2 à 3 fois par séance, en allant progressivement plus loin).
    • Stimule les muscles abdominaux : aide à la remontée du dos
    • Améliore la flexibilité du dos
    • Encourage une posture et un soutien correct du dos : renforce les muscles de la ligne du dessus
  • La carotte en bas, sur le côté : en tenant la carotte dans la main du côté de la queue, et en étant au niveau du passage de sangle, on amène la tête du cheval de l’autre côté de notre corps, vers le bas. Tenir 5 à 10 secondes, répéter 2 ou 3 fois de chaque côté, en allant progressivement de plus en plus vers la queue.
    • Renforce les abdominaux
    • Accroit la souplesse et la flexibilité du dos
    • Prépare l’incurvation
  • Le reculer en main : faire reculer le cheval, avec la tête le plus bas possible afin de favoriser la montée du dos (ne pas hésiter à s’aider d’une carotte si le cheval se creuse). Effectuer 2/3 pas pour commencer, pour évoluer vers une dizaine.
    • Favorise la montée et la flexion du dos : les abdominaux se contractent
    • Renforcer les zones permettant au cheval de s’engager et de porter le cavalier : le dos se relâche pour permettre aux postérieurs de s’engager
    • Permet la flexion de la charnière lombo-sacrée, par l’inclinaison du bassin et la contraction des muscles ilio-psoas
  • Tourner en rond en main : le but est d’incurver latéralement tout le corps du cheval en insistant sur l’engagement du postérieur interne. Sur un petit cercle, en étant au niveau du passage de sangle, sollicitez les postérieurs tout en demandant au cheval d’incurver la tête vers le centre.
    • Améliore la souplesse : flexion des vertèbres thoraciques et lombaires
    • Prépare l’incurvation : mobiliser les abdominaux pour permettre l’engagement du postérieur sous la masse
    • Etire les muscles dorsaux du côté extérieurs

Maintenant que les bases sont posées, et que les premières clés de travail sont données pour améliorer la musculature du dos du cheval, nous nous attarderons prochainement sur des exercices concrets pour améliorer la musculature des muscles dorsaux et abdominaux sur le plat ainsi qu’à l’obstacle. A suivre…

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Un autre point de vue sur le dos du cheval… 

Azur d’Argent & Emilie

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  • Nom du couple cavalier/cheval : Azur d’Argent & Emilie
  • Discipline(s) pratiquée(s) : CSO et Dressage
  • Niveau de compétition couru : CSO Amateur 2 et Dressage Club 2
  • Objectifs : S’améliorer en Amateur 2 – Monter en indice. J’aimerais retourner au Haras de Jardy pour les Championnats Amateur par équipe, que j’ai eu la chance de faire en 2018 avec la team JTDJS. Ensuite, améliorer aussi mon travail sur le plat, réaliser des exercices plus techniques.
  • Pourquoi un TF ? Au début, comme beaucoup, j’avais quelques a prioris sur les Trotteurs Français. Mais lorsque j’ai vu l’annonce pour Azur j’ai su que c’était lui et pas un autre. J’ai fait 5 heures de voiture pour aller l’essayer, dans un champ, en pente, surtout au pas, avec un peu de trot. Ça a tout de suite été un coup de coeur. J’ai senti dès le début son grand coeur, et je me suis accrochée au rêve que l’on progresse tous les deux.
  • Les principales qualités d’Azur : Azur a un coeur immense. En CSO, certains disent, et je suis d’accord, qu’il a des yeux sous les sabots. Il est toujours à l’écoute de son cavalier. Quand je ne vais pas bien il le sent, et est tout calme. C’est devenu un réel maitre d’école. Il s’applique dans tout ce qu’il fait pour nous faire plaisir. En dressage, il écoute bien les aides, il est léger dans la bouche. J’ai eu la chance de ne le monter qu’avec des embouchures très simples. Il est mon confident de tous les jours, mon partenaire.
  • Un dicton favori qui s’applique à ton travail équestre avec ton TF :  » Votre cheval vous ressemble comme votre reflet dans un miroir «  – John Lyons. Les trotteurs sont des chevaux très sensibles, et aussi prêts à tout pour un cavalier qui prendra le temps.
  • Sur les réseaux sociaux : Azur d’Argent (Facebook) / @emilie_azurdargent (Instagram)

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Le St Graal du mors : partie 2/2

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Mon Martial, paré à aller se promener en Baucher (ou à faire la sieste)… 

C’est parti pour la deuxième partie de l’article sur les mors, qui retrace, de façon non exhaustive je le rappelle, les différentes embouchures couramment utilisées, ou en tout cas qui ont été citées dans le sondage de notre page Facebook (le but est d’être au plus près de vos pratiques équestres).

Continuons donc, avec les mors avec une action plus complexe que les mors simples précédemment évoqués, mais aussi les embouchures sans mors !


Le Baucher, mors avec effet de ramener

Du nom de l’écuyer du 19ème siècle François Baucher, il permet de tenir des chevaux

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Mors Baucher double brisure

allants. Il agit avec un léger effet de ramener et de fermeture de l’angle tête encolure : il aide à la mise en main. Il n’est pas conseillé pour les chevaux ayant tendance à s’encapuchonner. Il reste bien en place sans pointer dans le palais et encadre latéralement. Pour les jeunes chevaux, il faut l’utiliser ponctuellement afin de permettre la tension et le mouvement en avant. Il est à prioriser sur les chevaux d’âge, notamment en dressage. Il est en effet un peu dur et le cheval a plus tendance à passer derrière les jambes, en perdant la tension du dos.


Le releveur, ou filet polo, ou gag

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Mors releveur à canon droit

On dit souvent qu’il ne relève que le moral du cavalier … Les rênes peuvent être montées à différents endroits : sur les anneaux du mors (action douce, identique à celle avec un filet simple), avec des alliances (action plus forte avec élévation de la nuque) ou directement sur le montant du releveur (action dure). Par son action, le cheval relève son avant-main et reporte du poids sur l’arrière. Le cheval doit avoir un bon dos pour pouvoir effectuer cette bascule en restant tendu. En agissant directement sur le releveur, le cavalier sur la nuque (les montants se raccourcissent) et sur la commissure des lèvres : il faut donc savoir relâcher la pression. L’idéal est de le monter en 4 rênes. Il faut le manipuler avec précaution ; d’ordre éducatif, il est à réserver aux chevaux de sport qu’il faut tenir assez hauts.


