L’épaule en dedans

« Cette leçon produit tant de bons effets à la fois, que je la regarde comme la première et la dernière de toutes celles qu’on peut donner au cheval, pour lui faire prendre une entière souplesse et une parfaite dans toutes ses parties. »

dlg11-222x300C’est ainsi que François Robichon de La Guérinière parle de l’épaule en dedans, qu’il a inventée au début du 18ème siècle.

Loin de vouloir l’exécuter pour elle-même, l’écuyer français voyait dans ce mouvement latéral (qui varie entre 2 et 4 pistes selon l’inclinaison demandée, 3 pistes étant le minimum d’inclinaison « utile ») un exercice d’assouplissement général. On peut en effet définir l’épaule en dedans comme un assouplissement d’ensemble, dans lequel on maintient les épaules du cheval sur une piste intérieure à celle suivie par les hanches.

Juchés sur nos Trottinettes, nous ne devons donc pas chercher à obtenir à tout prix l’épaule en dedans qui vaudrait des 8 et des 9 sur les carrés (si tant est qu’elle ait une 200w-2utilité à être travaillée ainsi, mais ceci est un autre débat) : il faut « juste » y voir un moyen de développer la souplesse de son cheval. Ca tombe bien, de la raideur, on en a à gogo… (Je redirige à propos vers cet article de Je Trotte donc Je Suis, qui permet de comprendre le fonctionnement des muscles lors des déplacements latéraux en général, ainsi que les bénéfices pour nos chevaux une fois sortis de leurs sulkys).


Et donc ?

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Voilà, comme ça. Enfin on peut toujours rêver.

Concrètement, lorsque le cheval se déplace en épaule en dedans, il se retrouve légèrement ployé autour de la jambe intérieure, tout en regardant dans la direction contraire au sens de la marche (incurvation dite convexe).

Le but est d’améliorer l’incurvation de la tige vertébrale, et donc de développer la souplesse en donnant de la liberté aux épaules, tout en améliorant l’équilibre par l’engagement du postérieur interne sous la masse.

Tiens donc, comme c’est intéressant pour notre Trottinette, qui :

  • est souvent sur l’avant-main, avec des épaules peu mobiles et par conséquent un poids mal réparti (nos épaules le savent très bien)
  • n’a pas un équilibre tel qu’on le conçoit en équitation classique, puisque très horizontal voire descendant (ce qui est peu pratique lorsque l’on envisage de sauter des crayons de couleur sans les faire tomber, puisqu’on lui demande de reporter du poids sur l’arrière-main et d’articuler ses épaules).
  • a souvent beaucoup de force dû à sa race et sa conformation, et l’incurvation par la mobilisation du bout de devant et la cession de la mâchoire aide à vaincre ce rapport de force pour aller vers l’idée de légèreté (notez la prudence qui est la mienne, je sais que c’est un St Graal pour nous autres cavaliers de trotteurs !).

Et comment je fais ?

Pour réussir l’exercice, il faut déjà que les aides de l’incurvation soient comprises et que l’incurvation en elle-même soit facile pour le cheval. A ce sujet (dis donc, comme il est bien ce site), je vous renvoie à l’article sur l’incurvation).

L’idéal est de d’abord de demander l’incurvation sur un cercle de 10 mètres, afin que

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Voilà, pour l’incurvation, on est pas (trop) mal. Mais on a dit qu’on regardait pas les oreilles.

le cheval reste dans son incurvation et qu’il ne puisse s’y soustraire. Il ne faut pas hésiter à baliser la taille du cercle avec des plots, car le but n’est pas ici de savoir les yeux fermés tracer un cercle de 10 m (d’ailleurs c’est infaisable ce truc, ok je sors), mais de mettre en place un exercice préparatoire qui va aider à la réussite de l’objectif de la séance.

A la sortie du cercle, il faut « continuer » à demander l’incurvation, donc à sortir les épaules, avec une action d’appui de la main intérieure et une action régulatrice de la rêne extérieure, pour canaliser les épaules et éviter qu’elles ne fuient. En parallèle, et parce que l’incurvation se demande en premier lieu par la jambe, on ne le dira jamais assez, il faut agir avec sa jambe intérieure à la sangle, pour incurver tout en poussant la masse. Vaste programme.

Le mouvement est réussi quand vous sentez votre cheval incurvé tout en se déplaçant du côté contraire, tout en gardant la piste avec les postérieurs. L’angle ne doit pas être trop important, pour maintenir l’engagement et la régularité de l’allure. Personnellement, le bénéfice maximal à tirer du mouvement s’obtient au pas, mais l’épaule en dedans peut aussi se demander au trot (exercice qui peut se coupler avec une demande de départ au galop, le départ s’obtenant alors normalement par une prise d’équilibre parfaite, vers le haut… Mais ceci est une autre histoire).

Comme toute demande, elle doit se faire par actions discontinues, le regard orienté dans le sens du déplacement (oui, on sait qu’il a de belles allures, mais non, ce n’est pas le moment de les regarder),  et l’assiette agissant avec une action impulsive et latérale, pour maintenir l’équilibre.

Pour éviter de perdre le bénéfice obtenu, sur quelques foulées (« demander souvent, se contenter de peu et récompenser beaucoup » est toujours à l’ordre du jour !), ne pas hésiter à refaire un cercle en fin de demande pour éviter que le cheval ne se sauve.

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Comprendre l’EED


Attention, soyons vigilants…

Pour que l’exercice soit correct, attention à :

  • conserver le côté extérieur (épaule et hanche) au risque de voir l’incurvation se dégrader. La jambe externe et la rêne régulatrice ne jouent alors plus leur rôle.
  • ne pas demander une trop grande inclinaison, ce qui serait préjudiciable pour un cheval novice
  • conserver la cadence souhaité : en cas de précipitation, faire un demi-arrêt ou repartir immédiatement sur un cercle.

