Le St Graal du mors : partie 2/2

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Mon Martial, paré à aller se promener en Baucher (ou à faire la sieste)… 

C’est parti pour la deuxième partie de l’article sur les mors, qui retrace, de façon non exhaustive je le rappelle, les différentes embouchures couramment utilisées, ou en tout cas qui ont été citées dans le sondage de notre page Facebook (le but est d’être au plus près de vos pratiques équestres).

Continuons donc, avec les mors avec une action plus complexe que les mors simples précédemment évoqués, mais aussi les embouchures sans mors !


Le Baucher, mors avec effet de ramener

Du nom de l’écuyer du 19ème siècle François Baucher, il permet de tenir des chevaux

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Mors Baucher double brisure

allants. Il agit avec un léger effet de ramener et de fermeture de l’angle tête encolure : il aide à la mise en main. Il n’est pas conseillé pour les chevaux ayant tendance à s’encapuchonner. Il reste bien en place sans pointer dans le palais et encadre latéralement. Pour les jeunes chevaux, il faut l’utiliser ponctuellement afin de permettre la tension et le mouvement en avant. Il est à prioriser sur les chevaux d’âge, notamment en dressage. Il est en effet un peu dur et le cheval a plus tendance à passer derrière les jambes, en perdant la tension du dos.


Le releveur, ou filet polo, ou gag

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Mors releveur à canon droit

On dit souvent qu’il ne relève que le moral du cavalier … Les rênes peuvent être montées à différents endroits : sur les anneaux du mors (action douce, identique à celle avec un filet simple), avec des alliances (action plus forte avec élévation de la nuque) ou directement sur le montant du releveur (action dure). Par son action, le cheval relève son avant-main et reporte du poids sur l’arrière. Le cheval doit avoir un bon dos pour pouvoir effectuer cette bascule en restant tendu. En agissant directement sur le releveur, le cavalier sur la nuque (les montants se raccourcissent) et sur la commissure des lèvres : il faut donc savoir relâcher la pression. L’idéal est de le monter en 4 rênes. Il faut le manipuler avec précaution ; d’ordre éducatif, il est à réserver aux chevaux de sport qu’il faut tenir assez hauts.


Le Pessoa

Très utilisé en CSO, il vient du cavalier Nelson Pessoa. Il oblige le cheval à un soutien 

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Pessoa à 4 anneaux

important de l’avant-main. Lors de l’action de main, le mors remonte dans la commissure des lèvres et s’appuie simultanément sur la langue. Il équilibre sur les hanches et le cheval se soutient. Il est idéal pour les chevaux qui tirent vers le bas et qui ont du poids sur leur avant-main. Mais les chevaux insuffisamment tendus vont creuser le dos et travailler à l’envers. Il faut donc avoir une certaine autonomie dans le travail du cheval et dans l’utilisation de sa main ! Le Pessoa est réglable (3 ou 4 anneaux) et plus les rênes sont fixées basses, plus l’action est dure. Des alliances peuvent venir en atténuer l’action.


Le mors à passants internes

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Mors à passants internes

Les passants internes permettent l’utilisation du mors de multiples façons. En fonction des réglages, le mors pourra avoir un effet releveur (comme le Pessoa, mais avec une action plus douce) ou abaisseur similaire à celui d’un mors Baucher.

 

 


Le mors à boules, ou waterford

C’est un mors très dur malgré sa souplesse apparente. Il a un effet décontractant et

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Waterford

interdit l’appui sur le mors. Le contact peut être rendu fuyant et problématique, et la mise sur la main est plus compliquée. A essayer encadré par des professionnels.


Le Pelham ou mors centaure

Il aurait été inventé par un lord anglais comme alternative à la bride. Il facilite l’appui à certains chevaux déjà sur les épaules. L’effet de levier agit sur les barres, la commissure et le maxillaire inférieur au niveau de la gourmette. Il provoque une fermeture de l’angle tête encolure et une verticalisation du

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Pelham

chanfrein. Il permet de contrôler des chevaux chauds ou avec un placer assez haut, en conservant la soumission. Le Pelham a tendance à durcir la bouche et les chevaux sur les épaules tirent encore plus vers le bas, accentuant le défaut. Ce mors peut apprendre à tirer pour les cavaliers qui ont tendance à rester accrochés aux rênes. Il peut être monté en 2 ou 4 rênes. Il est pratique mais contraignant. Pour les trotteurs qui ont tendance à être déjà sur les épaules, mieux vaut opter pour un pessoa ou un releveur.