Le Pessoa

Très utilisé en CSO, il vient du cavalier Nelson Pessoa. Il oblige le cheval à un soutien 

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Pessoa à 4 anneaux

important de l’avant-main. Lors de l’action de main, le mors remonte dans la commissure des lèvres et s’appuie simultanément sur la langue. Il équilibre sur les hanches et le cheval se soutient. Il est idéal pour les chevaux qui tirent vers le bas et qui ont du poids sur leur avant-main. Mais les chevaux insuffisamment tendus vont creuser le dos et travailler à l’envers. Il faut donc avoir une certaine autonomie dans le travail du cheval et dans l’utilisation de sa main ! Le Pessoa est réglable (3 ou 4 anneaux) et plus les rênes sont fixées basses, plus l’action est dure. Des alliances peuvent venir en atténuer l’action.


Le mors à passants internes

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Mors à passants internes

Les passants internes permettent l’utilisation du mors de multiples façons. En fonction des réglages, le mors pourra avoir un effet releveur (comme le Pessoa, mais avec une action plus douce) ou abaisseur similaire à celui d’un mors Baucher.

 

 


Le mors à boules, ou waterford

C’est un mors très dur malgré sa souplesse apparente. Il a un effet décontractant et

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Waterford

interdit l’appui sur le mors. Le contact peut être rendu fuyant et problématique, et la mise sur la main est plus compliquée. A essayer encadré par des professionnels.


Le Pelham ou mors centaure

Il aurait été inventé par un lord anglais comme alternative à la bride. Il facilite l’appui à certains chevaux déjà sur les épaules. L’effet de levier agit sur les barres, la commissure et le maxillaire inférieur au niveau de la gourmette. Il provoque une fermeture de l’angle tête encolure et une verticalisation du

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Pelham

chanfrein. Il permet de contrôler des chevaux chauds ou avec un placer assez haut, en conservant la soumission. Le Pelham a tendance à durcir la bouche et les chevaux sur les épaules tirent encore plus vers le bas, accentuant le défaut. Ce mors peut apprendre à tirer pour les cavaliers qui ont tendance à rester accrochés aux rênes. Il peut être monté en 2 ou 4 rênes. Il est pratique mais contraignant. Pour les trotteurs qui ont tendance à être déjà sur les épaules, mieux vaut opter pour un pessoa ou un releveur.

 


Le Goyoaga, ou mors espagnol

Il permet de terminer en douceur le dressage des jeunes chevaux. L’effet de levier oblige

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Goyoaga (ici sans la gourmette)

les chevaux au ramener et au soutien mais avec peu de contact. Cet effet est limité car les bras de levier sont relativement courts. Il permet aussi de contrôler des chevaux un peu chauds, mais nécessite un cavalier ayant une main stable et peu de forces. Il est adapté à des chevaux habitués à céder dans leur nuque et à se soutenir sans tirer. Pour un mors à gourmette, il est relativement doux. En revanche, mal utilisé, il peut durcir la bouche et faire rentrer le couple dans un schéma de tension permanente.


Le mors coup de poing

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Mors coup de poing

C’est essentiellement un mors d’attelage. Le contact est fort et symétrique. Il agit de la même manière qu’un Pelham avec alliances. Il permet de contrôler le cheval tout en conservant la sensibilié de la bouche.


Le mors Myler combiné niveau 1

Le mors combiné 2 anneaux Niveau 1 est un mors (lanière de nez en cuir brut) avec branches 2 anneaux en acier inox et embouchure incurvée en acier doux et incrustations de cuivre qui facilitent la salivation avec large barillet qui procure une action relaxante.

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Mors Mlyer combiné niveau 1

A noter également la totale indépendance de mouvement des deux branches qui permet de dissocier les aides suivant le côté. Les mors Myler Bits reposent sur un concept qui soulage la langue et qui permet au cheval d’avaler facilitant ainsi sa relaxation.


L’anti passe-langue

L’anti passe-langue se fixe dans la bouche en ajoutant un

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Anti passe-langue

montant supplémentaire. Ils permettent d’utiliser un cheval qui a ce défaut, mais ne contribuent pas à régler le problème. C’est une solution coercitive plutôt qu’éducative.

 


Le hackamore, proche du Hackenson et du Bosal

Il n’agit que lorsque le cavalier vient au contact, mais il n’est pas doux pour autant !

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Hackamore

Il agit sur l’auge du chanfrein et celui de l’auge, et les bras de levier sur le haut de la bouche. Il peut être dangereux entre des mains inexpérimentés : cavaliers tentés par le sans mors, essayer d’abord d’autres types d’enasures ! Il permet de monter des chevaux compliqués ou qui n’acceptent plus le mors.


Side pull et bitless

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Mon Martial en bitless, également positionnable en side pull

Ce sont 2 enasures facilement utilisables lorsque l’on est tenté par la monte sans mors. En effet, leur action rejoint celle d’un mors, et l’équitation du cavalier est sensiblement la même que dans la monte avec mors. Son éducation est rapide ! Le side pull permet un contact symétrique sur le chanfrein, tandis que le bitless, par l’action des rênes croisées, permet le contact sur toute la tête. Quand on agit sur la rêne droite, c’est le côté gauche qui se tend et pousse la tête du cheval. Certaines marques offrent des side pull 2 en un, permettant de passer de l’un à l’autre.


Le licol éthologique

Concernant ce licol, ce n’est pas pour moi un outil à utiliser sur un coup de tête, parce qu’on veut enlever le mors ! Mieux vaut à mon sens un mors bien utilisé qu’un licol éthologique mal utilisé. Règle de base : ce n’est pas un outil d’attache. Il est constitué de

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Licol éthologique

nœuds qui sont autant de points de pression sur la tête du cheval. Le cavalier doit donc avoir en tête la conception du licol, mais également la conséquence de ses actions de main afin de l’utiliser à bon escient. La réussite provient de l’application de la règle confort/inconfort : le cavalier doit céder lorsque le cheval répond favorablement. Dans notre équitation traditionnelle, nous ne sommes pas forcément éduqués à cela, puisque recherchant un contact certes doux et léger, mais permanent. A utiliser avec rigueur, et favoriser le side pull pour découvrir le sans mors.


 

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On peut aussi tout enlever si on veut… 

 

Le Saint Graal du mors : partie 1/2

La quête du mors, St Graal du cavalier. Quel mors ? Pour quel cheval ? A quel moment de sa vie ? Que ceux qui ne veulent pas entendre parler du mors me pardonnent : mais il faut se rendre à l’évidence, beaucoup de chevaux et de cavaliers passent (et restent) au cours de leur vie par du travail embouché. Quitte à constater, autant donner les bons codes, les bons repères, pour que les cavaliers s’orientent en connaissance de cause, et pas sous le joug d’une mode quelconque, et en aucun cas avec l’excuse de l’ignorance.