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Un dernier pour la route… Ah, si les juges de dressage étaient plus funky aussi…

Comme toujours, cet exercice ne doit pas être une finalité en soi à votre séance, au risque de lasser le cheval et de le blaser à la demande, mais un ingrédient en plus à votre boîte à outils qui permettra à terme d’avoir une Trottinette plus légère, plus malléable, plus disponible dans son corps, et donc plus à même de répondre correctement à nos sollicitations d’équitation classique : un équilibre sur l’arrière-main, une nuque le point le plus haut, et un cheval léger qui se tient dans un équilibre qui n’est pas horizontal.

« Les trotteurs, je suis tombée dedans quand j’étais toute petite… »

Quoi qu’on en dise, nos chères Trottinettes sont toutes issues du monde des courses. La frontière entre nos deux mondes est palpable : bien peu de cavaliers connaissent le quotidien et les réalités de l’élevage et de l’entraînement des trotteurs. Conséquence de cette distance : trop de stéréotypes ou d’images faussées. 

Notre ambassadrice Apolline a eu la chance de grandir au sein de l’élevage de trotteurs de son grand-père. Elle nous emmène dans son enfance, et nous explique où et comment sa passion des trotteurs a pris racine, faisant un premier pont entre nos trotteurs de selle et ceux nés pour la course, qui sont pourtant les mêmes…


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Sorelina à la naissance…

« Pour parler de l’élevage de mon grand-père, il faut déjà évoquer un peu le contexte. Depuis sa jeunesse mon grand-père a toujours été passionné par les trotteurs et a toujours rêvé d’avoir son propre élevage. Habitant sur Paris, il a rejoint une écurie qui entraînait ses chevaux à Vincennes. Mon grand-père étant trop grand et lourd pour monter, il faisait uniquement du trot attelé. Il garde des souvenirs magnifiques de cette époque.

Mon grand-père a ensuite eu l’opportunité de finir sa carrière professionnelle relativement jeune et de partir avec ma grand-mère en Normandie. La maison qu’ils ont achetée possède 2 grands box, plus un très grand box pour la mise bas. L’idée de se lancer dans l’élevage allait enfin se concrétiser !

Dans un premier temps, mon grand-père est devenu copropriétaire de plusieurs TF.

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Indices de performance de Dick Gitan

Deux, en particulier, ont eu de belles carrières avec de beaux gains à la clé. Il s’agit de Dick Gitan et d’Uriel des baux. Puis la possibilité de se lancer était enfin arrivée. D’abord une poulinière, puis deux, pleines d’une année sur l’autre. Mon grand-père les gardaient à la maison le temps que le débourrage arrive, au pré la journée et au box la nuit. Parmi toutes ces naissances, l’un a vraiment mieux réussi que les autres, il s’agit de Kendor.

D’aussi petite que je me souvienne, j’ai toujours connu mon grand-père avec des chevaux. Moi et les trotteurs c’est un peu comme Obélix et la potion magique : je suis tombée dedans petite ! Je me rappelle des premières sorties des poulains au pré. Il fallait traverser la route et nous faisions barrage pour que les voitures s‘arrêtent et que les poulains suivent bien leur mère. Je me rappelle également des premières sorties des poulains après leur sevrage ! C’était sportif de les tenir au bout de la longe, les cabrioles étaient de la partie.

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Pendant les vacances d’été, j’aimais aller chez mes grands-parents m’occuper des chevaux. Mon grand-père faisait la sieste tous les après-midi et moi j’allais curer les box, remplir les auges et mettre le foin. J’adorais m’occuper de ça. Et le soir, on allait récupérer les chevaux au pré pour les rentrer.

De toute ma famille maternelle, je suis la seule qui soit devenue passionnée par les chevaux, et c’est uniquement du fait de mon grand-père. Grâce à lui j’ai appris à découvrir ces animaux extraordinaires, dotés d’une force mais aussi d’une douceur incroyable. J’ai découvert une race particulière de par leur gentillesse et leur générosité.

J’ai commencé l’équitation à proprement dit assez tard, au collège. Petite je suivais exclusivement les stages pendant les vacances scolaires. J’avais la chance d’habiter à 5 minutes du centre équestre. Chance d’autant plus grande que le club avait de nombreux trotteurs. J’ai donc appris à monter essentiellement sur cette race.

J’ai failli récupérer une jument de mon grand-père qui ne s‘était pas qualifiée. Mais l’entraîneur a dit à mon grand-père qu’elle était rétive et difficile et mon grand-père n’a pas voulu prendre la responsabilité qu’il m’arrive quelque chose avec un de ses chevaux. J’ai appris plus tard que la jument était tellement rétive qu’elle a fini… en petite jument de club ! Très déçue par ce refus de mon grand-père, je me suis mise à regarder les chevaux à vendre et bien entendu les TF en particulier. Ils représentent à mes yeux les chevaux idéaux : polyvalents, généreux, gentils et trop souvent sous-estimés.

Un soir en rentrant de cours, mon papa me dit qu’il m’a peut-être trouvé un cheval. Il me montre l’annonce et je tombe sur un petit TF noir, 4 ans, chez une dame fantastique qui l’a récupéré in extremis. Ni une, ni deux j’appelle et le rendez-vous est pris pour un essai. Heureusement que mon papa n’y connait rien en équitation, j’ai passé 30 minutes sur un trotteur avec lequel je n’arrivais pas à trotter puisqu’il galopait à tout va ! Etrange pour un trotteur. Je me suis donc lancée dans l’aventure avec ce petit cheval depuis presque 7 ans et c’est le plus beau choix de ma vie. Un vrai tout terrain, il pratique de tout, et me suit n’importe où, n’importe quand avec toujours autant de pêche et de bonne volonté, un régal au quotidien.

