Au galop … Mais où sont les boutons ?

Il est temps maintenant de concrétiser un peu les différents éléments que l’on a pu mettre en place.

Il est en effet bien beau de théoriser sur le galop et la difficulté des trotteurs à apprendre cette allure, mais finalement, je ne vous ai pas appris grand chose de nouveau !

La réflexion que je vais avoir maintenant est purement personnelle, et je ne souhaite pas du tout l’imposer comme la seule « méthode » pour travailler un trotteur, mais c’est ce qui me semble le plus indiqué suite à mes différentes expériences.

Nous partons tous du constat que oui, le galop, et son apprentissage, restent difficiles.
Source de stress, à la fois psychologique, car associé à un interdit, source de stress, car une fois appris, les trotteurs « chauffent » (plaisir de galoper ? peur de la réprimande ?), et source de stress physique, car qui demande un fonctionnement anatomique aux antipodes de ce qui leur a été appris.

Passons rapidement sur l’apprentissage du galop, et partons du fait que Trottinette galope (promis, je reviendrai ultérieurement sur cet apprentissage, avec exercices et analyse).
De deux temps, nous passons théoriquement à trois, nous sommes souriants et victorieux, nous connaissons cette phase de projection qui donne tant de sensations, mais …

Oui, il y a un mais. Ce galop dont nous avons tant rêvé …
– il est le plus souvent fuyant, et tout sauf cadencé
– il est répandu …
– … quand il n’est pas à quatre temps
– il peut être aussi défectueux : désuni (plus rare chez le trotteur) …
– ou pire : apparition de l’aubin (le cheval trotte des antérieurs et galope des postérieurs, nommé aubin du derrière, ou inversement, qui est nommé aubin du devant).

Dans tous les cas, ce n’est pas ce que nous recherchions, et les anti-trotteurs qui sont accoudés au bord de la carrière montrent leurs dents dans un grand sourire faussement sympathique : c’est déjà pas mal … pour un trotteur.

Non, ce n’est pas « pas mal » !

Et si, pour essayer de remédier à ce constat, obtenu pourtant par de la sueur et du travail (et bien de l’imagination de la part du cavalier, il faut le dire), le propriétaire de trotteur acceptait de … ne pas essayer de le faire galoper, du moins pas tout de suite.

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Je m’explique.

Nous avons vu que le galop n’était pas naturel pour nos chevaux, surtout car ils ne savent pas utiliser leur corps, et soumettre leurs forces naturelles, pour obtenir les exigences physiques demandées par l’allure du galop.

Dans ce cas, pourquoi ne pas, tout simplement, et en premier lieu, apprendre au trotteur à se réconcilier avec toutes les parties de son corps … sans lui encombrer la tête et l’esprit avec le galop ? Qui inclut implicitement apprentissage corporel et apprentissage de nouvelles aides, totalement étrangères ?

Personnellement (et je surligne ce mot), j’opterai pour un dressage du trotteur … au trot (et au pas, of course (de trot ahah):

– apprendre à utiliser son dos, à des allures qui ne lui sont pas difficiles
– apprendre à mobiliser son encolure
– apprendre à utiliser ses postérieurs sous la masse … (engagement)
– … ce qui a pour conséquence l’apprentissage du travail latéral
– … et l’apprentissage de l’équilibre sur les postérieurs, qui est aussi inconnu (lié à la fixité de la tête et de l’encolure, dans un équilibre horizontal)

Et une fois ces choses acquises au pas et au trot, nous obtenons un cheval qui connait les aides du cavalier classique, qui est habitué à apprendre de nouvelles choses, sans que cela le stresse, qui est musclé dans son corps de façon à pouvoir supporter les mouvements du galop, et qui a compris comment utiliser certaines parties pour pouvoir gérer son corps autrement.

Le galop deviendrait-il ainsi plus simple, moins monstrueux, tant pour le cavalier que sa monture ?
Plus fluide, moins hors de portée ?

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le galop ne sera pas pour autant dès le début harmonieux, parfaitement équilibré, ramassé sur les postérieurs et bien décomposé.

Mais le cheval aura des bases de dressage qui lui permettront sans doute d’évoluer plus vite au galop.

Rappelons aussi, au passage, et au risque de vexer des propriétaires de trotteurs : ce ne sont pas des chevaux pour débutants, mais pour cavaliers confirmés, et leur dressage n’est pas un tour de passe-passe (malgré leur gentillesse et leur bonne volonté), mais bien un réel exercice pour des cavaliers qui sont « dans leurs aides », à leur place, et connaisseurs de l’évolution d’un cheval.

Je vous laisse maintenant la parole : avis sur ce qui a été dit, expérience, tout est permis !

Trotteusement,

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4 réflexions sur “Au galop … Mais où sont les boutons ?

  1. Morf est un réformé ?
    Tu as mis combien de temps pour avoir un travail agréable au pas et au trot « agréable  »
    Réponses aux aides, incurvation, déplacement latéraux……..

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    • Oui, Morph’ est aussi un réformé. Disons que j’ai mis 4 ans à l’avoir « bien », mais j’étais très jeune à l’époque, et pas toujours encadrée (j’ai souvent voulu travailler par moi même), et donc cela rallonge énormément le temps qu’il faut. Avec un professionnel à tes côtés, ce sera plus rapide (et si ça ne l’est pas, ce sera toujours dans l’évolution !).

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