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Baltus de Lubel en Baucher

Cet article est bien sûr non exhaustif, et se base sur des témoignages de cavaliers de trotteurs ; il dresse néanmoins un panorama relativement complet des embouchures de base, ou courantes. Que les sans mors se rassurent : on en parlera aussi !

Mais avant tout, petit rappel. Le mors n’est rien sans la main du cavalier. Une main dure ou inexpérimentée rend un mors simple agressif et insupportable. Une main douce et expérimentée permet l’utilisation de mors plus sévères à leur juste valeur, sans créer de stress physique au cheval. Que l’on n’oublie pas les vieux proverbes : « les éperons sont des lames de rasoir dans les mains d’un singe » … Que l’on peut aisément transposer au monde des embouchures !Le bon mors dépend aussi de la connaissance que vous avez de votre équitation, de

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Toujours Baltus de Lubel, en mors à aiguilles.

la qualité de votre contact … et de vos défauts. On s’oriente en pensant cheval certes, mais aussi en réfléchissant à ce qu’on est capable de faire avec un outil dans les mains. Personnellement, vous me mettez sur un poste à souder, je serai bien emm***** … Trouver son mors, c’est de nombreux essais, mais c’est surtout ne pas hésiter à faire évoluer l’embouchure au fur et à mesure du dressage du cheval.

Ayez néanmoins en tête cette ligne de conduite : essayez toujours avec le mors le plus simple, le plus doux, pour ne le durcir qu’en cas de problème qui devient récurrent. Une

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Baltus de Lubel, encore, en mors à olives.

ou deux mauvaises séances ne doivent pas forcément impliquer de changer son mors ! Et même si vous utilisez des mors plus durs, essayez toujours, à la maison, régulièrement, de travailler simplement, pour que l’embouchure sévère, comme l’enrênement, ne soit qu’une aide ponctuelle. Un mors dur ne dressera pas le cheval, mais il peut contribuer à l’éduquer. Il n’y a cependant que le dressage qui résolve tous les problèmes.

En selle donc, avec un contact aussi doux que si vous teniez un enfant par la main…Le mors seul ne vous donnera pas une équitation juste.


La taille du canon

Choisir la taille du canon permet de jouer sur l’action du mors, au sein d’un même type de mors. Il est d’usage de dire qu’un gros canon est plus doux qu’un canon fin. Tout est une question de mesure : un gros canon pour un cheval avec une fine bouche sera plus néfaste pour lui qu’un mors plus fin, plus adapté. Regardez, comparez, écoutez votre cheval. Il n’y a pas de notice …


Simple ou double brisure ?

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Mors double brisure

Le choix est cornélien ; le double brisure est à la mode. Concrètement, si on se base sur des données physiques, le double brisure s’adapte mieux à la morphologie de la bouche du cheval et respecte le palais. En effet, il est complément symétrique ! Au contraire, le simple brisure, puisqu’il ne connaît qu’une pliure, a un côté légèrement plus long que l’autre. La conséquence ? S’il est toujours dans le même sens dans la bouche du cheval, celle-ci finit par devenir dissymétrique. Il faut donc veiller à retourner régulièrement pour redonner de la symétrie à la bouche. Egalement, le simple brisure, lorsqu’il y a tension sur les rênes, a tendance à se pointer dans le palais, sensation désagréable. Mais, cavaliers utilisant des simples brisures, cela ne fait pas de vous des tortionnaires : tout dépend de votre main !


Les matériaux des mors

Les mors sont principalement en fer, en acier ou en maillechort (très bon pour la salivation). Mais certains autres matériaux sont utilisés :

– le cuivre, que je ne préconise pas, puisque c’est un métal mou qui se déforme vite et qui

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Mors à olives en cuivre

peut devenir blessant

– le caoutchouc : réputé plus doux pour la bouche, il doit être parfaitement entretenu, afin que il ne soit pas désagréable et que le cheval n’ingère pas de caoutchouc

– le cuir : le contact est particulièrement doux et ils sont plus solides que les mors en caoutchouc ; entre les deux, c’est ceux là qu’il faut privilégier, mais le coût est plus élévé

– la résine : c’est un intermédiaire entre acier et caoutchouc ; il faut veiller à son entretien mais elle peut être limée lorsqu’elle devient coupante

– le cyprium : c’est un alliage avec 86 % de cuivre, 8 % d’aluminium et 3 % de fer. Il favorise la décontraction.

– l’aurigan : nouvellement à la mode, il facilite la salivation.

Privilégier des mors avec une bonne qualité de matériau, même avec des basiques comme le fer, afin qu’il n’y ait pas de toxine qui soient avalées en même temps que la salive, venant s’accumuler dans les reins et finissant par affecter la santé du cheval.


L’abécédaire des mors peut maintenant commencer sur ses bonnes bases ! Je vous renvoie également à l’article sur la bouche du cheval afin de se rappeler précisément où se pose le mors et comment il agit : par ici.

Le mors droit

mors-droit-caoutchouc-flexiIl permet un contact symétrique et c’est pourquoi il est souvent utilisé au moment du débourrage. Il donne confiance dans la main et favorise la tension et la prise de contact avec le mors. Il manque rapidement de souplesse et de décontraction pour commencer un travail plus fin.

A l’origine, il servait à emmener les chevaux à l’abreuvoir et empêchait qu’ils ne boivent trop vite.

Les mors simples, à anneaux libres

Les variantes de ces mors résident dans la forme des canons. Un gros canon favorise le mors-2-anneaux-cyprium-feelingcontact et l’appui franc. Un canon fin permet de mieux encadrer un cheval qui tire. Le fait d’avoir des anneaux libres a une propriété plus décontractante et évite que les chevaux se figent et « prennent » un côté du mors. C’est le premier mors à utiliser et c’est vers celui-ci qu’il faudrait idéalement tendre !

Le mors à olives, dit Chantilly à olives

mors-olive-canons-fins-feelingIdéal pour les jeunes chevaux, il favorise le contact avec la main. L’action directe permet la tension de la ligne du dessus et le soutien de l’avant main ainsi que l’angle tête encolure. Les olives encadrent plus le mors, ce qui en fait un bon mors pour le travail en longe. Des variantes avec des olives très grandes existent. C’est aussi un bon premier mors, tant pour le cheval que pour le cavalier !

Le filet à aiguilles, appelé aussi filet à barrettes

Le contact est le même qu’avec le chantilly à olives. L’effet particulier réside dans la mors-aiguilles-a-olives-inox-satin-feelinggrande surface de contact des aiguilles avec les joues du cheval, ce qui encadre l’action de tourner. Pour l’apprentissage des jeunes chevaux et la longe il est idéal. Quand on agit avec une rêne d’ouverture droite par exemple, c’est le côté gauche qui va venir et qui va pousser la tête.