Malheureusement je n’ai jamais eu l’occasion de driver à ce jour. Mais je ne perds pas

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Sorelina plus grande

espoir de le faire un jour !

En revanche, ma cousine côté paternel est lad dans des écuries de courses de galop. J’ai eu plusieurs fois la chance de monter des galopeurs à l’entraînement et de la suivre à sur les hippodromes notamment Auteuil.

Le monde des courses je le connais donc un peu. Entre mon grand-père et ma cousine j’en ai appris beaucoup sur ce milieu. Un milieu très critiqué et qui subit une très mauvaise image. Pour l’avoir vécu de l’intérieur, les chevaux sont traités comme des princes. Vous pouvez facilement imaginer les soins prodigués à des athlètes de haut niveau : footballeurs, basketteurs, coureurs à pied, cyclistes ? Et bien, il est facile de s’imaginer les soins apportés aux chevaux de courses. Ils sont considérés comme tels. L’entraînement est adapté aux besoins de chacun, la durée, le nombre de sorties hebdomadaires, les rations en grains et foin. Les box sont faits tous les jours avant que les chevaux ne soient montés. Les chevaux sortent au marcheur minimum 30 minutes avant le début du travail. Ensuite un autre échauffement monté est réalisé et seulement ensuite le travail commence. Travail qui en lui-même n’est jamais très long.

Avant chaque course les chevaux marchent en main entre 30 minutes et 1 heure selon les besoins de chacun, les chevaux sont préparés avec minutie et les soins post-courses sont très rigoureux : marche de récupération, douche, soins des membres etc. Et des contrôles vétérinaires inopinés sont réalisés pour vérifier l’état du cheval ainsi que la prise de produits illicites.

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La petite bouille d’Apolline, un nom qui décidémment nous dit quelque chose… 

C’est un milieu très surveillé et très respectueux des animaux contrairement aux rumeurs publiques. Alors bien sûr on trouvera toujours l’exemple de l’écurie qui n’est pas aussi respectueuse, comme on trouve des chevaux de sports équestres ou de particuliers pas forcément bien traités. Mais il ne faut pas faire d’un cas, une généralité.

Pour conclure, je dirai qu’une fois qu’on a plongé dans le monde de l’élevage et des courses on n’en sort que par obligation. Mon grand-père vous le dira, il a arrêté à 79 ans et ses yeux brillent encore à l’évocation de ses chevaux.


 

« Dos, le dos, qui a bon dos » – partie 3

En selle : aujourd’hui on saute, pour finir cette série de 3 articles consacrés au travail du dos du cheval !

Retrouvez les deux premiers articles en cliquant ici pour un rappel anatomique et locomoteur, et ici pour une compilation d’exercices à réaliser sur le plat pour muscler le dos de son cheval.

Cet article vous est présenté comme une séance d’obstacles construite de A à Z, dans le but de tonifier et muscler le dos de votre cheval, ou de le gymnastiquer si votre cheval est dans de bonnes conditions sportives. Evidemment, puisqu’il s’agit d’une séance, le choix des exercices est restrictif, et il en existe sûrement plein d’autres ! A vous d’être curieux, ou de décliner des exercices sur la base de ceux proposés. De même, les distances sont données à titre indicatif, « général ». A vous d’adapter en fonction des particularités des foulées de votre cheval si besoin, vous le connaissez mieux que moi ! 😉


Détente sur le plat

Commencez par détendre Trottinette aux trois allures, comme à votre habitude.

Mettez l’accent sur l’incurvation en premier lieu, afin de stimuler l’engagement du postérieur interne et d’échauffer les abdominaux, essentiels dans la chaîne ventrale qui permet le bon fonctionnement du dos. Selon l’avancée dans le travail de votre cheval, demandez au pas, trop et même galop, et n’hésitez pas à aller jusqu’à de la contre-incurvation.

Dans un même temps, multipliez les transitions, montantes et descendantes. Veuillez à garder l’activité dans les transitions descendantes, et à conserver l’équilibre dans les transitions montantes. Aidez-vous de repères visuels : lettres, plots… pour être le plus précis possible. Anticipez toutes vos demandes et allez au bout de votre idée, même si l’application est compliquée. Répétez, demandez peu, récompensez beaucoup. Les transitions vont faire fonctionner le dos du cheval.

Si votre cheval devient souple et malléable après ces exercices, en ligne droite et sur le cercle, il n’est pour moi pas forcément essentiel de venir compliquer la séance avec des déplacements latéraux. Néanmoins selon votre cheval, vous pouvez également inclure des épaules en dedans au pas et au trot, qui aident à obtenir équilibre et engagement du postérieur. Mais si cela risque de compliquer la séance ou fâcher votre cheval, gardez cela pour un autre jour : n’oublions pas que notre but est de travailler le dos sur des barres.


Détente sur les barres

Installez, sur un cercle de 20 m, 4 barres au sol séparées de 2 foulées (environ 9 m). Commencez par la main la plus facile, et exigez des passages dans l’incurvation et la régularité.

IMG_4117Relevez progressivement les barres jusqu’à avoir 4 cavalettis. En fonction du travail de votre cheval, vous pouvez faire l’exercice seulement au trot, ou au galop. Celui-ci n’est pas obligatoire dans le sens où vu l’enchaînement d’exercices demandé dans la séance, le dos est déjà bien détendu et sollicité. Et le galop peut parfois nuire à la concentration, on connait nos Trottinettes…

La réussite de l’exercice dépend de votre capacité d’anticipation et de votre tracé, grâce à votre regard.