 


Le Goyoaga, ou mors espagnol

Il permet de terminer en douceur le dressage des jeunes chevaux. L’effet de levier oblige

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Goyoaga (ici sans la gourmette)

les chevaux au ramener et au soutien mais avec peu de contact. Cet effet est limité car les bras de levier sont relativement courts. Il permet aussi de contrôler des chevaux un peu chauds, mais nécessite un cavalier ayant une main stable et peu de forces. Il est adapté à des chevaux habitués à céder dans leur nuque et à se soutenir sans tirer. Pour un mors à gourmette, il est relativement doux. En revanche, mal utilisé, il peut durcir la bouche et faire rentrer le couple dans un schéma de tension permanente.


Le mors coup de poing

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Mors coup de poing

C’est essentiellement un mors d’attelage. Le contact est fort et symétrique. Il agit de la même manière qu’un Pelham avec alliances. Il permet de contrôler le cheval tout en conservant la sensibilié de la bouche.


Le mors Myler combiné niveau 1

Le mors combiné 2 anneaux Niveau 1 est un mors (lanière de nez en cuir brut) avec branches 2 anneaux en acier inox et embouchure incurvée en acier doux et incrustations de cuivre qui facilitent la salivation avec large barillet qui procure une action relaxante.

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Mors Mlyer combiné niveau 1

A noter également la totale indépendance de mouvement des deux branches qui permet de dissocier les aides suivant le côté. Les mors Myler Bits reposent sur un concept qui soulage la langue et qui permet au cheval d’avaler facilitant ainsi sa relaxation.


L’anti passe-langue

L’anti passe-langue se fixe dans la bouche en ajoutant un

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Anti passe-langue

montant supplémentaire. Ils permettent d’utiliser un cheval qui a ce défaut, mais ne contribuent pas à régler le problème. C’est une solution coercitive plutôt qu’éducative.

 


Le hackamore, proche du Hackenson et du Bosal

Il n’agit que lorsque le cavalier vient au contact, mais il n’est pas doux pour autant !

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Hackamore

Il agit sur l’auge du chanfrein et celui de l’auge, et les bras de levier sur le haut de la bouche. Il peut être dangereux entre des mains inexpérimentés : cavaliers tentés par le sans mors, essayer d’abord d’autres types d’enasures ! Il permet de monter des chevaux compliqués ou qui n’acceptent plus le mors.


Side pull et bitless

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Mon Martial en bitless, également positionnable en side pull

Ce sont 2 enasures facilement utilisables lorsque l’on est tenté par la monte sans mors. En effet, leur action rejoint celle d’un mors, et l’équitation du cavalier est sensiblement la même que dans la monte avec mors. Son éducation est rapide ! Le side pull permet un contact symétrique sur le chanfrein, tandis que le bitless, par l’action des rênes croisées, permet le contact sur toute la tête. Quand on agit sur la rêne droite, c’est le côté gauche qui se tend et pousse la tête du cheval. Certaines marques offrent des side pull 2 en un, permettant de passer de l’un à l’autre.


Le licol éthologique

Concernant ce licol, ce n’est pas pour moi un outil à utiliser sur un coup de tête, parce qu’on veut enlever le mors ! Mieux vaut à mon sens un mors bien utilisé qu’un licol éthologique mal utilisé. Règle de base : ce n’est pas un outil d’attache. Il est constitué de

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Licol éthologique

nœuds qui sont autant de points de pression sur la tête du cheval. Le cavalier doit donc avoir en tête la conception du licol, mais également la conséquence de ses actions de main afin de l’utiliser à bon escient. La réussite provient de l’application de la règle confort/inconfort : le cavalier doit céder lorsque le cheval répond favorablement. Dans notre équitation traditionnelle, nous ne sommes pas forcément éduqués à cela, puisque recherchant un contact certes doux et léger, mais permanent. A utiliser avec rigueur, et favoriser le side pull pour découvrir le sans mors.


 

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On peut aussi tout enlever si on veut… 

 

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