Le Verdun

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Mors Verdun, marque Sprenger en aurigan

Ce mors permet d’avoir l’appui tout en contrôlant des chevaux qui tirent : il convient aux chevaux qui ont besoin de s’étirer tout en étant contrôlés (très utilisé en courses). Il permet aussi un certain encadrement latéral, mais peut manquer de précision et de stabilité dans la bouche.

Le mors 4 anneaux, dit filet scourrier (on n’en sait jamais trop !)

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Il permet un contact plus franc et est plus stable en bouche qu’un mors de filet simple àanneaux libres (l’effet de pointe dans le palais est amoindri). Il encadre mieux tout en étant décontractant et permet lui aussi la tension de la ligne du dessus. Il peut devenir très dur si la main se contracte.

Le Golden Wings 4 en 1

pdtimg_2887561bLes mors Golden Wings combinent les avantages des filets 2 anneaux et des filets à olives latérales. Les disques latéraux offrent une sécurité maximale au cheval, avec une action directive douce. Le cheval prend plus volontiers contact avec la main, notamment avec la rêne extérieure. 4 attaches de rênes différentes sont possibles.

 


Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l’article : mors à actions plus complexes, mors à gourmettes … et sans mors !

 

 

Le gène du trot : mythe ou réalité ?

Quel que soit son passé, si Trottinette est dorénavant en train de sauter des crayons de couleur, ou d’essayer de marche en crabe, une chose est sûre : son destin de cheval de course est derrière lui !

Deux solutions : soit Trottinette a fait sa carrière sur les hippodromes, dont elle est maintenant retraitée, soit elle n’a pas obtenu le fameux sésame des qualifications. En France, en 2016, plus de 11 000 poulains sont nés et ont été inscrits dans le stud-book du Trotteur Français. Moins de 5 000 ont été qualifiés (source : Le Trot). Et ces chiffres ne sont pas exceptionnels : c’est ainsi chaque année. Ainsi, environ seulement 4 000 produits se qualifient par génération, sur un cheptel de près de 12 000 poulains (source : Haras Nationaux).

A part constater après coup que les poulains étaient de bons trotteurs ou non, et en ayant hypothétisé lors du croisement sur les performances et la génétique des parents, il était auparavant difficile d’être sûr de son poulain à 100 %. Tout change aujourd’hui : il apparait que la génomique peut permettre de connaitre précisément la capacité de son cheval à trotter.

Ainsi, un test génétique permet d’identifier la présence d’une mutation génétique qui va déterminer l’aptitude des chevaux à bien contrôler leurs mouvements latéraux. Ce test analyse le gène DMRT3, qui peut se retrouver modifié par le gène variant A. Celui-ci coordonne le mouvement du trot et surtout inhibe le passage au galop. Un cheval portant le gène A a donc du mal à galoper.

3 groupes de chevaux peuvent ainsi être constitués : les AA, les CA et les CC.

Les chevaux AA sont porteurs de la mutation. On ne retrouvera aucun AA parmi les pur-sang ou les chevaux de sport : la mutation ne concerne que les trotteurs. Avec différents degrés ; ainsi, elle concerne 100 % des trotteurs américains (Standarbred) mais seulement 75 % des trotteurs français. Si nous traversons l’Atlantique, nous ne pourrions donc pas espérer récupérer de trotteurs réformés, si on en suit cette logique génétique. Les chevaux AA ont une facilité naturelle à trotter,  semblent plus précoces, et se qualifient également plus vite. Les trotteurs AA réformés, lorsque cela se produit, et si l’on se base sur la génétique, n’ont aucune possibilité d’apprendre le galop. La reconversion devra donc exclure le galop, pour le coup contre-nature pour ces chevaux.

Les chevaux CA connaissant une mutation du gène partielle. Ils sont plus compliqués à faire trotter jeunes, mais auraient une grande marge de progression et ils atteignent leur maturité à 5 ans. Il est intéressant de constater qu’en Scandinavie, les chiffres sont sans appel. Les trotteurs CA n’ont pas leur place sur les hippodromes. En France, l’accès leur est autorisé, dans la mesure où nous considérons que si le gène A est une condition sine qua none à la réussite, d’autres facteurs, génétiques ou liés à l’environnement (santé, élevage, entrainement, etc.) conditionnent le poulain pour qu’il puisse exprimer sa capacité. Les trotteurs CA réformés doivent connaitre un gros travail de reconversion, mais le galop peut leur être appris et ils peuvent évoluer. Néanmoins, la tâche n’est pas si aisée.

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Oh, le beau CC que voilà … 

Enfin, les trotteurs CC font le malheur des éleveurs de TF … puisque les CC n’ont aucune aptitude naturelle au trot, ils doivent être mécanisés et n’ont finalement pas leur place dans le système des courses. Ils ne peuvent pas non plus transmettre l’aptitude en cas de reproduction. Dans nos carrières, un trotteur CC fait en revanche notre bonheur …!

Ce test, qui coûte 300 euros, permet donc d’orienter les croisements entre juments et étalons approuvés TF, afin de supprimer les naissances de CC, et de favoriser celles de AA. S’il est une bonne nouvelle pour les éleveurs, qui vont pouvoir rationaliser les naissances (et je n’exprime pas ici un point de vue personnel, puisque je considère que l’élevage doit avoir sa part de magie, non contrôlée, mais nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours), ce test, s’il est utilisé de façon systématique, va donc limiter à long terme les chevaux réformés pour cause d’aptitude au trot … Nos trotteurs français de réforme, des perles rares en voie de disparition ?

Cet article a un but essentiellement pédagogique, afin de comprendre, avec des éléments scientifiques, d’où vient l’aptitude au trot … ou au galop pour certains trotteurs ! Je laisse le soin à chacun de se faire une opinion sur la question du contrôle des naissances, du phénotypage, et de l’analyse économique qui en suit. Là n’est pas ma place !

A titre informatif, voici le tableau qui résume les croisements possibles :

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Source : Equibiogènes

Trotteusement,

Savoir mettre pied à terre.

Vaste sujet que celui dans lequel je m’embarque aujourd’hui. Le travail à pied. Indissociable d’une relation au cheval, le travail à pied fait partie intégrante de l’homme et de la femme de cheval. Mais il est souvent cantonné à un rôle mineur, ou très limité dans le temps. Quelques séances au débourrage, avant d’accéder au Saint Graal, le pied à l’étrier et les fesses dans la selle. Puis quelques autres, en longe. Souvent parce que la licorne est blessée, « et qu’il faut bien travailler ». Certes, mais le travail à pied, c’est aussi l’occasion de regarder son cheval les deux pieds sur terre. D’ouvrir une porte sur la relation, la communication plus fine. Sortir de l’équitation pour penser cheval.