Les cavalettis stimulent l’engagement des postérieurs dans la logique du travail commencé sur le plat. Un dispositif en ligne droite permettrait d’arriver au même résultat, mais peut être compliqué pour les chevaux qui ont tendance à s’aplatir.


Enfin, la ligne !

La ligne que je vais vous proposer permet une gymnastique complète de la ligne du dessus de votre cheval.

Les distances proposées sont volontairement courtes puisque le but est de faire travailler 13595734_1353032784724240_2027420737_nle cheval ; ne la réalisez donc pas avec un cheval vert sur les barres, peu habitué aux lignes ou peu mécanisés. On ne travaille d’ailleurs pas le dos de son cheval à l’obstacle tant que les bases ne sont pas saines !

L’entrée se fait au trot, puis :

  • barre au sol
  • 3 m
  • vertical (maximum 50 cm)
  • 5,50 m
  • saut de puces de croisillons (max 50 cm) séparés de 3,50 m
  • 6,50 m
  • oxer (peu large, max 1 m)
  • 10 m
  • vertical (max 1 m)

Le saut de puce permet de rendre les chevaux actifs et attentifs, de leur donner du « geste ». L’oxer qui suit incite à étirer le dos, et le vertical de sortie exige que les chevaux se recompactent directement.

Toute la ligne du dos travaille en flexion-extension.

13530440_1347446345282884_1432505063_nRéalisez quelques passages réguliers, laissez le temps au cheval de s’habituer au dispositif. Une fois celui-ci assimilé, réalisez 1 ou 2 passages plus gros, puis récompensez. La séance est complète !

Pour finir, vous pouvez demander à ce que vos chevaux trottent bas et rond, pour étirer la ligne du dos et qu’elle se relâche. Condition que je rappelle pour que cela soit bénéfique : que vos chevaux, même avec des rênes plus longues, conservent leur régularité et leur équilibre.

Puis, n’oubliez pas les caresses et les carottes : Trottinette a bien travaillé !


Source : Pocket’ Jump, par Michel Robert

« Dos, le dos, qui a bon dos » – partie 2

Le premier article de cette série établissait des rappels anatomiques et locomoteurs sur le dos.

A lire en cliquant ICI.

Pour résumer en quelques mots, il existe 2 grandes chaînes musculaires principales chez le cheval, qui fonctionnent ensemble : la chaîne dorsale (formée par les extenseurs), qui est sollicitée lors du mouvement en avant, notamment le galop et le saut, et la chaîne ventrale (formée par les fléchisseurs), qui joue un rôle fondamental dans le maintien du dos et les mouvements rassemblés, notamment lors de l’engagement des postérieurs. Lorsque ces 2 chaînes de muscles se combinent, on aboutit à l’équilibre : et c’est ce que tout cavalier recherche… d’autant plus chez les trotteurs qui semblent tant en manquer montés (enfin qui ont en réalité un équilibre différent de celui recherché en équitation classique).

Et si le dos est une préoccupation permanente voire quasi-obsessionnelle du cavalier, il ne faut pas oublier que les muscles de la chaîne ventrale sont tout aussi essentiels.


Mais concrètement, comment on les tonifie ?

Pas de révolution dans vos manèges ici, juste du bon sens et un rappel d’exercices simples à la portée de beaucoup d’entre nous… et à la portée de chevaux encore assez verts dans le travail.

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Transition trot-pas sur un cercle avec une légère incurvation à gauche pour aider le cheval à s’équilibrer

Dans la carrière…

  • Toutes les transitions : effectuer des transitions va aider à tonifier le dos de votre cheval, notamment la partie, souvent longue et figée chez le trotteur, qui se trouve juste derrière la selle (charnière lombosacrée). Une seule exigence : lors des transitions descendantes, il faut garder de l’activité par des jambes présentes pour que votre cheval engage ses postérieurs et non qu’il s’avachisse sur les épaules et s’éteigne. Pour cela, effectuez des transitions sur un cercle avec le bout du nez à l’intérieur va aider  le cheval à se redresser à passer la transition de façon  plus équilibrée. A l’inverse, lors des transitions montantes, soutenez un peu vos mains pour avoir la sensation que le cheval se tienne, et parte « vers le haut » et pas seulement « vers l’avant ».
  • L’incurvation : encore et toujours… Pourquoi l’incurvation fait-elle travailler le dos
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    Cheval qui part vers l’avant et vers le haut.

    ? Parce qu’en plus de travailler la souplesse et la flexibilité du rachis, elle favorise l’engagement des postérieurs, qui renforce le travail de la chaine ventrale. Retrouvez l’article sur l’incurvation ICI.

  • Le trot bas et rond : il s’agit d’un exercice pour chevaux un peu plus avancés dans le travail, puisque cela implique qu’ils soient dans un bon équilibre et surtout cadencés, ce qui permet d’évoluer de façon sereine dans une cadence régulière, avec un cheval qui cède sur la main et qui vient chercher le contact même sur des rênes longues. Mais c’est un excellent exercice pour détendre le dos et le faire travailler, et qui rappelle la position naturelle du cheval qui broute (donc on peut conclure que si Trottinette broute, elle se muscle le dos ?). La ligne du dessus se développe musculairement sans tension : le cheval porte de plus en plus facilement son cavalier, il se relâche et gagne en mobilité et en engagement des postérieurs. Seul bémol, pour les trotteurs tout juste réformés, c’est le travail à la longe qui va tout d’abord aider à obtenir cela, car monté, l’exerice est plus exigent et compliqué qu’il n’y parait. Attention : être bas et rond implique d’être en avant afin que le dos soit mobile et que les postérieurs puissent s’engager. Sinon, il n’y a aucun bénéfice.

Et dehors ?

