Le trotteur : sa biomécanique … au trot

Pour comprendre de quoi il s’agit, et comment le faire travailler et évoluer dans le bon sens, posons-nous d’abord la question : comment ça fonctionne ?

Petit traité de biomécanique en raccourci, cet article vous aidera à comprendre les bases de l’allure première de votre cheval.

Le but n’est pas de faire le singe savant en énumérant les muscles qui travaillent au trot, cela, tout bon manuel de biomécanique équine vous le dira mieux que moi (et sans faute d’orthographe dans ces mots barbares !), mais de comprendre quelles zones du corps sont sollicitées chez le cheval au trot, et par conséquent très sollicitées (et musclées) chez le cheval de trot.

muscles

Bonjour, le programme du Galop 6 …

Le trot est une allure stable en termes de locomotion, et le principal effet est que le dos reste stable, grâce à l’action du muscle grand dorsal, qui stabilise la colonne thoraco-lombaire en fin de propulsion.
L’action de ce muscle permet aussi l’étirement de la zone combo-sacrale, et donc la propulsion du postérieur, qui est notre finalité.

En parallèle, toujours dans l’arrière-main, ce pont thoraco-lombaire entre en rotation, lors du passage d’un diagonal sur l’autre.

Les muscles qui permettent cette rotation (et la diagonalisation qui va de paire) sont ceux de l’abdomen.

Ils sont aussi fortement sollicités lors de l’appui d’un diagonal, afin d’assurer la protraction (action de tirer en avant) de l’autre diagonale.

Concernant l’encolure, l’ensemble des muscles de l’encolure (splénius, bravo-céphalique et sterno-céphalique) sont actifs à chaque temps de suspension afin de limiter l’abaissement de la tête, et pour participer à la protraction des antérieurs.


Pause résumé après ce passage difficilement digérable !

Quelles zones du corps du cheval entrent en jeu au trot :

– de façon active (pour aider au mouvement) : les muscles de l’abdomen, les muscles de l’encolure, et le muscle sur la croupe (fessier moyen)
– de façon passive (pour limiter un mouvement ou stabiliser) : les muscles situés sur la croupe, les muscles du dos, les muscles de l’encolure.


Quelles conclusions devons nous tirer de ces données objectives ? (Je parle pour un cheval sortant d’entraînement).

Tout d’abord, nous avons des chevaux qui ont un dos qui travaillent perpétuellement, mais de manière figée, sans extension d’encolure (muscles courts).
Ils engagent fortement, avec une sangle abdominale très musclée. Ceci est un atout, contrebalancé par un autre effet : s’ils engagent fort, les trotteurs recherchent la vitesse en « poussant » avec leurs postérieurs.

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Une photo vaut mieux que mille mots.

Et c’est là qu’intervient ce point essentiel à ne pas oublier : le trotteur de course, dont la vitesse est obtenu par le compromis « cadence/amplitude », ne doit cette vitesse qu’au fait qu’on ne respecte pas les allures naturelles du cheval. L’inné locomoteur est écarté pour les exigences des courses.

Je n’entre pas ici dans un début bien ou mal, pour ou contre : c’est un fait, étayé par les ostéopathes et spécialistes, nous ne faisons ici qu’établir une vérité pour savoir comment y remédier, une fois le cheval revenu dans les carrières.

Notre objectif, en tant que cavalier, est donc multiple :

– apprendre à notre trotteur à utiliser son encolure comme un élément faisant partie de sa locomotion (et pas seulement pour participer à la stabilité de la tête)
– apprendre à notre trotteur à engager de manière latérale, afin de muscler le bas de son dos
– apprendre à notre trotteur à limiter la poussée des postérieurs, et en venant engager plus naturellement.
apprendre également tout le travail latéral, qui lui est souvent méconnu … et ce afin de perdre également dans cette rigidité du dos qui lui est propre.

Cependant, le trotteur a aussi ses avantages :
– son dos est musclé, même s’il ne l’utilise pas comme nous le souhaiterions
– il engage (au trot) … et c’est la base de la locomotion !

Le point de détail sur lequel il faut être prudent et minutieux, en tant que cavalier, est bien que nos chevaux n’ont pas pour habitude physique d’engager en se redressant (utilisation du dos, de l’encolure, des postérieurs), mais bien en mettant toute leur force et leur poids sur l’avant-main et les épaules, d’où les problèmes d’équilibre récurrents.

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Qu’est ce que je vous disais ?

Selon la physionomie de chaque trotteur, il faut y aller avec prudence et réserve, car cela peut rester pour certains un objectif lointain : un trotteur sera toujours différent d’un cheval de selle tel qu’on se l’imagine, et il faut beaucoup de travail avant de l’amener sur une Saint Georges. (Edit : la conclusion a été modifiée suite à une discussion avec une cavalière m’ayant présenté une trotteuse sortant à ce niveau en dressage … Comme quoi, ne jamais dire jamais, et ne jamais l’écrire non plus !).

Trotteusement,

 

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