Les méthodes dites éthologiques se multiplient, les formations, les accessoires aussi. Pêle-mêle marketing qui promet aux propriétaires de devenir l’amis de leurs chevaux parce qu’ils lui retireront le mors. Raccourci peu convaincant, mais derrière le phénomène de mode, le travail à pied remet l’homme à sa place de piéton, mais permet d’aller au-delà.

N’ayant pas eu l’occasion, ni les finances il faut l’avouer, pour me former à ce type de travail aux côtés de professionnels, je ne me sentais pas les épaules pour prendre la parole sur un tel sujet. Pourtant, il m’intéresse particulièrement, et j’ai travaillé beaucoup à pied mon premier cheval, transformant ainsi la relation et l’écoute qu’il a du bipède. Les jeux de Parelli, puis montés, le sans mors, même à l’obstacle (dont une épreuve hunter !) … et quelques pas de cordelettes. Mais tout cela s’est fait grâce à des lectures, par des tâtonnements.

C’est donc tout naturellement que j’ai choisi de laisser la parole à 3 cavalières passionnées, et de trotteurs, et d’une autre façon de penser l’équitation. Elles se sont toutes les trois prêtées au jeu de questions que je leur ai envoyés. Ce ne sont pas des paroles d’évangile, juste des expériences, des témoignages … de cavalières qui montrent par leurs réalisations la justesse de leur communication avec les chevaux. Interview croisée.

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Anne-Sophie est la gérante de l’écurie de réforme située dans le Sud de la France (près de Toulouse) Trotteurs de Réforme ; vous pouvez accéder à son site web en cliquant ici.

 

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Méline et Casting

Méline est belge, et évolue aux côtés de Casting du Large … Pour suivre leurs aventures, c’est ici. Ils sortent juste en compétition en cordelettes … Entre autres. Mais le plus impressionnant est ce qui les unit. Quelques mots pour mieux les connaître :

J’ai acheté Casting il y a trois ans. Il était reformé des courses et avait été mit à l’obstacle par ses propriétaires, mais cela ne s’est pas bien passé. Je l’ai donc acheté. Ne sachant pas comment m’y prendre, j’ai décidé de partir faire des stages d’équitation « éthologique » au haras de la cense à Paris, pour ensuite faire des stages avec Andy Booth. Grâce à cela, Casting et moi avons appris à nous connaitre et à créer une relation basée sur la confiance. Il y a eu beaucoup de hauts mais aussi beaucoup de bas. Casting a changé ma vie car il m’a fait me remettre en question, m’a appris à être patiente et m’a surtout m’a appris à comprendre les chevaux. Certains diront qu’il est improbable et insensé de porter de si gros sentiments envers un animal, mais il est toute ma vie. Grâce à lui , je peux vous confirmer que les trotteurs sont des chevaux au grand cœur, capable de faire de magnifiques choses, car ils ont cette volonté que d’autres n’ont pas. Casting a déjà a déjà participé à quelques spectacles. Mais aussi concours de gymkana où il excelle et gagne. Ainsi que deux concours de dressage en cordelette, ou il m’a emmené une fois sur le podium.

Grâce à lui, En Septembre prochain, j’intégrerai l’école de Firfol en Normandie pour devenir chuchoteur.

Enfin, Caroline et Steevland (réformé de l’association Sauve Qui Peut) se promènent

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Caroline et Steevland

parfois en totale liberté ensemble … Et ils font aussi du CSO en cordelette. Mais c’est Caroline qui parle le mieux de son cheval :

C’est un réformé des courses, ça fait plus de 5 ans qu’on est ensemble. Il a fallu tout reprendre de 0 quand je l’ai eu : très craintif, sur l’œil, le moindre bruit ou changement le stressait. Je ne connaissais pas l’éthologie, c’est mon directeur d’écurie qui me l’a proposée et enseignée. J’ai tout de suite adhéré ! Grâce à lui j’ai pu apprendre toutes les bases de l’éthologie et du travail à pied. C’était nécessaire avec Steevland : une reprise à 0 du boulot. Presque 6 mois à bosser à pied avant de monter dessus la première fois… et ce en licol. Travail long et encore aujourd’hui, super important. L’éthologie est à ne pas prendre à la légère, et c’est un réel boulot qui demande beaucoup de réflexion et de temps.
Je ne monte qu’une fois voire deux par semaine, donc le travail à pied est réellement nécessaire pour moi, pour nous. Et pourtant, malgré le peu de temps passé à cheval, nous arrivons à sortir en balade en cordelette et une fois en liberté totale… des concours en cordelette, CSO ou dressage… C’est là qu’on peut dire que l’équitation n’est pas que se poser sur sa selle et attendre que ca se passe !

Toutes les 3 ont en commun un tact équestre fin ; je leur laisse la place avec le question/réponses !


1) Le travail à pied … C’est quoi ?

Anne-Sophie (TdR) : 

La première chose à dire sur l’éducation dite « éthologique » est que ce n’est pas une discipline. On ne peut pas faire « saut » le lundi, « dressage » le mardi et « étho » le mercredi. L’éthologie, et donc la méthode Parelli, est un mode d’éducation complet quelque soit la discipline que l’on souhaite exercer (dressage, CSO, endurance) et cela ne s’adresse pas qu’aux cavaliers qui veulent monter sans mors, loin de là.

Donc ce n’est pas une heure d’éthologie le mercredi qui va faire une quelconque différence dans notre relation avec le cheval.

C’est carrément un mode de vie, dès que l’on met un pied dans le pré jusqu’au moment où nous quittons notre cheval, nous sommes « en plein dans le vif du sujet». C’est un travail de tous les instants.

La méthode Parelli regroupe des exercices permettant d’établir une communication avec le cheval. L’objectif est d’instaurer confiance et respect pour obtenir une relation homme/cheval harmonieuse et sûre. Fini le cheval qui tire sur la longe pour brouter, qui bouscule, qui saute partout en longe et/ou monté…

Une bonne partie de ce que je vais écrire m’a été transmis par Valérie Schweitzer (www.juste-avec-mon-cheval.com ) qui accompagne des cavaliers souvent en difficulté avec leur cheval (car ils n’ont plus confiance en lui, ou que le cheval est « compliqué »).

Le but est donc de faire comprendre au cheval que tout ce qui peut se passer autour de lui ne le concerne pas, en le désensibilisant. Le sac plastique qui s’envole ne doit pas provoquer un demi tour, le promeneur avec son parapluie non plus. En parallèle il faut sensibiliser le cheval à nos demandes pour qu’il soit toujours connecté à nous, disponible, sans pour autant le « robotiser » (pour ne pas qu’il fasse des choses machinalement sans réfléchir).