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Incurvation, quand tu nous tiens…

Pour s’aérer les neurones et ceux de nos chevaux, le travail en extérieur peut aussi nous aider à atteindre nos objectifs de musculature. Ainsi, le travail en montée favorise la musculature de la chaîne ventrale, et par conséquent celle du dos.

Evidemment, des exercices plus complexes en dressage, comme l’épaule en dedans, favorisent également la musculature de la ligne du dessus. Mais il n’en est ici pas encore question puisque nous nous mettons dans l’optique d’un cheval en début de travail, ou d’un cheval dont on reprend les bases.

Mais le dos se travaille aussi à l’obstacle ! Le prochain article vous proposera une séance d’obstacles conçue de A à Z avec détente sur barres au sol puis travail sur les barres, toujours dans l’objectif de muscler le dos de votre Trottinette !

Affaire à suivre…

Trotteusement,


 

« Dos, le dos, qui a bon dos » – partie 1

Au menu, nous nous attaquons, sans euphémisme, à la colonne vertébrale du cheval : le dos. Et chez Trottinette, force est de constater qu’il est au coeur des préoccupations (s’il peut l’être plus que pour un cheval de sport !) : les trotteurs sont en effet réputés pour être longs, et fonctionnent souvent « à l’envers », avec un dos qui peut paraitre faible au moment de la réforme.

Elément fondamental s’il en est, puisque du dos résulte la faculté du cheval à porter un cavalier, et c’est ce dos qui conditionne la santé moteur et les bonnes performances sportives de l’animal.

Cette semaine, une analyse biomécanique permettra de (re)faire connaissance avec ce dos omniprésent ainsi que des exercices pour le travailler, en main. Les articles qui suivront mettront en lumière des pistes de travail, sur le plat et à l’obstacle, pour muscler le dos et le faire travailler dans le bon sens.


Eléments d’anatomie (avec un quizz Galop 5 à la fin, ou pas)

Le dos du cheval est composé de trois parties : la colonne thoracique, la colonne lombaire et le sacrum. Il se termine par la charnière lombo-sacrée.

La colonne thoracique comprend 18 vertèbres séparées par des disques intervertébraux fibreux, qui rendent la zone très rigide. Les vertèbres sont surmontées par des processus épineux mesurant jusqu’à 25 cm.

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C’est parfois loin dans nos mémoires… 

La colonne lombaire est quant à elle composée de 6 vertèbres dites lombaires : ce sont les reins. C’est cette partie qui transmet les forces qui vont de l’arrière-main vers l’avant-main.

Le sacrum est un os triangulaire composé de 5 vertèbres qui se soudent avant les 5 ans du cheval. Il relie fortement l’arrière-main au tronc, et l’attache entre le sacrum et la dernière vertèbre lombaire forme l’articulation lombo-sacrée. Celle-ci est une des parties les plus flexibles de la colonne, avec l’encolure et la queue. Elle permet au cheval d’arrondir le dos et de basculer le bassin au galop. Toute gêne impactant cette région entraine une conséquence sur la locomotion du cheval.


Sans muscle, pas de mouvement (mais non le Galop 5 n’est pas si loin, je vous dis !)

Les muscles de la musculature dorsale permettent de soutenir et de stabiliser le dos, tout en participant au transfert du mouvement vers l’avant créé par l’arrière-main.

On les classe en deux catégories :

  • les muscles extenseurs du dos (faisant partie de la chaine de muscles erector
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    Muscles dits dorsaux 

    spinale, mais nous nous concentrons ici sur le dos pour synthétiser et être plus clair), qui sont situés sur le dessus des vertèbres, le long des processus épineux. Parmi eux, on compte le muscle multifide (muscle postural) et le long dorsal (muscle de mouvement). Ils assurent l’extension du dos. Sur un cheval où les muscles du tronc ne sont pas assez développés, le muscle long dorsal est obligé de compenser le muscle multifide, ce qui entraine une rigidité du dos et des raideurs.

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    Muscles abdominaux 

    les muscles fléchisseurs du dos, qui sont les muscles abdominaux. Ils assurent le soutien de l’abdomen, participent à la respiration et maintiennent la colonne vertébrale en permettant la flexion du dos. Ce sont aussi eux qui permettent au cheval de supporter le poids du cavalier : ils doivent donc être correctement développés.

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Comprendre en image et en un clin d’oeil le bon ou le mauvais fonctionnement du dos


Et ce fameux dos, long, si long, des trotteurs alors ? (genre Titanic mais qui nage mieux)

On dit qu’un cheval a un dos long lorsque la distance entre le garrot et le point le plus haut de la croupe est supérieure à un tiers de la longueur totale du cheval. C’est une

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Très beau spécimen d’un trotteur au dos (très) long, presque tri-place (et on imagine que j’ai une bombe, pas bien, je sais, merci, je recommencerai plus).

physionomie courante chez les trotteurs, certes de moins en moins fréquente avec les apports de sang américain, qui rendent le modèle du trotteur plus « sport » et plus proche du gabarit du pur-sang.
Cette longueur a des conséquences sur la locomotion :

  • une plus grande difficulté à se rassembler (couplée chez le trotteur à un équilibre très horizontal si ce n’est sur les épaules)
  • une plus grande difficulté à reporter du poids sur les postérieurs (et la précision précédente accentue la difficulté)
  • une plus grande difficulté à engager les postérieurs pour se propulser (les trotteurs « poussent »)
  • une flexion et une bascule limitée

Conséquence ? Il faut un travail accru des muscles abdominaux pour permettre la montée du dos et du rein.


Préparer les muscles et les renforcer à pied 

Quelques exercices d’étirement et d’assouplissement permettent de préparer les muscles aux efforts que l’on va leur demander par la suite. Ceux présentés ci-dessous sont axés sur le renforcement des muscles dorsaux et abdominaux.

