« Les trotteurs, je suis tombée dedans quand j’étais toute petite… »

Quoi qu’on en dise, nos chères Trottinettes sont toutes issues du monde des courses. La frontière entre nos deux mondes est palpable : bien peu de cavaliers connaissent le quotidien et les réalités de l’élevage et de l’entraînement des trotteurs. Conséquence de cette distance : trop de stéréotypes ou d’images faussées. 

Notre ambassadrice Apolline a eu la chance de grandir au sein de l’élevage de trotteurs de son grand-père. Elle nous emmène dans son enfance, et nous explique où et comment sa passion des trotteurs a pris racine, faisant un premier pont entre nos trotteurs de selle et ceux nés pour la course, qui sont pourtant les mêmes…


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Sorelina à la naissance…

« Pour parler de l’élevage de mon grand-père, il faut déjà évoquer un peu le contexte. Depuis sa jeunesse mon grand-père a toujours été passionné par les trotteurs et a toujours rêvé d’avoir son propre élevage. Habitant sur Paris, il a rejoint une écurie qui entraînait ses chevaux à Vincennes. Mon grand-père étant trop grand et lourd pour monter, il faisait uniquement du trot attelé. Il garde des souvenirs magnifiques de cette époque.

Mon grand-père a ensuite eu l’opportunité de finir sa carrière professionnelle relativement jeune et de partir avec ma grand-mère en Normandie. La maison qu’ils ont achetée possède 2 grands box, plus un très grand box pour la mise bas. L’idée de se lancer dans l’élevage allait enfin se concrétiser !

Dans un premier temps, mon grand-père est devenu copropriétaire de plusieurs TF.

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Indices de performance de Dick Gitan

Deux, en particulier, ont eu de belles carrières avec de beaux gains à la clé. Il s’agit de Dick Gitan et d’Uriel des baux. Puis la possibilité de se lancer était enfin arrivée. D’abord une poulinière, puis deux, pleines d’une année sur l’autre. Mon grand-père les gardaient à la maison le temps que le débourrage arrive, au pré la journée et au box la nuit. Parmi toutes ces naissances, l’un a vraiment mieux réussi que les autres, il s’agit de Kendor.

D’aussi petite que je me souvienne, j’ai toujours connu mon grand-père avec des chevaux. Moi et les trotteurs c’est un peu comme Obélix et la potion magique : je suis tombée dedans petite ! Je me rappelle des premières sorties des poulains au pré. Il fallait traverser la route et nous faisions barrage pour que les voitures s‘arrêtent et que les poulains suivent bien leur mère. Je me rappelle également des premières sorties des poulains après leur sevrage ! C’était sportif de les tenir au bout de la longe, les cabrioles étaient de la partie.

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Pendant les vacances d’été, j’aimais aller chez mes grands-parents m’occuper des chevaux. Mon grand-père faisait la sieste tous les après-midi et moi j’allais curer les box, remplir les auges et mettre le foin. J’adorais m’occuper de ça. Et le soir, on allait récupérer les chevaux au pré pour les rentrer.

De toute ma famille maternelle, je suis la seule qui soit devenue passionnée par les chevaux, et c’est uniquement du fait de mon grand-père. Grâce à lui j’ai appris à découvrir ces animaux extraordinaires, dotés d’une force mais aussi d’une douceur incroyable. J’ai découvert une race particulière de par leur gentillesse et leur générosité.

J’ai commencé l’équitation à proprement dit assez tard, au collège. Petite je suivais exclusivement les stages pendant les vacances scolaires. J’avais la chance d’habiter à 5 minutes du centre équestre. Chance d’autant plus grande que le club avait de nombreux trotteurs. J’ai donc appris à monter essentiellement sur cette race.

J’ai failli récupérer une jument de mon grand-père qui ne s‘était pas qualifiée. Mais l’entraîneur a dit à mon grand-père qu’elle était rétive et difficile et mon grand-père n’a pas voulu prendre la responsabilité qu’il m’arrive quelque chose avec un de ses chevaux. J’ai appris plus tard que la jument était tellement rétive qu’elle a fini… en petite jument de club ! Très déçue par ce refus de mon grand-père, je me suis mise à regarder les chevaux à vendre et bien entendu les TF en particulier. Ils représentent à mes yeux les chevaux idéaux : polyvalents, généreux, gentils et trop souvent sous-estimés.

Un soir en rentrant de cours, mon papa me dit qu’il m’a peut-être trouvé un cheval. Il me montre l’annonce et je tombe sur un petit TF noir, 4 ans, chez une dame fantastique qui l’a récupéré in extremis. Ni une, ni deux j’appelle et le rendez-vous est pris pour un essai. Heureusement que mon papa n’y connait rien en équitation, j’ai passé 30 minutes sur un trotteur avec lequel je n’arrivais pas à trotter puisqu’il galopait à tout va ! Etrange pour un trotteur. Je me suis donc lancée dans l’aventure avec ce petit cheval depuis presque 7 ans et c’est le plus beau choix de ma vie. Un vrai tout terrain, il pratique de tout, et me suit n’importe où, n’importe quand avec toujours autant de pêche et de bonne volonté, un régal au quotidien.

Malheureusement je n’ai jamais eu l’occasion de driver à ce jour. Mais je ne perds pas

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Sorelina plus grande

espoir de le faire un jour !

En revanche, ma cousine côté paternel est lad dans des écuries de courses de galop. J’ai eu plusieurs fois la chance de monter des galopeurs à l’entraînement et de la suivre à sur les hippodromes notamment Auteuil.

Le monde des courses je le connais donc un peu. Entre mon grand-père et ma cousine j’en ai appris beaucoup sur ce milieu. Un milieu très critiqué et qui subit une très mauvaise image. Pour l’avoir vécu de l’intérieur, les chevaux sont traités comme des princes. Vous pouvez facilement imaginer les soins prodigués à des athlètes de haut niveau : footballeurs, basketteurs, coureurs à pied, cyclistes ? Et bien, il est facile de s’imaginer les soins apportés aux chevaux de courses. Ils sont considérés comme tels. L’entraînement est adapté aux besoins de chacun, la durée, le nombre de sorties hebdomadaires, les rations en grains et foin. Les box sont faits tous les jours avant que les chevaux ne soient montés. Les chevaux sortent au marcheur minimum 30 minutes avant le début du travail. Ensuite un autre échauffement monté est réalisé et seulement ensuite le travail commence. Travail qui en lui-même n’est jamais très long.

Avant chaque course les chevaux marchent en main entre 30 minutes et 1 heure selon les besoins de chacun, les chevaux sont préparés avec minutie et les soins post-courses sont très rigoureux : marche de récupération, douche, soins des membres etc. Et des contrôles vétérinaires inopinés sont réalisés pour vérifier l’état du cheval ainsi que la prise de produits illicites.

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La petite bouille d’Apolline, un nom qui décidémment nous dit quelque chose… 

C’est un milieu très surveillé et très respectueux des animaux contrairement aux rumeurs publiques. Alors bien sûr on trouvera toujours l’exemple de l’écurie qui n’est pas aussi respectueuse, comme on trouve des chevaux de sports équestres ou de particuliers pas forcément bien traités. Mais il ne faut pas faire d’un cas, une généralité.

Pour conclure, je dirai qu’une fois qu’on a plongé dans le monde de l’élevage et des courses on n’en sort que par obligation. Mon grand-père vous le dira, il a arrêté à 79 ans et ses yeux brillent encore à l’évocation de ses chevaux.


 

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