Les jeux Parelli se basent sur le langage des chevaux : le langage corporel.

C’est une méthode qui s’adresse donc à tous les chevaux mais à appliquer différemment en fonction de la personnalité propre du cheval.

Elle repose essentiellement sur la gestion de notre énergie. Si l’humain est stressé, agacé, anxieux, le cheval le sera aussi. Si au contraire l’humain est serein, calme, le cheval le sera aussi. Si on effectue des gestes trop brusques, les réactions du cheval seront proportionnelles chez les chevaux les plus sensibles.

Comme leur nom l’indique, les jeux Parelli doivent être amusants tant pour le cheval que pour son humain. A nous humains de les rendre sympathiques et d’amuser nos chevaux.

Le jeu devra également être la clé de voute de la partie montée. Tout doit être ludique, amusant, pour que nos partenaires équins soient des partenaires impliqués et heureux de l’être et pas des chevaux soumis par la domination.

Légende : Comète, jument très émotive, hypersensible, qui ne se laissait pas attraper au paddock, tirait au renard, avait peur d’être touchée. Désensibilisation au stick stick et jeu de l’amitié obligatoires pour amorcer un quelconque échange… Et à droite, Comète quelques  jours plus tard.

Les sept jeux Parelli:

  • Le jeu de l’amitié

Obtenir la confiance du cheval

  • Le jeu du porc-épic

Supprimer le réflexe d’opposition du cheval en obtenant qu’il cède à chaque pression sur son corps (avec le licol, les doigts, les jambes) utile pour avoir un cheval léger en main et monté ou même pour l’embarquement dans le van.

  • Le jeu de la conduite

Obtenir que le cheval cède sans contact physique, simplement par des suggestions.

  • Le jeu du yo-yo

Faire avancer et reculer le cheval à distance.

  • Le jeu du cercle

Avoir un cheval responsable qui tiendra : la direction et l’allure demandées sans prendre d’initiatives. Il ne s’agit pas de tourner pendant 20 minutes en longe, il s’agit de ne pas laisser le cheval s’ennuyer en lui demandant beaucoup de choses différentes. Des transitions montantes, descendantes, des variations d’allure, de tracer…

  • Le jeu du déplacement latéral
  • Le jeu du passage étroit

Aider le cheval à être moins claustrophobe, à renforcer son courage et sa confiance en lui face à des choses nouvelles. Le passage étroit peut être simplement le fait de passer entre l’humain et la clôture, entre des plots, dans un couloir de barres, par dessus une bâche, un obstacle et tout ce qui vous passera par la tête.

Méline : 

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Méline et Casting

Le travail à pied dit équitation « éthologique » est une méthode d’apprentissage (et non une discipline) pour installer une certaine sécurité entre le cheval et son cavalier, d’augmenter la performance du cheval mais surtout, elle permet d’installer une relation et un lien indestructible avec son compagnon. Cette méthode d’apprentissage permet de comprendre comment le cheval apprend et comment fonctionne son cerveau. Pour ainsi, éviter de faire des erreurs.

 

 

Caroline : 

Pour moi, c’est un travail fondamental pour le débourrage d’un cheval. Qu’il soit jeune ou qu’il ait déjà vécu. Un cheval n’est pas une machine… C’est bien beau de poser ses fesses et de le contraindre à travailler…  Mais à pied on peut faire énormément ! Et on apprend surtout beaucoup de choses. Bien des gens passent à coté car ne connaissent pas… ou pensent que c’est inintéressant. Au contraire. A pied, la relation est différente, le

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Caroline et Steevland

travail est autre. Une relation s’installe. Chaque mimique ou mouvement du cavalier est perçu par le cheval, et inversement. Mais le travail à pied ça n’est pas forcément devoir faire trotter etc. C’est aussi s’arrêter et observer ; regarder son cheval, voir ce qu’il renvoie ; à partir de là, chaque situation prend son importance. On ressent presque tout, on devine mieux l’état physique et l’état d’esprit dans lesquels le cheval sera.  Par exemple, je sais que si je travaille trop à pied, il s’ennuie, et me le fait savoir : il fait les exos mais sans conviction. Je sais qu’il va falloir arrêter pendant un moment, et reprendre plus tard. Autre exemple, je sais que mon cheval ne s’arrête jamais sur un obstacle, mais les dérobe s’il n’a pas l’envie. En concours, il s’est arrêté un jour sur presque tous, pour me les sauter de l’arret. Pour moi quelque chose clochait : oui, la prise de sang était perturbée. Il était anémié. Observer, ressentir et comprendre. C’est ça, la clé du travail à pied.


2) Mais tous ces jeux à pied … ça sert à quoi ?

Anne-Sophie (TdR) : 

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Tartuffe, Vinio et Querido, trois trotteurs réformés en balade.

Tous les jeux à pied sont en fait la préparation de nos demandes montées. Par exemple, le jeu de l’amitié, n’est autre que la préparation du cheval à accepter un cavalier sur son dos. Nous commençons par désensibiliser le stick sur le corps du cheval, puis la cordelette, la longe, un sac plastique, n’importe quel autre objet qui peut nous passer entre les mains, le tapis, la selle… en statique puis en mouvement, pour finir par mettre un cavalier sur son dos.

Le jeu du porc épic permettra au cheval de répondre aux pressions exercées sur le licol : tenir à l’attache sans tirer au renard, suivre la direction indiquée par les rênes, céder à la pression des jambes… et comme le cheval sera sensible à notre énergie, elle se transmettra naturellement une fois sur son dos.

Méline : 

Les 7 Jeux Parelli permettent de comprendre le renforcement positif, le renforcement négatif, l’enlèvement de pression au bon moment (timing) car le cheval apprend par

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Méline et Casting

enlèvement de pression. Cette méthode nous permet aussi de comprendre que le cheval fonctionne par association des choses (conditionnement), il va associer nos gestes à une réponse. C’est grâce à cela que nous pouvons confirmer que le cheval ne fait pas la différence entre le bon et le mauvais.

Caroline :

Les sept jeux de Pat Parelli sont pour moi les bases du travail à pied et de l’éthologie, losrque l’on veut s’y aventurer. Maintenant, il est plus aisé de se faire aider par quelqu’un de qualifié, que seul, même si l’on peut y arriver ! Ces bases, par la suite, on les travaille n’importe ou, n’importe quand et de pleins de manières différentes ! L’éthologie c’est l’étude du comportement animal… A partir de là, tout est dit concernant cette ‘discipline’. Il faut réellement aussi arrêter avec les effets de modes !

Cela amène également à se concentrer sur le positionnement de chacun face à l’autre. Apprendre à se regarder, à s’écouter, à se respecter. Cela demande beaucoup de concentration. Ca n’est pas le cardio ou le physique qui primera en premier abord, mais plûtot la capacité mentale à rester concentré.