Ces exercices permettent aussi au cavalier de constater les éventuelles raideurs de son cheval, ses points faibles… Mais aussi anticiper une souplesse ou une facilité à mobiliser son corps ! Ils doivent être demandés régulièrement pour être bénéfiques, 4/5 fois par semaine, sur une période longue (3 mois).

  • La carotte entre les antérieurs : la carotte permet d’attirer la tête du cheval vers le bas et vers l’arrière entre les antérieurs. Le cheval doit maintenir l’attitude entre 5 à 10 secondes (à répéter 2 à 3 fois par séance, en allant progressivement plus loin).
    • Stimule les muscles abdominaux : aide à la remontée du dos
    • Améliore la flexibilité du dos
    • Encourage une posture et un soutien correct du dos : renforce les muscles de la ligne du dessus
  • La carotte en bas, sur le côté : en tenant la carotte dans la main du côté de la queue, et en étant au niveau du passage de sangle, on amène la tête du cheval de l’autre côté de notre corps, vers le bas. Tenir 5 à 10 secondes, répéter 2 ou 3 fois de chaque côté, en allant progressivement de plus en plus vers la queue.
    • Renforce les abdominaux
    • Accroit la souplesse et la flexibilité du dos
    • Prépare l’incurvation
  • Le reculer en main : faire reculer le cheval, avec la tête le plus bas possible afin de favoriser la montée du dos (ne pas hésiter à s’aider d’une carotte si le cheval se creuse). Effectuer 2/3 pas pour commencer, pour évoluer vers une dizaine.
    • Favorise la montée et la flexion du dos : les abdominaux se contractent
    • Renforcer les zones permettant au cheval de s’engager et de porter le cavalier : le dos se relâche pour permettre aux postérieurs de s’engager
    • Permet la flexion de la charnière lombo-sacrée, par l’inclinaison du bassin et la contraction des muscles ilio-psoas
  • Tourner en rond en main : le but est d’incurver latéralement tout le corps du cheval en insistant sur l’engagement du postérieur interne. Sur un petit cercle, en étant au niveau du passage de sangle, sollicitez les postérieurs tout en demandant au cheval d’incurver la tête vers le centre.
    • Améliore la souplesse : flexion des vertèbres thoraciques et lombaires
    • Prépare l’incurvation : mobiliser les abdominaux pour permettre l’engagement du postérieur sous la masse
    • Etire les muscles dorsaux du côté extérieurs

Maintenant que les bases sont posées, et que les premières clés de travail sont données pour améliorer la musculature du dos du cheval, nous nous attarderons prochainement sur des exercices concrets pour améliorer la musculature des muscles dorsaux et abdominaux sur le plat ainsi qu’à l’obstacle. A suivre…

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Un autre point de vue sur le dos du cheval… 

Azur & Emilie

Il est de belles histoires parce qu’elles sont sportives et qu’elles font rêver. Mais il est surtout de belles histoires parce qu’elles lient de façon très forte un cavalier à son cheval. C’est ce qui s’est passé pour Emilie, avec Azur, Trotteur français de son état. Découverte de cette ambassadrice JTDJS, qui s’illustre dorénavant en CSO… et en dressage, une fois n’est pas coutume ! 


Parce que chaque histoire a son « il était une fois »…

21361095_1525067040919405_1821429585_nJ’ai rencontré Azur il y a maintenant 2 ans. J’avais toujours monté en club et je recherchais alors un cheval à confier, pour pouvoir établir une relation plus exclusive avec un cheval, mon cheval. J’ai vu son annonce, j’ai contacté sa propriétaire et je suis allée l’essayer. Il avait 5 ans. Il avait été entrainé pour le trot attelé, puis trot monté, mais n’avait jamais été qualifié. Il avait donc été réformé, et travaillé un peu en équitation classique par sa cavalière. Il restait cependant très vert dans le travail. Je l’avais essayé dans un champ, un peu en pente. Au pas surtout, un peu au trot. Pas du tout de galop. Mais ça avait été le coup de coeur. Il n’était pas musclé, avait un gros ventre. Tout était à faire. Je me lançais dans un projet qui était sûrement à l’époque un peu trop ambitieux pour mon niveau. Même si je ne le savais pas encore. Je l’ai donc emmené avec moi, j’avais la possibilité de le loger aux écuries de l’école où je passais le BTS.


Commencer par le commencement

Nous commencions donc le travail. Doucement. Les premières séances étaient très cool, 21362903_1525067014252741_1376206921_nje ne l’entreprenais pas trop. Puis, quand les mouvements simples sont rentrés, j’ai commencé à lui demandé des choses plus complexes. La crise d’ado a commencé à ce moment. Les séances catastrophiques se sont enchainées, les chutes aussi, les tours et les tours de carrières. Plus possible d’aller en ballade. Impossible de passer les combinaisons en obstacle. Tout le monde me disait d’abandonner, de le rendre, que je n’arriverai jamais à rien et que de toutes facons ce trotteur ne savait rien faire et ne vallait rien. Qu’il n’était pas pour moi.

21361169_1525067050919404_462891507_nMais les choses se sont cependant calmées. En janvier 2016, nous voilà sur notre premier concours de dressage, en club 3. Nous déroulons une reprise correcte. Deux semaines plus tard, nous participons au spectacle équestre des BTS : je fais un carrousel, et un autre numéro durant lequel je joue du violon sur son dos. Malgré les 150 personnes dans le manège, la musique, les lumières, il est sage comme une image. Deux semaines plus tard encore, nous faisons notre premier parcours de CSO, en club 3. Tout au trot. Premier parcours que nous finissons en 16 points, mais avec beaucoup de fierté !


Quand la vie fait prendre du recul

Et puis est venu le mois de février. J’ai eu un grave problème de santé qui m’a plongé 21363026_1525067110919398_1082597031_ndans le coma pendant 2 mois. Azur a donc été au pré, pendant presque 5 mois. Quand je suis sortie de l’hopital, il a été ma source de motivation. Je ne pensais qu’à une chose, me remuscler pour aller le voir et le remonter le plus vite possible. Et c’est ce qu’il s’est passé. Je suis donc retournée le voir en juin. Il n’a jamais été aussi calme que quand je suis revenue. Je pense qu’il sentait que je n’étais pas au top. La première fois que je suis remontée, j’avais l’impression de monter un cheval pour débutant. Ce qui n’était pourtant pas le cas ! A partir de ce moment là, toutes nos séances ont été un pur régal.


Carrés et carrières

21325964_1525067090919400_597902896_nNous avons repris les concours, en Club 3, puis Club 2, puis 1 et quelques Club Elite et Prépa 1m. Avec très régulièrement des classements. En dressage également nous étions en concours, en Club 3, avec une fois une Club 2, mais le travail au galop est encore trop compliqué à ce niveau. Nous avons été cette année aux championnats de France à Lamotte, en dressage Club 3 et CSO Club 2 (pour ses premiers championnats je ne voulais pas lui mettre trop de pression avec la Club 1).

Cette évolution a été une belle revanche pour toutes les personnes qui nous ont dit de 21361027_1525067024252740_1145528047_ntout abandonner, et que nous n’y arriverions jamais. Personne ne voulait monter Azur les premiers mois où je l’ai eu, maintenant tout le monde l’adore, tant en dressage que sur les barres. Il a un coup de saut exceptionnel. Sur le plat il a une bouche fine, il répond très bien à la jambe, et cherche toujours à bien faire. Je l’ai donc eu à confier d’août 2015 à mai 2017. Et puis j’ai réalisé que jamais je ne pourrai le relaisser partir. Ma mère me l’a donc offert, le 20 mai 2017, jour de l’anniversaire d’Azur. On ne risque pas d’oublier cette date !


Et pour après ?

21361154_1525067067586069_1889091088_nMaintenant je voudrais continuer le CSO avec Azur, et pourquoi pas commencer les petites épreuves Amateur. On m’a dit qu’il avait le potentiel pour 115-120 donc j’aime y croire !
Et en dressage, consolider le travail au galop pour monter dans les épreuves, même si je n’irai jamais plus qu’en épreuves Club.
Pourquoi pas essayer le complet aussi. Je pense qu’on pourrait s’amuser !
Mais avant tout se faire plaisir, même chaque jour. Et profiter de lui même sans faire de 21360818_1525067060919403_2014075353_nconcours. Parce que il est mon plus beau cadeau en fait, ma plus belle rencontre.


Une rencontre qui laisse songeur et qui remet à leur place les petits soucis des séances équestres imparfaites que nous pouvons tous connaître… Mais JTDJS est fier de compter Emilie et Azur parmi ses membres, et pour suivre leur évolution, rendez-vous sur la page Facebook !

Le St Graal du mors : partie 2/2

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Mon Martial, paré à aller se promener en Baucher (ou à faire la sieste)… 

C’est parti pour la deuxième partie de l’article sur les mors, qui retrace, de façon non exhaustive je le rappelle, les différentes embouchures couramment utilisées, ou en tout cas qui ont été citées dans le sondage de notre page Facebook (le but est d’être au plus près de vos pratiques équestres).

Continuons donc, avec les mors avec une action plus complexe que les mors simples précédemment évoqués, mais aussi les embouchures sans mors !


Le Baucher, mors avec effet de ramener

Du nom de l’écuyer du 19ème siècle François Baucher, il permet de tenir des chevaux

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Mors Baucher double brisure

allants. Il agit avec un léger effet de ramener et de fermeture de l’angle tête encolure : il aide à la mise en main. Il n’est pas conseillé pour les chevaux ayant tendance à s’encapuchonner. Il reste bien en place sans pointer dans le palais et encadre latéralement. Pour les jeunes chevaux, il faut l’utiliser ponctuellement afin de permettre la tension et le mouvement en avant. Il est à prioriser sur les chevaux d’âge, notamment en dressage. Il est en effet un peu dur et le cheval a plus tendance à passer derrière les jambes, en perdant la tension du dos.


Le releveur, ou filet polo, ou gag

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Mors releveur à canon droit

On dit souvent qu’il ne relève que le moral du cavalier … Les rênes peuvent être montées à différents endroits : sur les anneaux du mors (action douce, identique à celle avec un filet simple), avec des alliances (action plus forte avec élévation de la nuque) ou directement sur le montant du releveur (action dure). Par son action, le cheval relève son avant-main et reporte du poids sur l’arrière. Le cheval doit avoir un bon dos pour pouvoir effectuer cette bascule en restant tendu. En agissant directement sur le releveur, le cavalier sur la nuque (les montants se raccourcissent) et sur la commissure des lèvres : il faut donc savoir relâcher la pression. L’idéal est de le monter en 4 rênes. Il faut le manipuler avec précaution ; d’ordre éducatif, il est à réserver aux chevaux de sport qu’il faut tenir assez hauts.


Le Pessoa

Très utilisé en CSO, il vient du cavalier Nelson Pessoa. Il oblige le cheval à un soutien 

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Pessoa à 4 anneaux

important de l’avant-main. Lors de l’action de main, le mors remonte dans la commissure des lèvres et s’appuie simultanément sur la langue. Il équilibre sur les hanches et le cheval se soutient. Il est idéal pour les chevaux qui tirent vers le bas et qui ont du poids sur leur avant-main. Mais les chevaux insuffisamment tendus vont creuser le dos et travailler à l’envers. Il faut donc avoir une certaine autonomie dans le travail du cheval et dans l’utilisation de sa main ! Le Pessoa est réglable (3 ou 4 anneaux) et plus les rênes sont fixées basses, plus l’action est dure. Des alliances peuvent venir en atténuer l’action.