3) Une fois les jeux acquis, est-ce qu’il y a un lien avec le travail monté ? Des habitudes à garder une fois en selle ? 

Anne-Sophie (TdR) : 

Oui, tous les exercices au sol seront reproduits monté et ont une utilité monté. Encore une fois, le jeu, l’attitude positive doivent être de mises. Il ne doit pas y avoir de rapport de force, d’énervement.

Méline : 

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Méline et Casting

Une fois les bases acquises à pied, il faut continuer le travail à cheval. Le travail à cheval sera alors plus simple. Mais il faudra continuer à appliquer le renforcement négatif, positif, timing, etc. Dans un premier temps, vous apprendrez à votre cheval à marcher, tourner, s’arrêter et reculer avec l’aide la plus petite possible. Ensuite, le cheval répondra à votre demande grâce à certains codes très discrets, comme votre énergie ascendante et descendante, votre corps, votre bassin, .. Vous pourrez ainsi monter votre cheval en liberté. Mais attention, cela ne se fait pas en quelques jours, il ne faut pas oublier que ce n’est pas le but le plus important mais la façon dont on s’y prend pour y arriver.

Caroline : 

Tout ce qui est fait au sol, peut être retranscrit monté ! Et c’en est bien plus facile. Enfin je trouve. Au sol, bon nombre de codes peuvent être mis en place, pour pleins de demandes. Il suffit de donner les mêmes codes une fois monté, et le tour est joué (avec du boulot quand même, mais je trouve que le travail est plus simple et plus fluide du coup !).

Pour moi, une des choses à ne pas faire, c’est utiliser un son pour tout ! On entend trop

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Caroline et Steevland

souvent les cavaliers faire des appels de langue pour tout et rien ! Le cheval ne sait même plus s’il doit galoper, marcher, s’arrêter, venir… Un son pour une demande. Faut de la patience mais ça marche !

Les intonations de voix sont également à garder. Un ton sec pour motiver, calme et détendu pour récompenser. Il faut garder les mêmes une fois à cheval, pour ne pas qu’il s’y perde. Et oui ! Le travai monté est une réelle continuité de celui entrepris à pied, et je l’affirme. Tout ce que je bosse monté, je l’ai fait à pied au préalable.


4) Avez-vous un exemple à nous raconter d’un cheval avec qui le travail à pied a particulièrement aidé à établir et approfondir la relation ?

Anne-Sophie (TdR) : 

Mon réformé de 4 ans, adopté il y a un an, est un amour mais il se trouve qu’il était très foufou en longe. Adepte de la « longe » où le cheval s’ennuie prodigieusement à tourner en rond pendant de longues minutes, je le regardais sauter, galoper, ruer, bref ! Faire n’importe quoi au début de chaque séance.

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Capagatois, (il y a un an et haut et il y a 8 mois en bas) dont l’excès d’énergie m’oblige à canaliser le mien.

J’avais fait des stages, passé des savoirs éthologiques, mais je ne savais pas comment gérer toute cette énergie.

J’ai commencé le coaching avec Valérie et en trois séances mon cheval a complètement changé. Je pouvais prendre mon cheval, faire quelques petits jeux à pied ou au pas, sans trotter ni galoper et arrêter dans le calme, même les jours de vent.

Il m’a fallu énormément travailler sur moi : un excès d’énergie que je transmettais sans m’en rendre compte via mes gestes, mon excitation, mon stress.Sans titre5

Après trois coachings, à chaque fois que je passais devant le parc de mon cheval, il quittait son foin et son copain, pour venir hennir à la clôture. A ce moment là, j’ai vu que quelque chose avait changé et qu’il avait autant envie d’être avec moi, que moi d’être avec lui.

Aujourd’hui nous attaquons le montoir et tous les jeux Parelli ont été approfondis pour monter. Il y a encore du travail (sur moi essentiellement !) 🙂

Méline : 

Lorsque j’ai acheté mon trotteur, cette méthode m’a beaucoup aidé car il avait appris beaucoup de mauvaises choses à cheval. Il se précipitait, me tractait. Le travail à pied nous à permis d’apprendre à nous connaitre et à installer une relation de confiance sans contrainte ni rapport de force.

Caroline : 

Le travail à pied a surtout amélioré l’écoute du cheval. Il y a beau avoir des cavaliers en

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Caroline et Steevland

cours, au galop, à l’obstacle, autour de nous, il reste concentré sur mes demandes personnelles, et ne va pas voir les autres (même s’il tend parfois à le faire !), mais il est vite rattrapé par un « Eh oh ! » assez sec, pour lui signifier que, non, les copains c’est après. Et une fois monté, bien en concours ça me sert, quand bon nombre de cavaliers sont présents à la détente, ou en balade, ou lorsqu’un cheval fait tomber son cavalier et par plein cul galop dans  la carrière : je suis en liberté montée, le mien ne bouge pas.


 

 

5) Faites-vous ces jeux avec chaque nouvel arrivant dans vos écuries ?

Anne-Sophie (TdR) : 

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Vinio, l’ex petit cheval craintif

Rares sont les familles qui connaissent et/ou souhaitent éduquer leur cheval de cette manière. Malheureusement le cheval-mobylette a encore beaucoup la cote et le cheval dirigé et ralenti uniquement avec les rênes aussi…

Donc enseigner tout cela au cheval, sans que la future famille du cheval ne prenne le relais, serait vraiment dommage et n’aiderait pas forcément le cheval, qui devrait encore apprendre autrement après son départ.

J’ai quand même fait ce travail avec un cheval (Vinio) mais aujourd’hui il est monté de manière classique.

En revanche, selon les chevaux, je reprends des jeux, que je vais adapter selon les profils des chevaux. Mais les bases enseignées seront celles de l’équitation classique où le cavalier dirige avec ses rênes…

Il m’arrive souvent d’accueillir des chevaux qui sont sensibles et pour qui l’humain n’est pas synonyme de confort. Ils peuvent même ne pas se laisser attraper car la fuite est la

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Carline, très inquiète par la bâche au début, a su vaincre sa peur.

solution la plus confortable pour eux. Dans ces cas là le jeu de l’amitié et les désensibilisations sont d’une très grande aide. Avec un cheval qui ne se laisse pas attraper, il suffit en général d’une séance de jeu de l’amitié + désensibilisation au stick et gestes brusques pour que le lendemain il se laisse attraper sans souci. Ce sont des chevaux sensibles, qu’il faut mettre en confiance.