Le mors à passants internes

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Mors à passants internes

Les passants internes permettent l’utilisation du mors de multiples façons. En fonction des réglages, le mors pourra avoir un effet releveur (comme le Pessoa, mais avec une action plus douce) ou abaisseur similaire à celui d’un mors Baucher.

 

 


Le mors à boules, ou waterford

C’est un mors très dur malgré sa souplesse apparente. Il a un effet décontractant et

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Waterford

interdit l’appui sur le mors. Le contact peut être rendu fuyant et problématique, et la mise sur la main est plus compliquée. A essayer encadré par des professionnels.


Le Pelham ou mors centaure

Il aurait été inventé par un lord anglais comme alternative à la bride. Il facilite l’appui à certains chevaux déjà sur les épaules. L’effet de levier agit sur les barres, la commissure et le maxillaire inférieur au niveau de la gourmette. Il provoque une fermeture de l’angle tête encolure et une verticalisation du

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Pelham

chanfrein. Il permet de contrôler des chevaux chauds ou avec un placer assez haut, en conservant la soumission. Le Pelham a tendance à durcir la bouche et les chevaux sur les épaules tirent encore plus vers le bas, accentuant le défaut. Ce mors peut apprendre à tirer pour les cavaliers qui ont tendance à rester accrochés aux rênes. Il peut être monté en 2 ou 4 rênes. Il est pratique mais contraignant. Pour les trotteurs qui ont tendance à être déjà sur les épaules, mieux vaut opter pour un pessoa ou un releveur.

 


Le Goyoaga, ou mors espagnol

Il permet de terminer en douceur le dressage des jeunes chevaux. L’effet de levier oblige

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Goyoaga (ici sans la gourmette)

les chevaux au ramener et au soutien mais avec peu de contact. Cet effet est limité car les bras de levier sont relativement courts. Il permet aussi de contrôler des chevaux un peu chauds, mais nécessite un cavalier ayant une main stable et peu de forces. Il est adapté à des chevaux habitués à céder dans leur nuque et à se soutenir sans tirer. Pour un mors à gourmette, il est relativement doux. En revanche, mal utilisé, il peut durcir la bouche et faire rentrer le couple dans un schéma de tension permanente.


Le mors coup de poing

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Mors coup de poing

C’est essentiellement un mors d’attelage. Le contact est fort et symétrique. Il agit de la même manière qu’un Pelham avec alliances. Il permet de contrôler le cheval tout en conservant la sensibilié de la bouche.


Le mors Myler combiné niveau 1

Le mors combiné 2 anneaux Niveau 1 est un mors (lanière de nez en cuir brut) avec branches 2 anneaux en acier inox et embouchure incurvée en acier doux et incrustations de cuivre qui facilitent la salivation avec large barillet qui procure une action relaxante.

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Mors Mlyer combiné niveau 1

A noter également la totale indépendance de mouvement des deux branches qui permet de dissocier les aides suivant le côté. Les mors Myler Bits reposent sur un concept qui soulage la langue et qui permet au cheval d’avaler facilitant ainsi sa relaxation.


L’anti passe-langue

L’anti passe-langue se fixe dans la bouche en ajoutant un

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Anti passe-langue

montant supplémentaire. Ils permettent d’utiliser un cheval qui a ce défaut, mais ne contribuent pas à régler le problème. C’est une solution coercitive plutôt qu’éducative.

 


Le hackamore, proche du Hackenson et du Bosal

Il n’agit que lorsque le cavalier vient au contact, mais il n’est pas doux pour autant !

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Hackamore

Il agit sur l’auge du chanfrein et celui de l’auge, et les bras de levier sur le haut de la bouche. Il peut être dangereux entre des mains inexpérimentés : cavaliers tentés par le sans mors, essayer d’abord d’autres types d’enasures ! Il permet de monter des chevaux compliqués ou qui n’acceptent plus le mors.


Side pull et bitless

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Mon Martial en bitless, également positionnable en side pull

Ce sont 2 enasures facilement utilisables lorsque l’on est tenté par la monte sans mors. En effet, leur action rejoint celle d’un mors, et l’équitation du cavalier est sensiblement la même que dans la monte avec mors. Son éducation est rapide ! Le side pull permet un contact symétrique sur le chanfrein, tandis que le bitless, par l’action des rênes croisées, permet le contact sur toute la tête. Quand on agit sur la rêne droite, c’est le côté gauche qui se tend et pousse la tête du cheval. Certaines marques offrent des side pull 2 en un, permettant de passer de l’un à l’autre.


Le licol éthologique

Concernant ce licol, ce n’est pas pour moi un outil à utiliser sur un coup de tête, parce qu’on veut enlever le mors ! Mieux vaut à mon sens un mors bien utilisé qu’un licol éthologique mal utilisé. Règle de base : ce n’est pas un outil d’attache. Il est constitué de

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Licol éthologique

nœuds qui sont autant de points de pression sur la tête du cheval. Le cavalier doit donc avoir en tête la conception du licol, mais également la conséquence de ses actions de main afin de l’utiliser à bon escient. La réussite provient de l’application de la règle confort/inconfort : le cavalier doit céder lorsque le cheval répond favorablement. Dans notre équitation traditionnelle, nous ne sommes pas forcément éduqués à cela, puisque recherchant un contact certes doux et léger, mais permanent. A utiliser avec rigueur, et favoriser le side pull pour découvrir le sans mors.


 

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On peut aussi tout enlever si on veut…