Parfois certains chevaux ont du caractère et manquent de respect (cheval qui bouscule, tape, mord). Il faut, dans ces cas là, instaurer un peu de distance entre eux et nous. Ce

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Biobi, quand manque de respect rime avec cabrer… il ne savait faire que ça.

sont généralement des chevaux lourds, peu sensibles, peu émotifs, qui ont confiance en eux.

 

 

 

 

 

Caroline : 

J’essaie de montrer deux trois exos à certaines cavalières qui s’interessent et qui éprouvent des soucis avec leurs chevaux. Et quand je vois que ca marche, j’avoue que ca fait plaisir. Malheureusement, et heureusement d’ailleurs, je n’ai qu’un seul cheval, donc je n’ai que lui sur qui me concentrer, et tant mieux !


6) La méthode Parelli, c’est aussi plus que cela ; une réelle prise en compte du psychique du cheval. Cela a donné les « horsenalities » : qu’est-ce que c’est ? à quoi ça sert ?

Anne-Sophie (TdR) : 

On entend souvent dire qu’il n’y a pas une seule méthode pour tous les chevaux. En réalité, si, mais c’est la manière dont on l’appliquera qui va être différente selon le caractère du cheval, selon son émotion du moment.

Le horsenality c’est le profil psychologique du cheval. Selon ce qui se passe autour de lui son horsenality peut passer d’un extrême à l’autre. Donc il faut savoir a quel moment nous avons un cerveau gauche extraverti ou un cerveau droit extraverti. Il faudra réagir différemment selon le horsenality pour ne pas mettre de l’huile sur le feu.

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Pour connaitre la horsenality « principale » de son cheval, il faut remplir le tableau en faisant des croix sur les comportements et caractères qui correspondent le plus à son cheval. Là où il y a le plus de croix représente la personnalité principale de votre cheval.

Pour corser la chose, il faut savoir que le horsenality peut changer en l’espace de quelques secondes. On peut avoir un cheval LBE (cerveau gauche extraverti) à la base, donc joueur et rigolo et s’il prend peur de quelque chose ou que nos émotions traduisent du stress, de l’anxiété ou de l’excitation, devenir RBE (cerveau droit extraverti) et paniquer, courir partout etc.

Lorsque l’on a un cheval RBI (cerveau droit introverti) donc un peu méfiant/craintif le but est qu’il prenne confiance et devienne LBE (cerveau gauche extraverti) bien dans ses baskets et fun. Sauf que si on fait faire les choses à un RBI comme un LBE on ne l’aide qu’à se renfermer un peu plus sur lui même.

Tout cela est passionnant et l’on apprend énormément sur les chevaux et sur nous même. Car certaines personnes ont du mal à gérer leurs émotions et elles viennent influer sur la relation qu’ils entretiennent avec leur cheval et cela peut avoir des conséquences négatives qui mèneront souvent à la vente du cheval.

Caroline : 

Il me semble que c’est l’étude de la personnalité de notre cheval, pour ensuite savoir dans quelle ‘catégorie’ il est placé, et ainsi mettre en place un programme de travail adapté à son caractère.


7) Définir la horsenality d’un cheval vous permet-il de vous adapter réellement à lui, et de lui proposer des séances et une progression bien personnelle ? 

Anne-Sophie (TdR) : 

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Spano

Oui, parce qu’un cheval introverti deviendra extraverti et à l’aise. Chez les trotteurs réformés au départ il y a beaucoup de chevaux cerveau droit extraverti et introverti mais par la suite ils vont changer.


 

 

 

8) Des conseils plus généraux à donner aux propriétaires de trotteurs qui vivent cette aventure ?

Anne-Sophie (TdR) : 

Avec les trotteurs, la priorité c’est de prendre son temps, de se contenter de peu au début et d’approfondir chaque exercice en étant de plus en plus léger dans les demandes.

Il faut tout aborder sous forme de jeu, même monté, les chevaux adorent cela.

Souvent on veut aller trop vite, on en demande trop et on ne cède pas assez tôt une fois

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Spano

que le cheval a donné la bonne réponse.

Eduquer son cheval permet d’avoir une meilleure entente, une meilleure relation, même avec un cheval avec lequel on pensait ne jamais pouvoir s’entendre, les résultats sont incroyables, il suffit de comprendre ce que nous dit le cheval. Pas toujours facile à faire lorsque l’on est seul ou mal entouré.

Pour progresser, il faut se faire aider par de bons professionnels.

Méline :

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Méline et Casting

Tout ce que je peux dire c’est .. PROFITEZ ! Aimez votre trotteur et ne désespérez pas quand vous n’y arrivez pas, car si le lien est fort, il fera tout pour vous mais n’oubliez pas qu’il reste un cheval. Ne brûlez pas des étapes, prenez votre temps et ne pensez pas au résultat. Ne faites pas quelque chose juste pour faire comme tout le monde, faites le pour vous. Et non pour mettre « j’y arrive » sur votre profil Facebook.

Caroline : 

Se donner le temps, de la patience. Ne pas vouloir être pressé et avoir tout d’un coup. Se souvenir que, n’importe quel cheval vit, que ça n’est pas une machine. Qu’il a des humeurs, des états d’âmes, une personnalité. Qu’il lui arrive d’être fatigué, d’être plein d’énergie. Tout cela est à prendre en compte pour avancer sereinement. Se faire aider par des professionnels reste une chose assez nécessaire pour ne pas s’aventurer n’importe comment dans un travail qui demande beaucoup de boulot pour éviter qu’il ne devienne néfaste. Et surtout, prenez du plaisir ! Votre cheval en éprouvera également.

Par rapport au travail en cordelette et liberté, je trouve que c’est l’aboutissement et le

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Caroline et Steevland

rêve de tout cavalier. Les étapes pour y arriver ne sont pas à franchir au pied lever, mais bien les travailler ! ça n’est pas du spectacle, ni de la démonstration, mais une réelle relation qui s’installe et ou le cheval, par ses 500 kg, répond au doigt et à l’oeil à un cavalier qui ne fait qu’1/10e de son poids… Trop de personnes s’y mettent sans trop s’y connaître… Il faut réellement travailler avant de se lancer ! Après, une fois que c’est acquis, c’est le top ! En tout lieu, en toute situation… On se sent libre. Le cheval pareil. Pas de contraintes, juste de l’écoute et du respect… Que demander de mieux ?
Le mien a compris que s’il écoutait, il serait tranquille… Du coup il est peinard ! Et quand j’essaie de lui remettre le licol, je peine un peu… Des fois cela reste nécessaire et surtout moins dangereux (lors de passages en ville par exemple).


Merci à elles pour ces témoignages et conseils ! Un article riche en enseignements … A méditer, mais surtout à essayer !

Et vous ? D’autres témoignages ? Des réussites, des rêves ? Racontez-nous tout !

Trotteusement,